Un sac sur le dos
Amandine

Avez-vous déjà pensé à voyager en bateau ? Je ne vous parle pas de ces énormes paquebots qui sillonnent les mers des Caraïbes ou la Méditerranée, mais des petits voiliers de quelques mètres.

L’Océanide, à bord duquel nous avons navigué d’Ibiza à Marseillan Plage

À plusieurs reprises, j’ai testé le système des bourses d’équipiers sur des sites spécialisés, l’occasion de me familiariser avec la navigation de plaisance et de partir en voyage autrement.

Petite préface pour les spécialistes : mon article comporte des raccourcis volontaires afin de ne pas noyer le néophyte, j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur !

Petit lexique à l’usage des néophytes

Pour terminer, voici quelques mots de vocabulaire qui pourront vous aider à décrypter les annonces ainsi qu’à converser avec votre futur capitaine.

À chacun sa place

Les marins aimant utiliser leur vocabulaire, voici tout d’abord quelques mots concernant la « hiérarchie » à bord d’un bateau :

Sur le bateau

Et voici quelques mots de vocabulaire concernant le bateau :

Menorquin, Ibiza

Comment cela fonctionne-t-il ?

Le principe est simple : il y a d’un côté ceux qui possèdent un bateau et proposent d’accueillir des marins en herbe, et de l’autre les terriens qui souhaitent prendre le large.

Les propositions d’embarquement sont très variées, tant pour la destination et le programme que dans les conditions d’accueil. Certains vous invitent à les rejoindre pour quelques jours en Méditerranée, d’autres cherchent des bras solides pour traverser l’océan pendant plusieurs semaines.

Baptême de voile à Nieuwpoort

Faut-il être un marin chevronné ?

Chaque capitaine spécifie le degré d’expérience souhaité chez le futur équipier.

Dans certains cas, les novices sont acceptés, dans d’autres, il est nécessaire d’avoir une solide expérience.

 

Quel type de bateau privilégier ?

Pour les novices, disons qu’il y a deux grands critères de choix d’embarcation : la taille du bateau et le type : voilier ou moteur.

À voile ou à moteur ?

Sachez tout d’abord que tous les bateaux ont un moteur : c’est obligatoire pour faire les manœuvres au port.

D’ailleurs, les marins disent souvent en rigolant qu’en Méditerranée, il y a deux types de bateaux moteurs : ceux avec un mât, et les autres ! Le vent méditerranéen est souvent capricieux.

Alors quelle est la meilleure solution, avec ou sans voile ?

Je ne pense pas qu’il y ait une seule bonne réponse. Le style de voyage sera différent, car, en plus des spécificités du bateau, il y a souvent également des différences chez le capitaine et son style de voyage.

Les avantages du bateau à voile

Les avantages du bateau à moteur

Quelle taille ?

Ici aussi, pas de réponse idéale. La taille du bateau influence plusieurs points : sa stabilité, son autonomie en eau et en carburant, sa vitesse, le nombre de personnes qu’il peut accueillir…

Le pied

La longueur d’un bateau ne se mesure pas en mètre, ce serait trop simple. Et puis nos amis marins aiment avoir leur vocabulaire bien à eux afin que personne ne perce les mystères de leur communauté !

C’est donc en pieds que vous verrez affichées les tailles des bateaux sur les sites d’annonce.

Un pied correspond à peu près à… un pied humain, soit 30 cm (je suis sûre que vous vous mesurez le pied en ce moment !). Principalement utilisé par la culture anglo-saxonne, le pied est l’une des unités les plus anciennes de l’humanité.

Mais quel pied ?

Les critères de choix ne seront pas les mêmes selon la destination et le programme. Mais de façon générale, j’évite les embarcations de moins de 33 pieds (10 m) pour 4 personnes (ce qui est souvent le nombre minimum de passagers).

Plus le bateau sera grand, plus son poids sera réparti et plus il filera ; plus également il aura de possibilités de stocker de l’eau et du carburant, et donc une plus grande autonomie pour ne pas devoir rentrer dans les ports chaque soir… que les grands bateaux aiment éviter, vu que la place au port se paye en fonction de la taille (à partir de 10 mètres, les prix grimpent rapidement).

Mais encore…

Outre ces critères de taille et type de bateau, il existe beaucoup d’autres spécifications ! Être dans un vieux bateau aux allures hippies ou dans le dernier modèle sportif, ce ne sera pas la même expérience (c’est du vécu !).

Un catamaran de voyage

Le nombre de coques a également son importance. Les bateaux auxquels nous avons fait allusion jusqu’ici étaient des monocoques, mais voyager en multicoques (par exemple en catamaran) est aussi possible. Vous trouverez des agences de voyages sur Internet qui proposent des croisières sur des « petits bateaux » dans les Caraïbes, et souvent ce seront des catamarans de luxe. Les catamarans accueillent 8 personnes au minimum, ce sont de véritables appartements sur l’eau. Leur allure surélevée leur vaut le surnom de 4*4 des mers. Comme les bateaux à moteur, ces bateaux peuvent s’approcher beaucoup plus près des rivages, voire s’échouer sur la plage.

Enfin, soyez vigilant au nombre de personnes qui seront à bord du bateau. Vous vivrez en huis clos avec cet équipage pendant toute la durée du séjour : vous composerez une entité sociale unie sur un espace de vie restreint. Bien sûr, vous poserez sans doute le pied à terre de temps à autre, mais cela dépendra de votre planning de navigation.
Par exemple, je demande systématiquement si l’un des membres de l’équipage fume, je ne supporte pas cela.

Pensez également à vérifier le nombre de cabines (chambres) et de couchettes existantes : si le bateau accueille un nombre de personnes supérieur aux places  physiquement disponibles, vous risquez de passer des vacances en mode sardine. Lorsque je me renseigne, je n’hésite jamais à demander à avoir une cabine double pour mon conjoint et moi, car dormir deux semaines dans le carré, bonjour l’intimité !

Mon expérience

J’ai fait appel à ce système à plusieurs reprises, ce qui m’a permis de découvrir la côte sud de la Sicile ou encore Ibiza d’une façon totalement différente qu’à pieds et sac à dos.

Le rythme et le style de la croisière dépendent de chaque équipage. Le premier jour sera souvent l’occasion de remplir de nourriture  les cales du bateau, car l’on ne pose pas pied-à-terre tous les jours. Ne faites pas les timides et dites clairement ce que vous aimez manger, c’est l’occasion ou jamais !

Souvent, les capitaines, par goût autant que par économie, évitent de dormir toutes les nuits dans un port. Les seules fois où nous l’avons fait, c’était pour embarquer ou débarquer des équipiers, faire le plein ou les courses, ou encore parce que la météo était trop mauvaise.

Cala Hort, Ibiza, où nous avons passé une nuit

Lors des contacts préliminaires, n’hésitez pas à poser toutes vos questions sur le programme et le style de navigation. Plutôt distance ou plaisance ? Plutôt crique ou port ? Des randonnées ou des visites culturelles sont-elles prévues ou possibles… ?

La vie à bord : que faire sur un bateau ?

Vous pouvez en profiter pour apprendre quelques « notions maritimes », par exemple les nœuds marins : il y en a assez pour vous occuper tout le long du trajet !

Si vous demandez au capitaine, il vous laissera certainement tenir la barre : c’est très simple, les moments critiques sur un bateau, comme pour l’avion, étant ceux de manœuvres pour entrer et sortir du port.

La vie à bord est rythmée par les repas, auquel chacun participe (cuisine, vaisselle) et l’apéro, moment clé de la journée !

Vous aurez aussi tout le loisir de vous baigner lorsque vous serez à l’ancre, mais certains acceptent aussi de vous laisser tremper lorsque le bateau est en pleine mer. Pour cela, il y a un système très ingénieux : la corde ! Même si le bateau ne va pas vite, cela demande pas mal de force dans les bras : attention à ne pas la lâcher !

Les vacances sur un bateau sont également l’occasion de bouquiner, bronzer, prendre du temps pour soi…

Un de mes endroits préférés sur un voilier est le bout avant du bateau (la proue), où je m’installe les jambes dans le vide et le regard perdu vers le large droit devant. Le spectacle est magnifique : toute la mer rien que pour moi ! J’en profite alors pour scruter l’horizon à la recherche de dauphins, écouter ma musique et méditer.

Combien ça coûte ?

Le prix de ce genre de vacances dépend de la formule adoptée par le capitaine. Certaines annonces ne demandent qu’une participation à la caisse de bord (mais souvent ils n’embarquent alors que des personnes expérimentées).

Navigation paisible à Ibiza

Le plus souvent, un prix fixe est également demandé par nuit, celui-ci pouvant être très variable (généralement aux alentours 20 €/nuit).

À la fin du séjour, la tradition (et la bonne éducation) veut que l’équipage aide à nettoyer le bateau.

Si vous débarquez avant la fin du voyage du bateau, vous ne nettoierez probablement que le pont. Par contre, à la fin du séjour, c’est la toilette complète : le bateau est nettoyé de fond en comble à la fin de la saison de navigation.

Bon à savoir

Ceux dont on ne peut prononcer le nom

Dernière spécification sur le vocabulaire marin : il y a deux mots à bannir absolument :

Des sites d’annonces que je vous recommande :

Et il y en a encore beaucoup d’autres que vous trouverez en quelques clics sur Internet.

Et vous, avez-vous déjà tenté ce genre d’aventure ? Où l’envisagez-vous ?

Commentaires

  1. Mouais… d’accord. On est vraiment dans la vulgarisation !
    Bon, excuse-moi, mais je me dois d’apporter quand même quelques précisions si tu veux bien. (Tu veux bien ?)
    Il faut savoir que si un Capitaine prend des équipiers c’est avant tout pour se faire aider sur son bateau. Ça peut arriver qu’il le fasse aussi pour rendre service, mais je n’en n’ai pas rencontré beaucoup. A part moi.
    Ensuite, à part pour les grands voiliers qui demandent plusieurs personnes à la manœuvre, l’intérêt principal de l’équipier est de faire des quarts de nuit et de permettre au Capitaine de dormir. C’est tout. Tout le reste peut se faire quasiment tout seul.
    Ensuite tout dépend comment tu considères l’aide que t’apporte le ou les équipiers. Car il s’agit bien d’une aide, voire d’un travail. Auquel cas ce ne devrait pas être à eux de payer, mais à toi de les rémunérer !!! La plupart des annonces que tu peux lire sur les sites que tu cites (jeux de mot!) sont à mon sens des arnaques. Car non seulement le Capitaine obtient une main d’œuvre d’autant plus serviable qu’elle sera néophyte, mais en plus il se fait payer par elle !!! Bref, c’est le monde à l’envers.
    Voilà comment les choses doivent se passer (ou devraient) : On partage les frais, nourriture, fuel, marina s’il y lieu, et basta ! Et dans tous les cas cela n’arrivera jamais à 20 euros par jour. A moins bien sûr si on a des gouts de luxes…
    Voilà, pardon Amandine de m’immiscer, mais c’est un sujet qui me tient à cœur. Pour finir, je dirais qu’il ne faut pas confondre… Passager et équipier. L’un fait une croisière et paye pour ça, l’autre rend service. Ce sont vraiment deux choses différentes.

    • Bonjour Gwendal, merci pour ton commentaire, tu ne t’immisces pas du tout : c’est le principe du blog, les commentaires sont les bienvenus !
      Et nul doute que tu connais bien ce sujet 😉 Cela me fait d’ailleurs très plaisir que quelqu’un d’expérimenté vienne compléter mon article de son point de vue.

      Comme indiqué en début d’article, le but était aussi de vulgariser le sujet pour être accessible à tous.

      C’est vrai qu’il y a aussi (beaucoup) d’annonces desquelles il faut se méfier, et qui font très « arnaque ». Je n’ai sans doute pas insisté sur le sujet, mais je suis très critique lorsque je regarde ces annonces, et je prends toujours plusieurs contacts avec l’annonceur avant de franchir le pas.

      Je partage ta vision de comment cela devrait se passer dans l’idéal … mais voilà, tout n’est pas toujours idéal dans ce monde !

      Les expériences que j’ai faites se sont toujours bien passées, et ces vacances à bord étaient autant l’occasion de découvrir la vie sur un bateau que de prendre du repos et de découvrir des notions de navigation. A côté de cela, j’ai déjà suivi des cours théoriques de navigation et des cours de manoeuvres. Mais tout cela coûte cher, et ces vacances sont aussi l’occasion de faire « d’une pierre deux coups ».
      Je sais qu’avoir un bateau coûte (très) cher : entretien, réparation, assurance, … (et le bateau en lui-même !), et dans ce sens, j’avale mieux le fait de devoir donner quelque chose en plus de la caisse de bord. Maintenant, c’est clair, comme pour tout, il y en a qui abusent !

      Les annonceurs n’ont pas tous la même vision du système : certains pensent juste à rentabiliser leur bateau, voire à se faire de l’argent, d’autres ont besoin d’aide (quart de nuit, etc.) -et souvent accueillent gratuitement l’équipier-, mais à côté, il y a aussi ceux qui aiment ce genre de voyage et veulent le partager. Les dernières personnes sur qui nous avons navigué l’été passé avaient vraiment cette approche.
      Mais je retiens que tu es de cette dernière catégorie de capitaine, … Qui sait, un jour, je me ferai peut-être invitée sur ton bateau ? … En tout cas, cela me ferait vraiment plaisir 😉 !

    • Je ne suis pas OK sur tout, mais pour l’essentiel ton « article » cerne de près le sujet.
      Mais ce que t’as répondu Gwendal le 06/09/13 est difficile à recevoir : ce Gwendal est sans doute un « skipper » envieux, un de ces experts autoproclamés (genre Glénan + Capitain-2000) qui n’ont pas de bateau et qui n’ont jamais eu à assumer 12 mois par an les frais d’entretien d’un habitable sur lequel un proprio offre d’embarquer des équipiers participants aux frais …
      Ce genre de péteux prétend skipper ton bateau moyennant rémunération (grosse) sans en assumer les conséquences : c’est grâce aux « compétences » de ce genre de gus, envieux & irresponsables, que nous (proprios) payons si cher nos assurances …
      Alors pitié ! Évitons d’être les supports de ces gus, qui sont (en outre) des dangers dans de nombreux ports ou mouillages

      • je suis stupéfait de ce que je lis des fois. Oui Vincent ta réponse et plus que vrai. Ce Gwendal sait-il ou a-t-il une petite notions de ce coûte un bateau à l’année ?
        Moi je suis un Alsacien, département le plus éloigné de la mer (des deux côtés).Je m’efforce de pratiquer des stages deux fois par an en Bretagne sud et nord pour pouvoir louer un bateau en méditerrané ou Corse ou Sardaigne. j’essaie toujours de faire au moins cher. Mais il y a les assurances les ports, le gasoil, les cartes, sans compter le trajet aller et retour et surtout les petits accidents de la vie sur un voilier.
        Perte d’un parebattage mal arrimé, une prise de courant qui casse, une pompe à changer etc. Même si ce n est pas ton bateau, je me suis vu déboucher les toilettes pleines de calcaire et autres choses.
        Il y a toujours quelque chose à faire sur un bateau ne serait-ce que de la surveillance. Alors non merci je ne partirai jamais avec une personne comme ce Gwendal.
        Merci Amandine pour ce que vous faites et tout le bonheur que vous donnez à ces gens qui malheureusment aimeraient partir et ne peuvent pas faute d’argent. Moi j’ai voyagé aujourd’hui grâce à vous du fond de mon Alsace. Merci pour tout.

    • (En réponse à Gwendal)

      Je reconnais bien là une mentalité de voileux et c’est agréable, car c’est franc, direct et honnête. Je suis assez d’accord ainsi, mais avec une belle largesse pour la caisse de bord car je sais, pour avoir eu un beau ketch de 49 pieds, que c’est lui (ou elle plutôt) le plus gourmand… Cela dit, je referais bien une petite virée… 🤗

  2. Bonjour Amandine, dans quelques jours je part sur un voilier, à destination des îles anglo normande.
    je suis debutant sur un bateau, mais j’espère en profiter un maximum.
    tes articles sont super, bonne continuation.

    • Vu ce que j’ai déjà vu de tes voyages sur ton blog, sûrement 😉
      Cela permet de découvrir autrement certaines destinations, particulièrement celles qui sont entourrées de clichés – comme Ibiza.

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