La photographie et les voyages vont souvent de pair, en effet, rare sont les voyageurs qui ne prennent aucunes images lors d’un séjour à l’étranger. La photographie de voyage est à mon sens une des branches les plus intéressantes de la photographie car elle est très variée. Portrait, paysage, architecture, scène de rue, tout y passe.

Avec cet article, je vais tenter de vous donner quelques astuces pour mieux réussir vos photos en me basant sur ma propre expérience.

Photographie de voyage, Pascal Boegli
Pascal Boegli, photographe (© Pascal Boegli)

Le choix du matériel

J’utilise un appareil réflex Nikon D300 qui a déjà quelques années et plusieurs milliers de photos au compteur mais qui fonctionne toujours parfaitement bien. D’un point de vue qualitatif, je pense que le réflex est le meilleur choix mais il comporte quelques désavantages comme le poids et l’encombrement. Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire de bonnes photos avec un appareil compact mais il faut alors bien le connaitre ainsi que ses limitations intrinsèques.

Je sélectionne les objectifs que je vais emmener avec moi en fonction de la destination.

  • J’emmène dans tous les cas mon objectif fétiche, le transtandard Nikkor 17-55 f/2.8. C’est celui que j’utilise le plus souvent.
  • J’emporte également quasi systématiquement l’ultra grand-angle Nikkor 10-24 f/3.5-4.5. Il est parfait pour les paysages ou lorsque le recul est limité (pour photographier un monument imposant par exemple).
  • En revanche, je n’emmène quasiment plus mon téléobjectif Nikkor 80-200 f/2.8. Premièrement parce qu’il est assez lourd et imposant et deuxièmement parce que je pense que plus on s’approche du sujet, meilleure sera la photo. Bien sûr, si je partais à nouveau faire un safari photo en Afrique, alors cet objectif deviendrait mon choix numéro un. Photographier un lion à un mètre de distance donnera certes une bonne photo, mais ça risque aussi d’être la dernière ☺

Je n’utilise pas de flash en voyage ou alors je me contente du petit flash intégré à l’appareil qui peut être utile pour déboucher une ombre en plein soleil par exemple. Un flash de type cobra est trop lourd et encombrant lorsque l’on doit faire attention au poids.

La plupart du temps, j’emporte également un trépied. Celui-ci peut être utile pour des photos nocturnes ou, combiné avec un filtre gris neutre, pour avoir un effet de filé sur une chute d’eau en plein jour grâce à la pose lente.

Matériel photographique en voyage

J’oubliais le plus important, il faut investir dans une bonne paire de chaussures ! Car pour obtenir un bon point de vue ou un angle original, il faut souvent faire quelques efforts supplémentaires en plus que le touriste « lambda », comme grimper sur une colline par exemple. Il ne faut vraiment pas hésiter à utiliser ses jambes et ne pas se contenter d’un éventuel zoom si vous voulez vous améliorer en photo.

Enfin, je shoot exclusivement en format RAW. Ce format permet de conserver un maximum d’informations sur le fichier numérique et de « développer » tranquillement les photos sur l’ordinateur de retour à la maison.

Pour sauvegarder mes photos, je décharge chaque soir ma carte mémoire sur mon PC portable. J’effectue une deuxième sauvegarde sur le « cloud » avec la solution Wuala (similaire à Dropbox). Cette façon de faire nécessite une connexion Internet mais elle permet de se prémunir d’un vol ou d’un disque dur qui lâche au mauvais moment.

Tout ce matériel a un certain poids qu’il faudra bien transporter, et parfois, en plein cagnard, c’est assez pénible :

  • Boitier D300 : 980 gr
  • Nikkor 10-24 f/3.5-4.5  : 515 gr
  • Nikkor 17-55 f/2.8 : 850 gr
  • Nikkor 80-200 f/2.8 : 1.3 kg
  • Trépied  : 1.3 kg
  • Sac à dos : 2.7 kg

Même si on enlève le 80-200, il reste près de 6.5 kg à transporter.

Exemples pratiques et conseils

  1. Les portraits

    Pour les portraits, les enfants sont souvent un bon sujet lorsque l’on débute dans cette discipline. Ils se laissent facilement photographier et sont souvent photogéniques. En plus, cela permet souvent de rentrer en contact avec les parents qui se laisseront à leur tour photographier.

    Lorsque vous photographiez des enfants, je vous recommande de vous mettre à la même hauteur qu’eux, de ne pas les photographier debout. Utilisez également une grande ouverture (petit nombre f, par exemple 2.8) pour estomper au maximum l’arrière-plan. Vérifier que la lumière soit bonne sur leur visage, qu’il n’y a pas d’ombres disgracieuses. Comme je préfère les photos prisent sur le vif, ce point-là n’est pas toujours évident.

    J’ai pris cette photo d’enfants lors d’un trek en Birmanie dans la région de Kengtung dans un petit village de l’ethnie Loi. Les Loi vivent en groupe (environ 30 personnes) dans de grandes maisons en bambou. Je suis resté un long moment à les observer et au bout d’un moment, ils ne faisaient plus attention à moi. J’ai alors attendu une situation intéressante pour déclencher.

    Photographie de voyage, Pascal Boegli
    Portait d’enfants du village Loi (© Pascal Boegli)

  2. Jouez avec la lumière

    Tous les photographes vous le diront, c’est le matin tôt ou en fin d’après-midi avant le coucher du soleil que la lumière est la meilleure pour la photographie. Lorsque vous arrivez dans un endroit qui vous semble avoir un bon potentiel photographique et où vous rester quelques jours, essayez de repérer où le soleil se lève et où il se couche afin de décider quel sera le meilleure moment pour prendre le cliché convoité afin que le sujet principal soit correctement éclairé.

    Cette photo a été prise au coucher du soleil au bord du lac Malawi. J’avais repéré ces enfants jouant sur une passerelle et j’ai choisi de me mettre à contre-jour afin que ceux-ci se transforment en silhouettes.

    Photographie de voyage, Pascal Boegli
    Jouer avec la lumière : enfants au lac Malawi (© Pascal Boegli)

    Prise de l’autre côté de la passerelle, le soleil derrière moi, cette photo serait totalement différente.

    Cette photo à été prise au pont U-Bein qui se situe près de Mandalay en Birmanie. Nous étions arrivés en fin d’après-midi et nous repartions peu après. J’ai vraiment eu de la chance que des moines passaient à ce moment-là.
    Ici aussi j’ai photographié à contre-jour pour avoir un effet de silhouettes.

    Photographie de voyage, Pascal Boegli
    Moines à conter-jour sur le pont U-Bein (© Pascal Boegli)

  3. Les paysages

    Le grand angle ou ultra-grand angle est l’objectif idéal pour les paysages afin de capturer toute la beauté de ce que vous avez sous les yeux. Il faut également faire attention à la profondeur de champ. Si votre ouverture est trop grande (petit nombre f), il est probable qu’une partie de l’image soit floue. Il faut donc fermer le diaphragme afin d’augmenter cette profondeur de champ et d’avoir une image nette sur tous les plans. Enfin, éviter de centrer l’horizon mais placez-le sur le tiers inférieur ou supérieur de la photo.

    Cette photo a été prise au volcan Dallol situé dans la dépression du Danakil en Ethiopie. Elle représente des lacs d’acide ainsi que des concrétions salines et sulfureuses. J’ai utilisé mon ultra grand-angle à une focale de 10 mm (équivalent à un 15 mm en 24×36) et une ouverture de f/14.

    Photographie de voyage, Pascal Boegli
    Lacs d’acide au volcan Dallol (© Pascal Boegli)

Voilà, j’espère que ces quelques conseils et techniques vous donneront envie de prendre des photos lors de vos voyages et surtout de les réussir.



37 commentaires

  1. Magnifiques photos ! elles sont terribles !
    J’aime particulièrement celle des enfants à contre-jour 🙂
    Merci pour les conseils Pascal

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    • Merci Jérémy pour ton avis ! J’espère que ces quelques conseils te seront utiles même s’il y aurait beaucoup d’autres choses à dire sur le sujet.

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  2. Je reste admirative devant de telles photos. Pour le coup, je n’ai rien d’autre à ajouter, ça m’a rabattu le caquet ! Je m’en vais visiter son site de ce pas.

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    • Merci Alexandra ! Content de savoir que mes photos te plaisent !

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    • Je suis tout aussi admirative devant les photos de Pascal que toi, Alexandra. Quand j’ai découvert son blog, ça a été un coup de coeur immédiat ! C’est pour ça que j’ai eu envie de l’inviter ici et de le faire dévoiler certains de ses secrets photographiques 😉

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  3. Belle synthèse. Au niveau du matériel il y a aussi les hybrides qui sont vraiment très intéressants et permettent d’avoir une qualité assez incroyable tout en voyageant plus léger.
    Tu sembles adorer jouer avec les contre-jours, et le résultat est vraiment très sympa. J’adore ce jeu « d’ombres chinoise » avec les silhouettes. J’aimerais vraiment réaliser un court métrage avec ce rendu visuel. Il me manque juste un sujet qui aille avec !

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    • Merci Chris ! En effet, j’aime bien les silhouettes et les contre-jours mais j’aurais tout aussi pu prendre d’autres exemples pour illustrer cet article, il y aurait tant à dire sur le sujet !
      A quel modèle de compact penses-tu ? Ce que je reproche principalement à ce type d’appareils, c’est leur petit capteur qui limite la possibilité d’avoir un bon flou en arrière-plan.

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    • Salut Chris,

      la question du choix du matériel pour une bonne optimisation du poids est centrale pour moi ! Je suis aussi passée par différentes étapes (7 appareils photo en 7 ans !), passant du reflex à l’hybride avec beaucoup de plaisir. Aujourd’hui nous utilisons des Nex, petit et léger, j’en suis ravie : je peux garder mon appareil autour du coup en randonnée sans être encombrée par la taille ou le poids. Après, tout dépend toujours des besoins personnels et des capacités à utiliser le matériel …

      Curieuse de voir la réalisation de ton projet d’ombres chinoises 😉

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  4. Encore merci Amandine pour cette invitation ! J’ai eu beaucoup de plaisir à rédiger cet article.
    Désolé de ne pas pouvoir t’aider pour la photo de plongée sous-marine, je n’y connais pas grand-chose.
    La seule fois où j’ai fait du snorkeling aux îles Gili en Indonésie avec un petit compact Pentax sois disant étanche, il a pris l’eau en 5 min et j’ai pu le jeter 🙂

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    • Salut Pascal, plaisir partagé ! 😉
      La photo de plongée est vraiment très spécifique, et le matériel « prévu pour » ne l’est pas toujours :s Je voulais m’acheter peut-être un petit compact passe partout, résistent aux mauvais traitements (pluie, poussière, choc …) et discret : pour toutes ces occasions où j’hésite à sortir le Nex. Mais ceux qui se disent étanches sont souvent juste le temps de le récupérer après l’avoir laissé tombé dans une flaque par mégarde …

      Le boitier est généralement une solution efficace (c’est ce que nous avons eu pendant des années), mais ça demande un bon entretien (ce que nous n’avons sans doute pas fait … ) : l’eau s’est directement introduite dans le boitier lorsque nous avons plongé en Sicile. Consolation : l’appareil avait fait son temps … 😉
      Bref, je compatis à ta perte ! ^^

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  5. Génial ces conseils photos ! Je conserve précieusement ! Néanmoins, j’ai laissé tombé le réflex, car trop fragile, trop lourd et trop encombrant ! Le matériel qui existe sur le marché permet largement de faire de belles photos, même sous l’eau en plongée !

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    • Merci Didier ! En fait, le meilleur appareil est celui que l’on maîtrise et que l’on emmène avec soi 😉

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