Un sac sur le dos
Amandine

Bye l’Ile du Prince Édouard ! Cela fait moins d’une semaine que notre aventure sur les routes canadiennes avec TARDIS (notre voiture) a débuté. Nous entrons par un gigantesque pont dans la région du Nouveau-Brunswick qui nous fait miroiter des paysages de rêve depuis des années…

Entre rêves et revanches au Nouveau-Brunswick

Dire que je rêvais du Nouveau-Brunswick est un euphémisme. Cela fait des années que nous avions préparé un voyage dans cette région. Et lorsqu’on commence à se pencher plus sur une partie du monde, on lève le voile sur toutes ses beautés et ses richesses. J’avais entraperçu des paysages splendides, faits de rochers rougeoyant, de forêts à perte de vue, de phares et de maisons de bois colorées. La suite de l’histoire, si vous nous suivez depuis longtemps, vous la connaissez déjà. Nous avons dû annuler à cause de problèmes de santé. 

Pouvoir fouler le sol de cette région a eu un gout de revanche pour moi. Enfin, j’y suis ! Parfois, le destin, il faut s’y accrocher et le provoquer ! Une bonne dose de patience et de persévérance aura mené nos pas là où nos cœurs les avaient déjà précédés. Ce sentiment, je l’ai vécu dès la première journée au Nouveau-Brunswick… et pour cause : nous visitions le site dont je rêvais le plus. La baie de Fundy.

Baie de Fundy et Hopewell Rocks

Imaginez une falaise rocheuse dans les tons rouge. À son sommet une forêt dense et verte. À ses pieds, des roches lisses et luisantes, recouverts marée après marée. Et à quelques mètres de la falaise, droits comme un I, ou plutôt comme un U inversé : un splendide rocher surmonté de sapins. Voilà l’image qui me faisait fantasmer.

En arrivant sur place, nous découvrons un sentier de randonnée qui nous amène d’abord à un point de vue. Sous nos yeux s’offre le fond de l’océan. Ici, les marées sont tellement grandes qu’elles libèrent leur plancher océanique le temps pour les bipèdes que nous sommes d’aller le tâter. Et lorsqu’elles le recouvrent, nous nous transformons en drôles d’animaux marins, progressant pagaie à la main dans des kayaks aussi rouges que la roche. 

Le fond de la mer est beau… mais où est mon rocher ?

(Oui, à force d’en rêver, je me le suis peut-être un peu approprié… j’espère qu’il me pardonnera !)

Marée géante à la Baie de Fundy
Marcher sur la fond de l’océan
Écureuil aux premiers rayons du soleil à Fundy

Le sentier continue. De beaux oiseaux et quelques écureuils essayent de me détourner de mon but. Mais nous poursuivons, Manea toujours assoupi paisiblement dans le porte-bébé tout contre moi. Enfin nous arrivons devant un grand escalier métallique qui nous informe qu’il est interdit de… glisser dans la boue. Ce n’était pas dans nos intentions !

En descendant les marches, le vent vient jouer avec nous, nous accueillant joyeusement comme pour mettre nos sens en alerte. Suffisamment en alerte que pour réveiller Manea, qui sourit lorsqu’il découvre la vue que je lui offre au réveil… Se réveiller face au Hopewell Rocks, il y a pire, non ?

Hopewell Rocks depuis la point de vue

Quel étrange sentiment que de voir les strates laissées par les marées nous dépasser largement ! C’est incroyable de se dire que des kayaks voleront au-dessus de nos têtes dans quelques heures ! Que ce gros rocher au milieu de la plage est beau ! Le sourire jusqu’aux oreilles, je ne cesse de dire : 

Regarde Manea ! Regarde comme c’est beau !

Comme si je voulais qu’il n’en manque pas une miette. Comme si je voulais qu’il comprenne à quel point ce paysage est spécial. Qu’il s’en imprègne au maximum et que, même si les années effaceront ces images, son cœur reste gorge de cette idée : le monde est riche en beautés.

Hopewell Rocks, Manea et moi

Fundy : phare, parc et nature

En quittant à reculons ce site fabuleux, nous avons fait une halte au Cap Enragé pour manger dans une jolie maison blanche aux volets rouges. Notre prochain arrêt : le parc national de Fundy où nous allons passer la nuit. Dans une petite cabane cossue, nous déposons nos affaires et laissons Manea faire une sieste puis explorer les lieux avant de partir explorer un bout de ce parc. 

Le Cap Enragé
Vue sur le phare du Cap Enragé depuis le restaurant

Une petite promenade nous amènera à nouveau à fouler le fond de la mer, à marcher entre les sapins et profiter des derniers rayons du soleil… cette fois avec un bébé bien éveillé et curieux de tout ce qui l’entoure.

Mais notre plus beau souvenir de ce parc restera sans aucun doute ce moment si inattendu au petit matin. Alors que nous quittions le parc, en regardant de part et d’autre de la route avant de s’y engager, François repère… une famille de biches ! Les trois cervidés nous regardaient avec de grands yeux, à moins que ce ne soit l’inverse !  Manea était aux anges. Il a compris que c’était un moment spécial, il fait de petits bruits d’excitations… en chuchotant ! Nous passons de longues minutes sur le bord de la route, jusqu’à ce que la petite famille décide de reprendre sa route avant que nous n’en fassions de même.

Notre logement au parc de Fundy
Balade nature à Fundy

Moncton façon street art

Si vous lisez notre blog régulièrement, vous savez que nous nous sentons davantage dans notre élément en nature plutôt qu’en ville. Nous privilégions les parcs et les beautés faites d’arbres, de roche et d’eau plutôt que celles de béton et de bitume. Mais il nous arrive de temps à autre, en traversant une ville sur notre route, de vouloir nous y arrêter un peu. Et c’est ce que nous avons ressenti à Moncton.

Nous y sommes brièvement passé·es, dans une transition entre l’ile du Prince Édouard et la baie de Fundy. Et nous y sommes retourné·es avant de remonter la côte de cette belle région. Grand bien nous a pris ! Nous avons exploré la ville sous un angle alternatif : celui du street art. 

Dieu de la pluie, inspiré de la rivière juste à côté

Notre guide, un artiste passionné qui a beaucoup donné de lui-même pour réussir à installer cet art à Moncton, à le faire reconnaitre, fleurir et attirer des artistes du monde entier lors d’un festival annuel (Inspire), qui a eu lieu cette année mi-juillet.

Nous avons découvert des fresques superbes, colorées, parfois engagées, toujours reliées à l’histoire ou à la situation géographique de Moncton, du Nouveau-Brunswick et du Canada. De boulevards en ruelles, nous avons également pu visiter cette ville au rythme de nos pas et des discussions passionnantes qui virevoltaient gaiment d’une peinture murale à l’autre.

Une superbe expérience que nous vous recommandons chaudement. 

Street art et symbolisme du Canada et du Nouveau-Brunswick

En pratique

Un tour que nous avons fait via l’agence NB Explorer : le Moncton street art – mural tour

Nature ensablée 

Le Nouveau-Brunswick nous a donné l’occasion de nous promener aussi dans de beaux parcs, et plus précisément celui de la dune de Bouctouche et le parc de Kouchibouguac.

Dune de Bouctouche 

Une dune de 12 km, qui semble interminable vue de la route, sépare une petite mer intérieure de l’océan. Et pour la découvrir, un joli chemin surélevé sur un ponton de bois (j’adore !), une tour d’observation et différents accès à la mer. Un centre d’observation permet d’en apprendre plus sur la faune et la flore de la région. Nous avons eu la chance de voir l’oiseau emblématique du parc : le héron bleu.

Dune de Bouctouche
Balade sur un sentier de bois à la Dune de Bouctouche

Park Kouchibouguac

Son nom est difficile à prononcer, mais en vaut l’effort ! Ce grand parc se parcourt en partie en voiture, mais aussi à vélo et, bien sûr, à pieds. Plusieurs sentiers sont ouverts au public, certains menant sur des pontons entourés d’eau, d’autres vers une tour d’observation pour se rapprocher des oiseaux. Un très beau parc que nous n’avons pas pris le temps de découvrir comme nous l’aurions souhaité… à cause des moustiques ! Juin semble être une période propice pour ces prédateurs voraces.

Vue depuis notre B&B Ancrage près du parc Kouchibouguac

Metepenagiag Heritage Park

Un parc que nous attentions avec impatience, et pour une fois, pas tant pour sa nature. Ici, c’est la culture Mi’kmaq qui est mise à l’honneur. Et pour cause :  il y a plus de sites archéologiques autochtones par kilomètre carré ici, dans la région de Metepenagiag, que partout ailleurs dans les provinces maritimes. Les traces de vie permanente dans cette région remontent à plus de 3000 ans : c’est la plus ancienne communauté sédentaire du Nouveau-Brunswick. Oxbow est également le plus grand village autochtone découvert sur le Canada Atlantique.

Le musée que nous découvrons est juste splendide ! Nous avons pris un réel plaisir à le visiter et à discuter avec notre guide, passionnée, passionnante et membre de la culture Mi’kmaq.

Magnifique musée de Metepenagiag
Guide Mi’kmaq devant une salle d’analyse des archéologues

La visite commence par un petit film où la narratrice est la rivière. Celle qui nourrit, celle qui emporte les peuples naviguer, celle qui regarde le temps couler. Lien de vie, fil bleu entre passé et présent.

Le musée développe les informations présentées en vidéo, permettant d’en apprendre plus tant sur l’histoire de ce peuple que sa « découverte » par les archéologues et anthropologues. J’ai beaucoup aimé l’importance apportée à une personne très spéciale pour cette communauté, celle qui a permis que leur passé soit préservé : Joseph Augustine. Grâce à la transmission orale de leur histoire, en 1972, il s’est mis en quête du tumulus sacré où ont été enterré·es ses ancêtres… et l’a trouvé, permettant de préserver des objets vieux de 2500 ans qui auraient été détruits par la carrière de gravier toute proche.

Salle de cinéma du Metepenagiag Heritage Park
Canoé Mi’kmaq

Mon cœur de maman n’a pu qu’être touché par l’importance que les Mi’kmaq portent aux enfants, les plaçant au centre de leurs vies. Les bébés étaient beaucoup portés, et chacune des grandes étapes de leur évolution était célébrée.

Et la visite se conclut par un beau point de vue sur la rivière. La boucle est bouclée !

Point de vue sur la rivière derrière le musée

Mais encore…

Le plus grand homard du monde

Lors de notre passage au parc Rotary de Shédiac, nous sommes allé·es saluer le plus grand homard du monde. Mais il était en restauration avant la haute saison ! Si l’arrêt est très touristique, les petites maisons colorées qui bordent la route ont beaucoup de charme.

Lameque et Miscou, des rendez-vous manqués 

Dans le nord du Nouveau-Brunswick, nos avions repéré deux iles : Lameque, qu’il faut traverser pour arriver à Miscou. La seconde est réputée pour son phare entouré de champ de fleurs (pis à cette saison). Nous avons fait un premier arrêt à Lameque pour traverser un ponton de bois qui semblait très joli… mais nous n’avons pu que l’admirer de loin, ça file était fermé (pas ouvert hors saison ?). J’avoue qu’à ce moment-là, la distance, le temps, le vent très fort et l’heure avancée nous ont découragé·es. Nous avons fait demi-tour vers le continent afin de répondre aux besoins de notre bébé. Je n’en ai pas beaucoup parlé encore, mais voyage avec un bébé, ce n’est pas tout à fait pareil que de voyager en couple ! Bref, un rendez-vous manqué… ce sera peut-être pour une prochaine fois !

Ponton de bois de Lamèque

Nos bonnes adresses au Nouveau-Brunswick 

Voici nos coups de cœur et bonnes adresses au Nouveau-Brunswick.

Logements 

Deux logements nous ont tout particulièrement plu lors de notre voyage au Nouveau-Brunswick.

Fundy Highlands chalet

Une petite cabane de bois directement dans le parc de Fundy, avec le chant des oiseaux et des biches au petit matin : que demander de plus ? Très chouette expérience, super bien situé pour aller explorer les nombreuses randonnées possibles à travers le parc. On y serait bien restés plus longtemps !

Ancrage B&B

Un autre endroit où l’on aurait aimé passer plus de temps : ce B&B a trois grands atouts. Il est situé près du parc de Kouchibouguac, il a une grande terrasse avec une merveilleuse vue… et il est tenu par un couple adorable ! Ces Néerlandais·es sont au petit soin et veillent au moindre détail pour garantir un séjour agréable chez elleux. Iels nous ont concocté un petit déjeuner végane, avec des crêpes faites maison à agrémenter de fruit et de sirop d’érable (c’est le Canada quand même !). Un délice et un beau moment en leur compagnie. Ah, et petit bonus, iels ont des chats adorables !

Restaurants

Calactus Cafe restaurant végétarien à Moncton

Une très bonne adresse végé (avec des options véganes). La cuisine est délicieuse, le personnel charmant et aux petits soins, et j’adore la philosophie qui se dégage du lieu. On en a un aperçu rien qu’en jetant un œil aux autocollants qui colorent leur porte : végane, LGBT friendly, supportant l’allaitement, proposant de remplir sa gourde d’eau gratuitement… 

Cafe Europa à Campbellton 

Un arrêt sur notre route et une bonne surprise. Plusieurs options véganes en plat comme en dessert, un cadre sympa… et plein de mots inspirants inscrits à la craie sur leurs murs.

Le Nouveau-Brunswick au fil de l’eau

En replongeant dans mes souvenirs de voyage au Nouveau-Brunswick, une image me vient en tête. Celle d’une rivière, mère de toute vie selon la culture Mi’kmaq. Une rivière qui serpente à travers le temps et l’espace. Une rivière qui nous aura mené·es à travers les vastes parcs boisés et les plages rocheuses jusqu’aux ruelles colorées des villes et villages. Je me sens pleine de gratitude pour ces belles images qui peuplent maintenant ma tête quand je ferme les yeux en pensant au Nouveau-Brunswick.

Après la Nouvelle-Écosse, l’ile du Prince Édouard et le Nouveau-Brunswick, place au Québec ! Nous commencerons par les routes du Québec maritime à la découverte de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent. 

Pour rappel : nous sommes au début d’une grande aventure : un voyage en famille de deux à trois ans à travers les Amériques. Une vie nomade qui nous mènera, on espère, jusqu’à la pointe sud de la Patagonie.

La suite au prochain épisode !

Photo maman-bébé colorée !

En partenariat avec Destination Canada et l’Office de tourisme du Nouveau-Brunswick.

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