Chaque année, c’est la même chose : vient la date de mon anniversaire. Comme le dit Fleurette Levesque :

La vie est un éternel recommencement.

Mon anniversaire, comme toutes les dates charnières de l’année, est l’occasion de me remettre question : l’heure du fameux bilan a sonné.

Voici les réflexions qui m’habitent cette semaine, à l’occasion de mon 28ème anniversaire, certaines étant plus matérialistes et d’autres plus philosophiques.

Que me manque-t-il dans la vie ?

Lorsque mes proches me demandent ce qui me ferait plaisir, la question qu’ils soulèvent est « que me manque-t-il ? ». Que pourrais-je bien souhaiter que je ne possède pas déjà et qui soit « offrable ».

Cette dernière dimension vient compliquer la donne : une vie de voyage (exemple pris à tout hasard !), cela ne s’offre pas, cela se crée. Mais nous y reviendrons.

L’objet crée le besoin

Quel besoin matériel pourrais-je combler ? Cette question me met mal à l’aise. D’autant plus que je tente de vaincre mon côté écureuil, qui me pousse à tout entreposer sous le prétexte du « ça peut servir un jour ».

Ainsi, par exemple, j’ai du faire mon deuil : je n’aurai jamais de grande bibliothèque en bois foncé, remplie à ras bord de vieux livres aux pages jaunies par le temps, les étagères couvrant chaque mur de ma pièce de lecture, avec des échelles sur les parois, et un escalier en colimaçon pour atteindre l’étage.

Vieux livres dans la bibliothèque du couvent de Santo Domingo, Lima
Vieux livres dans la bibliothèque du couvent de Santo Domingo, Lima

Depuis quelques années, je vaincs mon amour des bibliothèques et des livres en ne les entreposant plus mais en les achetant d’occasion et en les revendant (… presque tous !). Je vis mon désir par procuration, en succombant devant les belles bibliothèques que je découvre en voyage, la dernière qui m’a émerveillée étant celle du couvent de San Francisco à Lima.

Alors oui, un livre, cela reste souvent une idée de cadeau qui me trotte en tête. J’ai toujours deux ou trois livres à l’esprit, que j’ai vus sur internet ou en farfouillant dans les magasins, et que je ne me suis pas permise d’acheter (vive le self-contrôle !). De la littérature fantastique aux récits de voyage en passant pas la littérature étrangère, j’aime voyager dans d’autres univers au fil des pages.

Tout comme je domine ma frénésie livresque, je n’achète presque plus rien pour « garnir » mon appartement, ni cadres ni objets de décoration.

Bien sûr le matérialisme me rattrape au tournant avec les vêtements, je n’échappe pas au cliché qui veut que je me poste tous les matins devant mes armoires pleines tout en déclarant (presque) de bonne foi que je n’ai rien à me mettre.

À l’origine : la générosité

Mais quels sens ont donc ces traditions de s’offrir des cadeaux ?

Que ce soit pour l’anniversaire ou à Noël, ces actes de générosité sont comme autant de marques d’attention. Recevoir un cadeau ne se limite pas à l’objet qui est transmis de la personne A à la personne B. C’est également toute la recherche de cette personne A, qui s’est creusé les méninges pour trouver quelque chose qui plaise à B. Il a été aux aguets, l’a observé, s’est endormi en pensant à lui et à ce fichu cadeau qu’il devait encore trouver parce que la date approchait.

Offrir un cadeau, c’est offrir une marque d’attention et d’affection.

C’est pourquoi, le collier de nouilles offert par l’enfant à sa mère la comblera (la première fois, peut-être ?) car il représente le temps passé à le réaliser, les efforts et surtout le désir de l’enfant de faire plaisir à sa mère. C’est ce geste qui est touchant, et c’est tout cela que représente le collier de nouilles.

Mais, venant d’un adulte, on tomberait dans une parodie sarcastique, loin de la démarche naïve et généreuse de l’enfant (si vous m’en offrez un, je vous le fait manger !).

L’important n’est pas tant l’objet que la démarche. Et si elle est sincère et réfléchie, c’est déjà gagné.

Là où générosité devient matérialisme

Le problème, de nos jours et dans nos sociétés de consommation, c’est que ces fêtes ont été détournées de leur sens premier, à des fins mercantiles. Combien de semaines – voire de mois – en avance ne nous bombarde-t-on pas d’images de Noël et de publicités pour commencer ses courses pour les fêtes ? Et chaque année le phénomène s’accentue. Peut-être qu’un jour les publicités de Noël seront diffusées pour la rentrée des classes ?

Comment faire plaisir à ses proches, que leur offrir ? Que leur acheter ?
Les publicités vont vanteront milles un et produits susceptibles de combler vos proches (et vous-même), le tout pour seulement 99 euros. Un objet, encore un objet, pas cher, cela lui fera plaisir. Soyez un bon fils / une bonne fille, un bon ami… achetez tel objet. Ainsi, contrairement à ce que prétend le slogan de Mastercard, tout s’achète.

Le défi

Le défi pour toutes ces occasions serait de parvenir à respecter cette démarche réflexive, profondément altruiste, à la recherche d’un petit plaisir pour la personne que l’on fête. Ne cherchons pas un objet à tout (tous ?) prix, mais quelque chose qui plaise : une activité ensemble, un bon repas, une attention…

Pensons écologique et durable : n’encombrons pas nos maisons de cadeaux rangés dans les placards. Un cadeau bien pensé aura moins de chance de se retrouver au débarras.

La démarche philosophique

Après cette réflexion sur la matérialisme, venons-en à l’aspect plus philosophique des réflexions qui occupent mon esprit à chaque fête fixe de l’année : c’est le temps du bilan.

Qu’ai-je fait en une année ? Où suis-je ? Où vais-je ? Quels sont mes buts dans la vie et que mets-je en place pour y parvenir ?

La question de ce que je souhaite pour mon anniversaire m’amène à réfléchir à ce que je désire, tout court.

Loin des voeux pieux des miss de concours de beauté souhaitant la paix dans le monde, moi, qu’est-ce que je veux ? Je désire une vie de voyages, de découvertes et d’aventures. Une vie riche de rencontres et d’apprentissages. Une vie qui me permette d’évoluer sur le plan personnel.

Je souhaite toutes ces choses et personne au monde ne pourra me les offrir dans un bel emballage cadeau. Il n’y a que moi qui puisse les réaliser (sujet abordé dans l’article « Mon pire cauchemar »).

Afin de ne pas me décourager face à l’ampleur de mes rêves et au(x) chemin(s) à parcourir, et afin de répondre à cette fameuse question de ce que je souhaite pour ma fête, j’essaye de « voir plus petit » : quelles sont les étapes intermédiaires à ces rêves, qui pourraient servir de pistes pour un cadeau d’anniversaire : du matériel photo, informatique, un cours de langue ou de plongée…

Par exemple, vous ne devinerez jamais quel a été notre cadeau de mariage de la part de mes beaux parents… Des vestes de navigation !

Pas  à pas, je construis mon chemin.

Mon mari, qui partage ma vision, l’a bien compris : au bilan de cet anniversaire, j’ai reçu deux choses. Premièrement du matériel pour mon iPad mini  – que j’utilise pour écrire mes idées pour le site dans lors de mes trajets en train – : une housse avec clavier, très utile. Et, mon second cadeau est un voyage en Sicile, pour revoir des amis que nous avons rencontrés au Pérou en janvier.

Ruelle typique d’Ortygie

… J’ai hâte !

11 commentaires

  1. Très ingénieux la housse-clavier… Quel cadeaux attentionnés de la part de ton mari. Bonne soirée.

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    • Oui, très pratique en effet. Le grand avantage, par rapport à l’iPad mini, c’est que je ne perds plus la moitié de mon écran pour afficher le clavier ; j’ai donc une bien meilleure visibilité. Je l’ai testée pour mon trajet en train de ce matin, et j’en suis plutôt contente !
      Bonne journée LadyMilonguera 🙂

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  2. Oh, quelle surprise, un cadeau le jour de mon anniversaire 🙂
    Je n’aime pas me sentir obligé de par principe ou tradition. Et par principe, j’ai toujours répondu « Rien » au « Qu’est ce que tu veux ? » !
    Les objets m’encombre l’esprit en plus d’encombrer les lieux alors autant qu’il ai un but pratique.
    L’objet à peu d’importance pour moi (autre que pratique) car j’ai du mal à y associer une émotion et je n’ai pas envie de réduire une émotion à un simple objet.
    Donc je suis d’accord, le plus important ne s’offre pas dans un emballage.

    Bon anniversaire

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    • Bonjour Bertrand, et merci ^^

      C’est aussi ton anniversaire ? Dans ce cas, bonne fête 😉

      Je suis à la base plus matérialiste que toi, certains objects étant associés à des souvenirs … mais je me soigne ! 😉
      Je n’ai plus qu’un petit coffre à souvenir rassemblant tous mes « objets inutiles », … Bon et aussi deux reproductions de vases « moches » (à lire « moché » et non moche !) et une nazca – mais j’adore trop leurs arts !

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      • Non non, mon tour est en décembre.

      • Encore un peu de patience pour toi ! … Du coup, c’est ma fête à moi toute seule alors (ou presque) 😉

  3. Pourquoi jamais? Tu peux avoir ta bibliothèque plus tard:-)

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    • C’est marrant, mon mari m’a posé la même question !
      Pour avoir une bibliothèque digne de mes rêves, il faudrait que j’ai une maison (déjà) gigantesque (ensuite) et … ce n’est pas dans mes projets !
      Je préfère faire une croix sur ce rêve de bibliothèque digne d’un conte de fée, pour réaliser un rêve plus important : celui de voyager. Il faut faire des choix (entre autre au niveau financier) et savoir quels rêves poursuivre …

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  4. Un voyage en Sicile comme cadeau d’anniversaire, c’est assez sympa !
    Heureusement que les anniversaires servent aussi d’excuse pour voyager 😉

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    • Avec nous, tout sert d’excuse pour voyager : pour raisons médicales (faire le plein de vitamine D), psychologiques (éviter la déprime due au temps mausade de nos contrées), gastronomiques (aller boir une horchata), festives (un anniverasire), … Notre imagination débordante est sans limite pour se trouver de « vraies bonnes excuse » pour « devoir » voyager ! 😉

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  5. Je vous comprends car pour nous c’est un peu la même chose 😉

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