La peur de se lancer pour un premier voyage. L’inconnu. Tant de choix à faire. Mais le plus dur de tous :

partir ou ne pas partir ?

Dernièrement, j’ai reçu plusieurs courriers de lecteurs, m’ouvrant leur cœur et me partageant leurs angoisses, à la recherche d’une solution.

Chaque personne étant unique, il n’existe pas une réponse miracle. Cependant, voici ce que j’ai répondu à une lectrice.

La peur de partir voyager

Combien de voyageurs peuvent-ils clamer haut et fort qu’ils n’ont éprouvé aucune peur, aucun doute, aucun angoisse avant de partir voyager ?

Très peu à mon avis (pour ne pas dire aucun).

De la peur d’avoir oublié quelque chose à l’angoisse de quitter le connu pour l’inconnu, il y a tout un panel de sentiments négatifs plus ou moins forts qui peuvent submerger le voyageur avant de partir en voyage.

Mais le futur voyageur est un voyageur qui a déjà fait un choix : celui de partir. Il est déjà une étape plus loin que Julie, qui m’a partagé ses questions…

Question d’une lectrice

Voici le message touchant que j’ai reçu de Julie (prénom d’emprunt), une lectrice perdue face à ce choix crucial : partir ou ne pas partir en voyage ?

La question de Julie

Bonjour Amandine,

J’ai lu la plupart de tes articles et je les ai trouvé super intéressants !! 🙂 Je suis une fille de 25 ans et j’ai quelques questions qui me trottent dans la tête depuis un petit moment auxquelles je ne trouve pas forcément de réponse. Je ne sais pas si tu pourras m’aider, mais si tu veux bien prendre un petit peu de ton temps pour lire ma petite histoire, j’en serai déjà ravie ! 🙂

J’étais en couple depuis 6 ans jusqu’à ce que mon compagnon décide de partir seul pour un tour du monde d’un an ou deux. Il est parti la semaine dernière. Mais pour le moment, j’ai des nouvelles à peu près tous les jours.

Ce qui est le plus dur dans cette histoire c’est que j’ai voulu tout quitter pour le suivre dans ce périple. Ce qu’il n’a pas accepté. Depuis sa décision, je me pose du coup énormément de questions. Et en autre autre pourquoi ne pas partir voyager avec ou sans lui ?

J’ai toujours eu une vie tranquille, sans embrouilles, sans contraintes. De super potes, une super famille, un sport que je pratique depuis petite, un boulot fixe depuis 3 ans. Bref tout va bien dans le meilleur des mondes. Et, il est vrai que jusqu’à maintenant je n’ai jamais vraiment eu l’envie de chambouler mon train-train.

Je pense très sincèrement que le départ de mon copain me perturbe énormément, mais je crois que j’ai envie de changer un peu tout ça. Je n’ai jamais voyagé très loin de chez moi et je ne me considère pas comme une grande aventurière. Mais j’adore apprendre de nouvelles choses. C’est pourquoi j’ai un peu la trouille ! :/

L’expérience de mon frère qui à voyager quelques années à travers le monde, me conseille fortement de me lancer si j’en ai vraiment l’envie. Mais j’ai peur que ça ne me plaise pas, que ma vie (trop) tranquille me manque, d’avoir abouti à ce projet et au final ne pas apprécier… Aussi, partir seule m’angoisse… Je suis un peu perdue dans tous ces doutes !

J’ai toujours eu un petit manque de confiance en moi, mais j’ai toujours pensé que c’était une expérience à faire au moins une fois dans une vie, car je pense réellement que c’est hyper enrichissant.

Voilà en gros mon histoire. Si tu as quelques conseils à me donner ou des expériences que tu as vécu un peu similaire à celle-ci, je serais très heureuse de te relire ! 🙂 En tout cas tu m’inspires confiance.

Merci de ta lecture.

Peut-être à bientôt !

Julie

voyageuse, voyage, sac à dos
A la découverte du monde !

Ma réponse à Julie et aux futurs voyageurs

Bonjour Julie,
Merci pour ton message, c’est toujours un plaisir de recevoir du courrier de lecteurs et un plaisir de se voir confier des tranches de leur vie. Une belle preuve de confiance qui me touche beaucoup.

J’ai beau être psychologue de formation et avoir déjà un peu voyagé… il est toujours très difficile de répondre aux questions comme la tienne. Chaque histoire est unique. Chaque personne également. Difficile de donner des conseils du style « si j’étais à ta place », car je ne le suis pas et ne pourrai jamais l’être.

Le dur poids de la vie et de la liberté… L’horrible responsabilité de ses choix !

Le désir de ton compagnon de partir seul faire le tour du monde a dû être très difficile à recevoir pour toi, pour au moins deux raisons : le désir de partir d’une part ; et seul de l’autre. Que cherche-t-il ? Impossible de le savoir (le sait-il lui-même ?). Espérons juste qu’il le trouvera.

Et si chaque personne est unique, chaque couple l’est également, et doublement : dans le caractère unique des deux personnes et dans leur manière unique de se lier. Ainsi je ne juge en rien le comportement de ton conjoint. Je me mets juste de ton côté, en me disant que cela doit être difficile.

Mais pour revenir à ton choix actuel (partir ou non) et à tes peurs de te lancer… Je n’ai aucune réponse directe à te donner, si ce n’est ce genre de citation (un peu surfaite) :

vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie afin de n’avoir aucun regret.

Bon, la politique « zéro regret », je n’y crois pas trop. Mais je pense que c’est un cap inspirant à suivre.

Deux grandes questions découlent de ton interrogation :

  1. Regretterais-tu de ne pas être partie voyager ?
  2. Souhaites-tu réellement voyager ?

Voyager n’est pas, à mes yeux, « une chose à faire absolument ». Ce n’est pas un passage obligé. C’est un goût personnel, un choix. Certains aiment voyager, d’autres développent d’autres passions et centres d’intérêt.

Et puis il y a voyage et voyage. C’est sûr, le voyage au long cours implique une dynamique différente, une expérience de vie fort différente. Mais ce n’est pas pour autant que le voyage au long cours est la seule solution possible.

En fonction des deux questions précédentes (« est-ce que je risque de le regretter si je ne le fais pas ? » et « est-ce que je veux voyager au long cours ? »), la suite est d’une logique implacable :

si tu réponds oui à ces deux interrogations, n’hésite pas plus longtemps.

Pour ce qui est de la peur de se lancer, la peur de tout quitter et la peur de voyager seule… J’ai envie de te dire que la peur est normale. C’est un signal, un reste de l’évolution : notre cerveau nous signale le risque d’un danger. Comme la sensation de faim est un signal. Un signal, rien de plus. Quelque chose que l’on peut accueillir, reconnaître… mais auquel on ne doit pas se soumettre.

La peur n’est donc pas négative en soi.

Pour y aller progressivement, tu pourrais te fixer des objectifs intermédiaires. Plutôt que de quitter boulot, appart, amis… directement pour un an, tu pourrais faire le projet de partir 2 ou 3 semaines seule, dans un pays européen que tu ne connais pas (ou un pays dont tu connais la langue).

Y aller progressivement, prendre tes marques.

Ensuite, pour partir, tu peux également construire un projet pour te guider dans les premiers pas du voyage. Par exemple, anticiper et suivre un cours de langue. Et/ou décider de te joindre à un projet humanitaire pour 1 mois, prendre tes marques grâce à l’organisme puis poursuivre seule ton exploration du pays/continent…

A priori, je ne recommande pas un tour du monde. C’est un peu le « fast food » du voyage : essayer de faire tout et vite.
Réfléchis plutôt à ce qui t’intéresse.

Un angle d’approche particulier ? Une culture précise ? Une région du monde spécifique ?

Il y aura toujours une partie de la mappemonde qui accrochera plus ton regard qu’une autre. Parfois on peut l’expliquer, parfois (souvent) pas. C’est comme un coup de cœur, cela défie la logique. Fais-toi confiance dans ce choix.

Tu n’es pas la première à m’écrire avec ce genre de remise en question et de doutes (je ne sais pas si cela te rassure ou te fais sentir moins seule !). Je pense du coup à écrire un petit article sur le site pour aider les autres qui sont dans le même cas que toi. Je pense que les réponses des autres lecteurs, avec leurs conseils et expériences, pourraient être enrichissantes.

Je te souhaite bonne chance face à ce choix, mais aussi pour la suite !

Amandine

Oser se lancer et oser voyager

Voyager est un choix personnel, ni bon, ni mauvais. Personnel. Le voyage est souvent présenté comme très glamour, sublimé par des photos cartes postales agrémentées de citations philosophiques. Mais le voyage n’est pas une carte postale. Tout n’est pas toujours rose. Je parlerai d’ailleurs des principaux problèmes en voyage dans un autre article.

Le voyage n’est pas non plus « en dehors » de la vie et de ses réalités. Cela peut-être une autre réalité, une autre façon de vivre, un autre choix.

mer, Paracas
Vacances à la plage à la Laguna Grande

Et vous, avez-vous déjà vécu les mêmes angoisses que Julie ? Des expériences ou des conseils à partager ?

Si cet article fait écho chez vous à des envies ou des difficultés personnelles, n’hésitez pas à me contacter pour une demande de coaching. Psychologue de formation et coach de vie, je propose d’accompagner les (futurs) voyageurs pour un bout de cheminement personnel, à travers un coaching personnalisé selon vos envies, besoins et objectifs.


50 commentaires

  1. Amandine,

    Je vois que tu as choisi un très beau prénom comme nom d’emprunt ;D Je trouve que c’est une excellente idée de répondre à quelques lecteurs par le biais d’un article. Je sens que tu as réussi à faire passer un message rassurant et objectif qui, je l’espère, aidera ta lectrice dans son choix.

    Il est certain que voyager me prend parfois tellement aux tripes que j’ oublie que d’autres personnes peuvent éprouver des doutes ou des peurs différentes des miennes. Parfois, on a tellement envie d’entraîner l’autre dans ses aventures alors que celle-ci n’éprouve pas ce besoin de voyager. Il faut s’écouter et écouter les autres autour de soi pour respecter les choix de chacun.

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    • Merci Julie pour ton message ! Joli nom n’est-ce pas 😉 Mais pour clarifier aux yeux des autres lecteurs : non, ce n’est pas de toi qu’il s’agit ! 😉

      Et merci pour ton retour. Après avoir répondu par mail à « Julie », je me suis dit que, comme ce n’était pas le premier mail de ce type que je recevais, que je devrais en faire un article, afin de répondre aux interrogations d’autres futurs-voyageurs plus timides qui n’oseraient pas m’envoyer de message 😉

      S’écouter, écouter les autres… pas toujours évident tout cela ! Mais c’est la clé pour construire un projet de voyage sain et qui peut fonctionner sur le long terme.

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  2. Je partage entièrement ta vision des choses : voyager n’est pas un passage obligé et c’est bien de le rappeler. Si on est vraiment pas prêts à partir, le voyage peut vite se transformer en cauchemars plus qu’autre chose. J’espère que tout se passe bien en Amérique du sud, je vous suis sur Facebook principalement et vos photos font tellement envie que j’ai décidé que j’y mettrais les pieds en 2016 ! Merci de nous faire rêver 🙂

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    • Merci Sarah pour ton message. Ravie de voir que tu partages cette vision du voyage.

      Tout se passe très bien pour nous, mais nous avons quitté l’Amérique du Sud et sommes en Amérique Centrale : une nouvelle aventure !
      Merci de nous suivre avec autant d’enthousiasme ; ravie de voir que cela t’inspire pour de futurs voyages 🙂

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      • J’aurai plusieurs questions au sujet de ce continent d’ailleurs, notamment en ce qui concerne la sécurité des femmes qui y voyagent seules. Il y a-t-il vraiment autant de risques que ce que nous pouvons entendre ? Ou est-ce vraiment comme dans énormément de pays, il faut faire attention, mais c’est tout de même faisable ?

      • Difficile de répondre à tes questions Sarah, car l’Amérique centrale est pleine de contraste.

        De manière générale, je dirais qu’il n’y a pas de souci à voyager seul(e) en Amérique du Sud (comme partout, il y a des zones à risques et des quartiers à éviter…)? Et pour l’Amérique Centrale, nous n’avons encore rien vu, si ce n’est El Salvador où nous sommes arrivés il y a quelques jours.

        Mais de ce que nous apprenons en parlant avec les locaux et les voyageurs, il n’y a pas de souci pour les pays du sud de l’Amérique Centrale (Panama, Costa Rica, Nicaragua). Par contre, côté Salvador, Honduras… mieux vaut se faire conseiller/accompagner par des locaux, quitte à devoir prendre des tours pour repérer les lieux en toute sécurité. La violence ne se voit pas (lorsque l’on sait où l’on peut aller), mais elle est bien là…

        Mais j’en parlerai plus longuement par la suite sur le site 🙂

  3. Je rêvais de partir en Amérique du Sud depuis un bout de temps, mais je rêvais de faire le voyage solo, je pensais que je ne serais jamais capable de le faire, trop timide, pas assez confiance et puis les études finit, mille questions dans la tête, j’ai eu envie de sauter le pas, sans trop réfléchir, je prends le billet et deux mois après je débarque là-bas.

    Je n’avais voyagé aussi loin, aussi longtemps et surtout dans un pays ou je ne connais que les bases de langue. Dans l’avion mille questions, envie de faire demi-tour , le stress de ne pas réussir et puis quand tu descends de l’avion que tu réalises que tu te trouves à des milliers de kilomètres de chez toi, tu es envahi par un sentiment de LIBERTÉ et c’est sensation et juste géniale. Après pas trop le temps de réfléchir tu te débrouilles pour changer ton argent, chercher une chambre. Tu pars à la découverte de la ville et l’aventure commence.

    Dire que tout est facile quand tu voyages seul serait faux, des fois tu galères, tu te sens seul, mais tu apprends tellement, tu découvres le pays d’une autre manière, tu rencontres des tas de gens.
    Pour moi c’est l’expérience la plus chouette que j’ai fait alors foncez, voyager…

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    • Merci Céline pour ton témoignage ! De quoi motiver les futurs voyageurs inquiets.

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  4. Le premier voyage en solo c’est mémorable. Dans l’avion tu te rends compte que tu débarques dans un pays ou tu ne connais personne , dont tu ne parles pas la langue même si tu baragouines quelques mots d’anglais et tu te cramponnes à ton ‘lonely planet’. Et aussitôt arrivé tu es dans l’action : trouver un moyen de transport, chercher une chambre d’hôtel et tout s’enchaine très vite (plus de place pour les doutes). Tu sors de ta chambre pour explorer ‘ vite fait’ les environs et tu te retrouves 8 h plus tard a avoir marché des kilomètres. C’est là que tu te rends compte qu’en voyageant seul tu abordes tout ce qui se passe autour de toi comme une éponge (rien à voir avec le voyage à plusieurs). À ce moment-là, tu ressens une immense sensation de liberté et tu sais que tu vas vivre une expérience unique. 🙂

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    • Merci pour ton message Patrick qui transmet bien l’ambiance d’un premier grand voyage

      Dans le message reçu d’une lectrice dont je parle ici, il s’agit plus souvent de la crainte de faire un choix : partir ou pas, l’étape avant le premier saut ! Espérons qu’elle puisse connaître par la suite ces moments uniques du premier voyage comme ceux que tu nous partages.

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  5. Très bonne idée de répondre, à travers le témoignage et les craintes de Julie (dans lesquels chaque « apprenti-voyageur » peut se retrouver), à tous ceux qui doutent avant de se lancer dans l’aventure. Touchant, et juste. Comme tous tes articles d’ailleurs ;)

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    • Merci AnnaJo pour ton message, ravie que l’article te plaise !
      Et merci pour tes retours pleins de sensibilités et d’encouragements :)

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