Un sac sur le dos
Amandine

Plus qu’une envie, un besoin. Celui de quitter les quatre murs qui nous abritent des vents froids de l’hiver. Celui de montrer à notre bébé que le monde est beau, y compris quand le froid vient rougir le bout de son nez. Celui de prendre l’air, ne fût-ce que quelques jours… Et nous voilà parti·es pour Harz, une région d’Allemagne que nous ne connaissions pas du tout, pour découvrir les villes de Wernigerode et de Quedlinburg et le parc national du Harz.

Vive l’hiver !

L’hiver, j’ai appris à l’aimer une fois adulte. Après mon premier séjour au Canada, je suis revenue amoureuse des paysages blancs, des grands espaces naturels plongés en hibernation et recouverts d’une pellicule glacée. Depuis lors, chaque hiver, j’aime prévoir deux voyages : un pour chercher le soleil et un pour profiter des merveilles de l’hiver. Cette année, le soleil, nous sommes allé·es le chercher en Espagne. L’occasion de présenter notre bébé à la famille de François. Et l’hiver merveilleux, nous l’avons trouvé ici, dans la région des montagnes de Harz.

Après avoir exploré le sud de l’Allemagne, aussi bien à l’est qu’à l’ouest en passant par la Suisse saxonne, Les Alpes bavaroises et la Sarre ; après avoir découvert le Nord et ses péninsules et iles dans la Baltique… il nous manquait de voyager dans le centre de ce grand pays ! C’est comme cela, un peu comme on lance une fléchette sur une carte du monde, que nous avons jeté notre dévolu sur la région de Harz, les villes de Wernigerode et Quedlinburg… et surtout les beautés naturelles de cette région. Au programme : citytrip, lynx, train à vapeur et pont suspendu !

Deuxième voyage de Manea

Si Manea a beaucoup voyagé « in utero », l’Allemagne, du haut de ses 5 mois 1/2 (oui, le 1/2 ça compte à cet âge-là !), est son second voyage. Un voyage qui commence fort. Hésitation extrême devant le nez qui coule et la petite toux. Partir ? Rester ? François, qui était mandaté par l’Office de Tourisme pour faire des photos de la région, prend finalement le volant seul au matin. Je reste avec Manea bien au chaud chez nous.

En tout cas c’était le plan.

Mais celleux qui suivent nos stories sur Instagram savent à quel point nous ne suivons jamais aucun plan ! Notre bébé, à qui l’enfermement va aussi mal qu’à ses parents, réclame des balades. Je sors avec lui plusieurs fois sur la journée… jusqu’à ce qu’en après-midi, François m’appelle depuis Wernigerode, au pied des montagnes du Harz.

Tu sais, la météo est meilleure ici : il fait moins froid, il y a moins de vent et moins de pluie…

Manea allant mieux, ni une ni deux, je prépare en vitesse le sac que j’avais défait au matin pendant que François nous commande un ticket de train. Et me voici partie avec mon bébé pour son premier train à grande vitesse pour rejoindre son papa en Allemagne.

Ville de Wernigerode

La région de Harz en 5 coups de cœur

Wernigerode, féérie au château

Le jour de son arrivée, François a visité Wernigerode. De ces stories sur Instagram, j’ai aimé les maisons à colombage et la place colorée au cœur de la vieille ville. Une fois réunis, il me raconte l’histoire de cette ville qui a subi plusieurs gros incendies, remaniant des quartiers entiers. Plusieurs siècles et styles cohabitent ainsi joyeusement.

Petites rues de Wernigerode
Promenade nocturne à Wernigerode

Mais de Wernigerode, ce qui frappe souvent le·a visiteur·euse, c’est son château aux allures de conte de fées… Et pour cause, l’architecte a volontairement remanié cet édifice au début du 20e siècle pour apporter un peu de féérie au village. En somme, le procédé inverse du château de Neuschwanstein que j’avais vu en Bavière et qui aurait inspiré Disney.

Chateau féérique de Wernigerode
Tourelle de Wernigerode

Train à vapeur

Si les lynx ont été un motif de premier ordre dans le choix de voyager dans cette région, le train à vapeur n’a pas laissé François indifférent ! C’est simple, je pense qu’il lui est physiquement impossible de voyager dans une zone où circule un train à vapeur sans au moins aller jeter un coup d’œil, voire, si, possible, monter à bord.

Mais notre histoire avec ce train à vapeur n’est pas sans rebondissements ! Arrivés de bon matin pour embarquer à la gare de Schierke et rouler jusqu’à celle du mont Brocken, nous nous sommes vu·es refuser l’achat des tickets… La voie était coupée pour cause d’excès de neige tombée pendant la nuit. Le train n’ira pas plus loin. Dépité·es, nous profitons néanmoins du plaisir d’admirer cette belle locomotive.

Train à vapeur à la gare de Schierke

Vu qu’il semble Impossible de savoir si ou quand le trajet sera rétabli, nous retournons en ville pour manger, sans nous douter à ce moment-là que la persévérance de François nous ferait reprendre la route de la gare en début d’après-midi. Et quelle bonne idée ! François se positionne pour prendre la photo dont il rêvait. Je l’attendais dans la voiture, avec mon bébé endormi, et je l’ai vu revenir avec un grand sourire aux lèvres. Objectif atteint !

Train à vapeur The Brockenbahn

Info bonus : c’est un coin très en vogue pour les amateur·trices de luge !

Réserve des lynx

Cette réserve, ces lynx, depuis que j’ai appris leur existence, je n’ai fait qu’en rêver. Je n’ai pas encore eu la chance de voir ces animaux en vrai !

Mais ce matin-là, le ciel est bas. Il fait brumeux, il pleuvine, il fait froid et, cerise sur le gâteau, le sol est glissant. Je regarde mon petit bébé si confiant, endormi avec un sourire aux lèvres dans son siège auto, et je me dis non, pas cette fois. François nous fait pendre un peu d’avance et nous dépose à notre hôtel de Quedlinbourg. Lorsqu’il reprend la route vers la réserve au pas de course, je lui fais promettre de prendre plein de belles photos pour partager son aventure avec nous à son retour.

Il promet. Il roule jusqu’au téléférique qui le dépose dans le parc. Et il court. Il ne lui reste que peu de temps pour arriver à l’heure où les lynx sont nourris, seul moment où ils sont facilement visibles aux abords de leur réserve. Sur son chemin, il verra tomber plusieurs marcheur·euses pressé·es, déséquilibré·es par la neige glacée. Ce trajet qui est estimé à 1h de randonnée, c’est en une demi-heure en courant qu’il le réalise. Essoufflé, heureux et surexcité à l’idée de rencontrer ces gros chats, il se met en position et attend… D’autres curieux·ses commencent à s’amonceler devant les limites de la réserve et un membre de la réserve fait son apparition pour décrypter le comportement et sensibiliser son public à l’environnement des lynx. Son appareil photo à la main, François se régale du spectacle et ne manque pas le moindre bâillement de ces félins aux airs si doux.

Lynx dans les bois enneigés
Lynx en balade
Lynx en mode gros chat
Téléphérique vers la réserve des lynx
Feuilles d’automne gelées par l’hiver

Informations pratiques

Le mieux pour observer les lynx de près est d’y aller quand ils sont nourris, c’est à dire le samedi à 14h.

Quedlinburg, un village de contes de fées

Lorsque François m’a déposée avec Manea alors qu’il repartait voir les lynx, j’en ai profité pour prendre un peu d’avance et avoir un premier contact avec la ville. Avant même de quitter l’hôtel, la vue sur la place du marché depuis mes fenêtres avait suffi à me séduire et me donner envie de découvrir cette ville ! Manea dans son porte-bébé, bien emmitouflé dans mon grand manteau de portage, nous sommes sorti·es nous promener dans les ruelles piétonnes du centre-ville historique. Moi qui n’ai pas visité Wernigerode, j’ai eu l’impression de prendre ma revanche en maison à colombages ! Cette promenade sera une un ravissement pour les yeux… et le ventre, avec les cookies au chocolat que je déniche dans un petit magasin.

Vue sur la place du marché de Quedlinburg

Le lendemain, une visite guidée est prévue. Nous rejoignons notre guide sur la place du marché, avec Manea endormi dans son porte-bébé… C’était d’ailleurs ma fierté du jour : avoir réussi à l’enlever du porte-bébé alors qu’il dormait après une première balade matinale, le laisser faire une sieste de 20 minutes dans le lit, puis le remettre dans le porte-bébé et nous rhabiller pour sortir… le tout dans le réveiller !

Directement, je perçois chez la guide qui nous accueille un je ne sais quoi de pétillant et passionné. Ses premiers mots viennent confirmer cette impression :

– Qu’aimeriez-vous voir, quels sont vos intérêts ?

– Ce qui est beau, ce qui est UNESCO…

– Mais tout est beau à Quedlinburg !

Je sens que nous avons gagné des points en parlant du statut UNESCO de sa chère ville. Elle commence par nous dire que Quedlinburg est unique sur bien des aspects.

Par exemple, c’est une ville n’a jamais subi de grand incendie. Toutes les maisons sont intactes, uniquement marquées par le passage du temps qui défraichit ça et là certaines façades en attente de restauration. La ville est un musée à ciel ouvert pour les amoureux·ses du colombage, bien sûr, mais également pour les mordu·es d’architecture. Les époques se mélangent dans les rues, et parfois même sur une même façade qui a essayé de suivre la mode en transformant ses atours comme on change sa garde-robe.

Petite rue de Quedlinburg
Maisons à colombage de Quedlinburg

Nos pas nous mènent vers le château qui surplombe la ville. Notre guide nous parle des murailles qui entouraient avant la ville, mais que l’on a supprimées afin d’enlever toute idée de ségrégation. Aux pieds des contreforts du château, des jardins en terrasse apparaissent. Nous les découvrons recouverts de neige, mais cela ne m’empêche pas de m’imaginer le plaisir que cela doit être de s’y promener sous le soleil d’été et de se poser sur un petit banc au milieu des plantations. Ces jardins ont été créés par les habitant·es du quartier et sont partagés entre tous·tes. Un bel exemple du renouveau qui émerge à Quedlinburg, avec de jeunes adultes motivé·es à valoriser leur quartier et son patrimoine tout en le faisant évoluer.

Maisons colorées de Quedlinburg
Aux abords du château de Quedlinburg

Nos pas et nos paroles filent sous les flocons qui virevoltent avec douceur. D’un fil à l’autre, nous abordons la question de la préservation du patrimoine versus de l’évolution. Préserver ou innover ? Perdre son passé pour créer son futur ? Vaut-il mieux figer artificiellement une ville dans son image des siècles passés, en tant que patrimoine protégé ? Ou permettre la nouveauté au prix de certaines transformations ? Un sujet passionnant qui, je pense, ne peut être résolu avec une réponse simple et unique. Il y a autant de réponses qu’il y a de villes, quartiers, rues et maisons. Autant de réponses qu’il y a de contextes et de vies concernées… D’ailleurs si vous avez un avis sur la question, je serais très intéressée à vous lire dans les commentaires.

Du haut des terrasses du château, nous contemplons la ville en contrebas. Mon regard est aimanté par les toits orangés. Tous ces toits si différents les uns des autres, dans leur forme et leur taille. Si différents qu’ils forment un tableau improbable… Comme l’impression de contempler un dessin d’enfant où les lignes se font courbes. Ou un paysage vivant, à l’image de l’architecture prônée par Gaudi.

Vue depuis le château de Quedlinburg

Nous quittons les hauteurs du château pour redescendre via le quartier plus touristique en direction de la place du marché. Encore quelques belles ruelles, des maisons surprenantes, certaines avec un petit air bancal, une brasserie traditionnelle…

Je retiens également de cette visite ma surprise à découvrir que cette ville était membre de la Ligue hanséatique… un joli rappel à notre précédent voyage en Allemagne, du côté de la mer Baltique.

Pont suspendu, le Titan

J’aime les ponts suspendus. Et François sans doute encore plus que moi ! Lors d’un de nos premiers roadtrip en couple, nous avions fait un grand détour en Andalousie pour aller marcher sur celui de la région de Grenade, à Monachil.

Nostalgie en regardant ces photos… et doux sourire : si physiquement nous avons changé, nous restons à l’intérieur les mêmes grands enfants ! Car depuis lors, nous avons récidivé (notamment au Japon, pour notre première incursion à Shikoku, où nous repartons dans quelques jours pour faire le pèlerinage !). Et encore ici, en Allemagne, avec le premier pont suspendu de Manea… Et mon petit doigt me dit que ce ne sera pas le dernier !

François, l’Indiana Jones (presque) japonais !

Pourquoi cet amour des ponts suspendus ? Sans doute trop de visionnages d’Indiana Jones et le Temple Maudit quand j’étais enfant. Le gout du frisson. Le plaisir de la vue…

Le Titan RT porte bien son nom : il est gigantesque ! Avec ses 458 m, c’est l’un des plus long pont suspendus pour piétons au monde.

Le Titan
Manea et moi sur le pont suspendu
Mon bébé, petit Indiana Jones sur son premier pont suspendu !
Vue sur le Titan
Le Titan avec la voie lactée

Informations pratiques

Bonus : une descente en tyrolienne est également proposée en saison plus chaude.

Harz et les merveilles de l’hiver

Ce weekend prolongé a été une bulle d’oxygène. L’occasion de se sentir connecté·es à la nature, mais aussi de se perdre aux détours de jolies ruelles pavées, le nez en l’air et les yeux rivés sur les détails des jolies maisons qui nous entouraient.

De beaux souvenirs de famille que nous nous créerons peu à peu… Vous pouvez d’ailleurs revivre cette escapade en images dans les stories Instagram.

Photo des étoiles au dessus du lac de barrage

En partenartiat avec les Offices de Tourisme d’Allemagne et de Harz.

Commentaires

  1. Un grand merci Amandine pour ce nouveau récit, toujours aussi captivant de vous lire. Et toujours plein de bonnes d’idées à suivre 😉

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