Un sac sur le dos
Amandine

La décision est tombée comme la lame d’une guillotine. Elle planait, telle l’épée de Damoclès, depuis quelques jours. Depuis ce coup de téléphone du médecin. Résultat sans appel : mononucléose. Encore. Et moi qui pensais que cela n’arrivait qu’une fois dans la vie, voire deux selon certaines légendes urbaines, et seulement aux gens très malchanceux. Je ne suis pas quelqu’un de très malchanceux, me dis-je. Cela n’arrive qu’aux autres. Toujours qu’aux autres.

Mais pas cette fois. La mononucléose, encore. Ce souvenir de voyage, ramené de Bolivie en 2013, revient me hanter 3 ans et demi plus tard. Salut toi, tu ne m’avais pas manqué…

Et dire que c’est un souvenir de voyage qui m’oblige à annuler ce voyage.
Paradoxe.

Un voyage avorté

La décision est tombée, les larmes ont coulé. Il faut être raisonnable, me dit François, ce n’est pas ta faute, me répète-t-il. Tu n’en profiteras pas. Tu n’y arriveras pas. Par bravade, je nie, je conteste, je mens. Je vais mieux, ça va aller, on ne peut pas savoir tant qu’on n’a pas essayé.

Un mal mal tombé et si difficile à saisir. Depuis 4 semaines il embrume mon esprit. La dernière fois, cela avait duré 5 mois… Personne ne peut dire combien de temps cela durera cette fois. 4 jours ? 4 semaines ? 4 mois ?

Je vous écris ces mots depuis la salle d’attente du médecin. J’ai l’impression d’être atteinte d’une maladie grave. Antivoyagite aigüe. Ma tête ballote au-dessus de ma tablette alors que mes doigts pianotent. Ne pas s’endormir. Une porte s’ouvre, c’est à moi.

Ça y est, j’ai mon papier. Celui qui ira dans mon dossier pour annuler mon congé sabbatique et régulariser ma situation. Je passe du statut de voyageuse à celui de malade. Une étiquette que je porte avec moins de grâce.

Je m’endors à nouveau. Somnolence. Réveil brumeux.

Cauchemar éveillé et rêve attrapé…

Rêve attrapé (© Andreas Wagner)

Voyager en étant malade

Voyager avec une maladie, un sujet dont je ne suis pas totalement étrangère. Mis à part des maladies plus ou moins impressionnantes attrapées sur les routes, je voyage depuis quelques années avec deux maladies : la maladie de Raynaud (trouble de la circulation sanguine impliquant une difficulté à gérer les températures extrêmes) et une gastrite chronique (particulièrement encombrante dans les pays où toutes les spécialités gastronomiques sont piquantes, comme au Sri Lanka).

Voyager avec une maladie (ou un handicap) n’est pas forcément un pari impossible (comme le prouvent Audrey, Blandine et d’autres voyageurs inspirants). Cela dépend pour beaucoup du voyageur et de comment il est affecté, des solutions pour soulager ou prévenir l’inconfort ou la douleur…

Voyager avec une mononucléose, si elle est légère et de courte durée, n’est pas trop invalidant… Mais vu ma réaction à la première apparition de la maladie et la façon dont elle m’atteint actuellement depuis quelques semaines, disons que les pronostics ne sont pas de mon côté.

J’ai donc écouté la raison, incarnée, pour une fois, par les traits de François.
Je capitule. J’annule.

Un rêve attrapé

Dans l’article sorti il y a 11 jours, je vous parlais de notre nouvelle folie, notre dernier rêve : un congé sabbatique de 4 mois autour du monde. Joueuse, je vous faisais deviner nos destinations. Même si cela n’a plus beaucoup de sens aujourd’hui, voici ce que nous vous cachions :

De tout ce programme, nous ne préservons que le premier voyage, en Allemagne (de sublimes décors où j’ai fait de beaux et nombreux rêves… et dont vous pouvez voir nos photos sur Instagram), et le dernier, à Zanzibar (en comptant sur le fait que j’irai mieux). Bye bye Islande, Canada, Norvège, Japon, Guadeloupe. J’espère que ce n’est qu’un au revoir et que nous pourrons bientôt nous rattraper…

Voyageuse (© Meiying Ng)
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Commentaires

  1. Arf dur…courage, tu pourras rebondir plus tard !!! C’est bizarre cette maladie quand même, ça a à la fois l’air pas trop grave mais bien chiant aussi…tu repartiras plus forte !!!

    • Merci beaucoup Nicolas !
      C’est vraiment ça : une maladie difficile à saisir… Pour le moment, elle me met bien KO, je passe mes journées (et mes nuits) à dormir, avec peu de moment de réelle conscience… mais je sais qu’avec un peu (beaucoup) de patience, j’arrivera au bout de tout ça.
      En ressortir plus forte, je ne sais pas… mais tout aussi déterminée !

      • Bonjour Amandine,

        Je passe par hasard sur ton blog et suis interpellée par cette mononucléose réactivée et ta description des symptômes, ainsi que cette maladie du sang et ta gastrite chronique… Est ce qu’on t’a déjà parlé de la maladie de lyme ?
        Bon courage en tout cas et je te souhaite de retrouver ton énergie et la santé pour pouvoir partir découvrir le monde.

        Justine

      • Bonjour Justine, merci pour ton message. La maladie de lyme ?… J’en avais vaguement entendu parlé, mais sans jamais l’envisager pour mon cas. Je vais me renseigner, mais je ne pense pas que ce soit ça d’après mes premières recherches rapides sur internet… Tu as toi-même ce genre de maladie/symptôme ?

        Merci beaucoup en tout cas pour ta sollicitude et tes encouragements 🙂

        Je me remets de ma mononucléose (même si je reste vite fatiguable) et on repart demain pour un en Islande et au Canada 🙂
        Au plaisir d’échanger dans de futurs commentaires.

  2. Dur dur mais ce n’est que partie remise, pour un départ en forme pour profiter à fond ! En attendant bon courage à toi j’espère que tu te remettras vite 🙂

    • Merci Sabine 🙂 Oui ce n’est que partie remise… Sans doute pas pour le même projet exactement, car de la même manière qu’on ne réécrit pas deux fois un mail après en avoir perdu la première version, nous réinventerons de nouveaux projets…

  3. On partira ensemble très loin! Et en attendant, il nous reste tant de voyages immobiles à faire ensemble, de chansons improbables à siffloter après avoir vu un film indien, d’itinéraires à inventer en engloutissant un repas toujours trop copieux!
    J’ai beaucoup pensé à vous en Thaïlande, en voyant ces paysages brutes défiler.

    <3

  4. Oh! Comme je suis triste pour vous! Pour avoir déjà eu une mononucléose, je peux très bien imaginer comment tu te sens… Perso, j’étais incapable de bouger le petit doigt et je me rappelle encore à quel point j’avais mal partout. Il y a quelques années, j’ai dû annuler un voyage au Vietnam, pays avec lequel j’avais déjà quelques rendez-vous manqués, à cause d’une pneumonie. Le médecin m’avait alors conseillé de ne pas voyager pendant quelques mois. Je ne suis toujours pas allée au Vietnam (ça viendra!), mais j’ai compris qu’il faut que je fasse un peu plus attention à ma santé. Bref, je te souhaite beaucoup de repos. Surtout, il ne faut pas t’en faire: tous ces beaux voyages, tu les feras! À très bientôt au Québec! Bisous!

    • Merci beaucoup Marie-Julie <3
      C'est ma deuxième et je prie secrètement pour que ce soit la dernière, mais apparemment impossible de dire si ce virus se réactivera encore ou non... Surprise !
      Repos forcé... pas trop mon truc ; surtout que c'est une sorte de repos où je n'arrive à rien faire de productif, absolument rien ; et c'est très frustrant ! Mais je sais que ça finira par passer, même si cela prend des semaines ou des mois, ça finira.
      Au plaisir de se revoir au Québec, en Europe ou ailleurs 🙂

  5. Merci beaucoup Fred. Vos photos d’Islande nous ont fait rêver de cette ile sur laquelle nous allions enfin poser les pieds… mais ce sera apparemment pour une prochaine fois.
    Oui, les décisions raisonnables, c’est pas trop notre truc ; mais François a été là pour être raisonnable pour deux.
    Merci beaucoup pour ton message et au plaisir de vous revoir un de ces quatre (quand je dormirai peut-être un peu moins !).

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