Louer une voiture au Japon, une bonne idée que nous avons eue en préparant notre second voyage au pays du soleil levant. Est-ce compliqué de prendre une voiture de location ? Est-ce difficile de rouler au Japon ? On vous raconte tout cela ! Voici notre retour d’expérience et nos conseils pour partir à votre tour faire un roadtrip au Japon.

Louer une voiture au Japon : une idée folle ?

C’est la première réaction que nous avons eue lors que nous parlions de notre projet :

Mais vous êtes fous ! Non seulement, ils roulent à gauche et dans des voitures automatiques, mais en plus les panneaux son écris en caractères indéchiffrables !

Les pronostiques étaient mauvais : on nous voyait perdus dans la campagne, voire au fond d’un ravin.
Bilan ? Et bien, comme nous nous y attendions, tout s’est bien passé. Très bien même ! Les Japonais sont tout aussi aimables à pied qu’en voiture : la courtoisie et la gentillesse nippone au volant nous ont étonnés tout au long de ce roadtrip. On roule posément, sans presser, sans klaxonner… et ce même dans les grandes villes !

Pour ce qui est de rouler à gauche ou avec une voiture automatique, ce n’était pas notre première fois… mais bien la première fois que nous combinions les deux. Aucun souci de ce côté-là, c’est une question d’habitude, qui se prend assez vite une fois sur place.

Et enfin, la question qui revient le plus souvent : comment se repérer sur les routes japonaises. Très simple : avec un GPS ! La voiture de location était équipée d’un GPS, mais j’avoue qu’il n’était pas évident de savoir sur quel bouton pousser, car même si l’interface avait été mise en anglais juste avant que nous n’embarquions, les boutons tout autour du GPS étaient eux en caractères japonais. La plupart du temps, ce GPS a très bien fait son travail, mais nous avons eu quelques moments de désespoir : un doigt qui glisse et change la langue par inadvertance, une destination qui ne correspond pas à ce que nous cherchons, une adresse incomplète… Et là, nous avons béni notre Pocket Wifi (dont je vous avais déjà parlé, et qui nous avait été très utile lors de notre premier voyage en train). Avec Internet accessible partout et un smartphone, nous avons pu utiliser Google Maps pour nous sortir des sentiers hasardeux et retrouver notre route.

Bref, non, louer une voiture au Japon n’est pas une idée folle ! C’est tout à fait faisable, beaucoup plus facile que l’on se l’imagine, et puis cela permet de découvrir des paysages différents et des régions du Japon difficilement accessibles en transport en commun. Je vous parle de notre itinéraire, nos découvertes et nos coups de coeur dans cet article.

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Au creux de la vallée Mitarai

Conseils pour louer une voiture au Japon

Permis de conduire traduit

Louer une voiture au Japon, cela ne s’improvise pas ! La première chose à faire est de faire traduire son permis de conduire en japonais. Le permis de conduire international n’est d’aucune utilité ici : il vous faut absolument une traduction certifiée. S’il est possible de le faire sur place, cela n’est pas conseillé, car la démarche est longue et très administrative.

Par contre, faire ça depuis chez soi, rien de plus simple ! Nous sommes passés par l’agence Vivre le Japon, dont nous gardions un excellent souvenir suite à notre premier voyage : nous étions passés par eux pour obtenir nos Japan Rail Pass et pour louer une maison à Kyoto. Et une fois de plus, nous avons été très satisfaits : facile et rapide, le document est directement envoyé chez soi par voie postale.

Séjour longue durée

La démarche est différente pour un voyage ou un séjour longue durée de plus d’un an. Dans le premier cas, vous pouvez vous occuper de faire les démarches vous-même, sans passer par une agence comme nous l’avons fait, pour faire traduire votre permis de conduire auprès de la Japan Automobile Federation (J.A.F.)

Et dans le cas d’un séjour de plus d’un an, il vous faudra obtenir un permis japonais au cours de votre première année sur place auprès du bureau des permis de conduire de la préfecture où vous résidez.

Plus d’informations sur le site de la J.A.F., de l’ambassade du Japon en France, en Belgique, en Suisse et au Canada.

Louer un scooteur ou une moto

Si vous souhaitez louer un scooteur ou une moto, il vous faudra également votre permis de conduire adéquat traduit en japonais.

Mario Kart IRL

Si vous voulez vivre Mario Kart en taille réelle, déguisé en votre plombier préféré dans les rues animées de Tokyo, c’est possible ! Mais il vous faudra, même pour cela, avoir le permis de conduire traduit, ce qui se comprend vu que les karts roulent sur les vraies routes, parmi la circulation quotidienne.

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Jouer à Mario Kart dans les rues de Tokyo

Réserver et louer une voiture

Pour la location de la voiture, c’est aussi Vivre le Japon qui s’est occupé de tout pour nous. Une fois arrivés à l’agence Nissan de Nara pour récupérer notre voiture de location, tout était prêt ! Cette agence de voyages possède sur son site web une FAQ bien complète sur la location de voiture au Japon et des petites vidéos explicatives assez sympas, n’hésitez pas à aller y faire un tour.

Pour ceux qui seraient encore trop anxieux pour franchir le pas de louer une voiture, cette agence propose un service équivalent à ses « travel angels » (que nous avons pu tester en louant la maison à Kyoto et qui ont été très utiles pour m’aider quand François a dû aller à l’hôpital) : la « Driving Assistance », qui permet d’avoir une assistance téléphonique au Japon, en français ou en anglais, pour aider en cas de souci, donner des conseils sur un itinéraire ou les bonnes pratiques dans un parking ou une station essence…

Lorsque vous arrivez pour récupérer votre voiture de location, n’oubliez pas d’avoir avec vous la confirmation de réservation, votre permis de conduire original et sa traduction, votre passeport et la carte de crédit avec laquelle vous avez fait la réservation ou la somme pour payer en liquide.

Et avant de partir, n’hésitez pas à demander que l’on vous change la langue du GPS, à moins que vous ne parliez japonais !

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Avec notre voiture de location au Japon (photo prise par ©NowMadNow)

Conseils pour rouler en voiture au Japon

Documents à avoir

Penser bien à avoir avec vous tant la traduction de votre permis que votre permis de conduire original et votre passeport. En cas de contrôle de police, les deux vous seront demandés.

Quelques règles de base

  • On roule à gauche, avec le volant à droite.
  • Les limitations de vitesse sont généralement de 30 à 50 km/h en ville, 60 km/h en dehors et 100 km/h sur l’autoroute.
  • Les feux sont le plus souvent situés de l’autre côté du carrefour : attention à s’arrêter avant le carrefour et pas en plein milieu !
  • Les panneaux sont standards : aucun souci pour comprendre un panneau stop. Et souvent, principalement dans les grandes villes et lieux touristiques, ils sont traduits en anglais.
  • Ne collez pas les autres voitures, laissez passer… bref, ayez une conduite fluide et respectueuse, à l’image des autres conducteurs.

Sur les routes nippones

Conduire dans un pays dont on ne comprend pas la langue, encore plus quand elle est indéchiffrable à nos yeux, peut faire peur. Pourtant, ce n’est finalement pas si difficile. Déjà, dans les grands axes, les panneaux sont très souvent écrits en caractères japonais « kanji » et en « romaji », nos caractères latins.

Ensuite, rien ne vous empêche d’apprendre quelques mots du vocabulaire routier afin de vous y retrouver :

  • kokudo : routes nationales, gratuites, balisées avec des panneaux bleus
  • kosoku doro ou jidosharo : autoroutes payantes, balisées avec des panneaux verts
  • highway, driveway, skyline : routes importantes entre deux villes, peuvent être gratuites ou payantes, balisées avec des panneaux circulaires bleus et une voiture blanche au centre
  • toshi kosokudoro : autoroutes urbaines, payantes

Sur les autoroutes payantes, ne prenez pas la voie ETC (télépéage), avec des panneaux bleus, mais la voie normale, avec des panneaux verts.

Conseils généraux

Si vous pouvez éviter les autoroutes payantes sans trop allonger votre trajet, cela peut être une bonne idée, surtout si cela vous emmène sur de jolies routes avec vue sur la mer, comme nous avons eu à Wakayama. Mais éviter les autoroutes n’est pas toujours le choix judicieux, surtout entre deux villes aux heures de pointe : nous avons eu un trajet cauchemardesque de 4 heures d’embouteillages, au lieu des 1 h 45 prévues, entre Wakayama et Nara le dernier jour.

L’essence est relativement bon marché, une bonne nouvelle pour le budget roadtrip. Certaines pompes ont des pompistes, d’autres sont en self-service. Certaines ressemblent à nos pompes, d’autres ont des tuyaux qui descendent du plafond !
 Généralement, les voitures de location ont besoin de l’essence « regular » (poignée rouge). En cas de doute ou de stress devant un écran uniquement en japonais dans une pompe self-service, n’hésitez pas à demander de l’aide.

Se garer peut être très compliqué, surtout dans les grandes villes. C’est entre autres pour cela que nous avons décidé de commencer notre roadtrip depuis Nara et non depuis Tokyo ou Kyoto. Il y a peu d’emplacements et ils sont souvent temporaires (maximum 1 heure de stationnement) et/ou payants… et chers : Tokyo fait partie des 5 villes aux parkings les plus chers au monde. Nous avons donc fait attention, lors de la réservation de nos logements, à choisir des établissements avec parking disponible et inclus dans le prix de la nuit afin d’éviter de tourner en rond inutilement.

L’obstacle des panneaux en kanji n’a pas été insurmontable, d’une part grâce aux traductions directement sur les panneaux en caractères latins sur les grands axes, et d’autre part grâce à notre GPS. Finalement, les panneaux qui nous ont donné le plus de fil à retordre sont ceux de nos hébergements, particulièrement celui près de Yunomine, où le nom n’était visible, depuis l’extérieur, qu’en caractères japonais. C’est ce qui arrive quand on sort des sentiers battus et qu’on va dans des endroits peu fréquentés par les touristes non japonais… et c’est aussi ce qui met du piquant dans cette aventure !

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Station essence au plafond au Japon

Budget pour louer une voiture au Japon

Clairement, louer une voiture au Japon n’est pas donné : en plus de la traduction du permis de conduire (65 € via l’agence), il faut compter environ 50 € par jour de location. À titre de comparaison, avec un Japan Rail Pass d’une semaine, prendre le train revient à environ 30 € par jour. Économiquement parlant, ce n’est pas donc pas le choix le plus judicieux. Alors, pourquoi louer une voiture ? Pour sortir des rails, découvrir le Japon où personne ne va, se perdre entre les montagnes et les collines verdoyantes, marcher le long d’un ruisseau, atteindre un temple où aucun train ne va, découvrir des villages où ne vont que les Japonais, gouter à de nouvelles spécialités régionales… Bref, les raisons ne manquent pas !

Je suis ravie d’avoir parcouru un bout du Japon en train lors de notre premier voyage : je pense que tout le monde devrait avoir la chance de tester les trains du Japon, de l’incroyable Shinkansen aux petits trains d’Hakone au charme montagnard. Pour un premier voyage au Japon, clairement, je vous recommande de tester le voyage en train ! Mais rien ne vous empêche, si vous êtes au Japon pour un voyage suffisamment long, de vous offrir une parenthèse de quelques jours, par exemple après une semaine de train ou entre deux semaines de Japan Rail Pass, pour faire un roadtrip hors de lieux touristiques.

Louer une voiture et rouler au Japon : une belle aventure !

Ce roadtrip au pays du soleil levant m’a rempli la tête d’images douces, belles et colorées. Des images de nature verdoyante aux airs de monde imaginaire à la Ghibli, faite de bambous, d’arbres majestueux, de feuilles si légères qu’on jurerait que ce sont des origamis de papier, de cascades se jetant avec panache du haut d’une falaise, de ruisseaux tranquilles se frayant leur chemin entre de grosses pierres aux tons clairs, de rochers éparpillés dans une mer si calme et si belle, de sentiers sinueux jouant à cachecache avec le soleil entre les branches des arbres et les piliers des toriis… Des images de villages aux petites maisons de bois, avec leur porte coulissante, leurs restaurants aux lanternes de papier rouge d’où s’échappent une odeur appétissante à toute heure du jour…

Des images que je garde précieusement en moi, comme un lien intemporel qui me relie au Japon… Jusqu’à notre prochain voyage !

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Lever de soleil depuis l’ile à Nachikatsuura

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