Un sac sur le dos
Amandine

Le Québec Maritime nous en a mis plein les yeux ! Deux  voies se sont dessinées dans notre itinéraire : celle des phares et celle de cet article. Cette semaine, nous commençons donc avec les parcs du Québec Maritime.

En pleine nature comme au musée…

Découvrir la nature d’un pays, c’est pour nous comme visiter un musée rempli d’œuvres d’art. Il y a des tableaux si anciens qu’ils nous connectent au monde tel qu’il était des siècles auparavant. Et des œuvres plus nouvelles pour nous rappeler que tout est en évolution constante. Des œuvres grandioses pour s’immerger dans quelque chose de plus grand que soi. Et des œuvres plus petites, pour nous rappeler que les merveilles sont toute autour de nous, et peuvent parfois paraitre insignifiantes au regard non averti. La nature est mon musée préféré. Elle me connecte au monde, au passé, au présent et à moi-même.

Et lors de notre séjour au Québec maritime, j’ai eu droit à de merveilleuses œuvres d’art ! Voici les cinq parcs que nous avons découverts lors de notre séjour.

Cinq parcs à découvrir au Québec Maritime 

Le parc national de Miguasha

Certains parcs ont le don de nous connecter à l’Histoire de notre planète. Et celui de Miguasha est l’endroit idéal pour cela. À peine l’entrée franchie, sous le drapeau UNESCO volant fièrement au vent, nous avons commencé à prendre la mesure de l’importance de ce site. 

Bond dans l’Histoire : nous voici en pleine ère du Dévonien.

Ici, les poissons et les plantes fossiles racontent notre histoire, celle de l’origine des premiers vertébrés terrestres il y a 380 millions d’années, à cette époque d’où d’étranges espèces amorçaient leur passage de l’eau à la terre.

(Extrait du site internet du parc national de Miguasha)

Visite du parc national de Miguasha

J’ai toujours été férue d’archéologie, et dans une moindre mesure de paléontologie… et ce site m’a fascinée. Notre guide, en plus de transmettre son expertise, nous a partagé son amour pour ces témoins d’un autre temps, et son enthousiasme tout particulier pour la pièce maitresse du musée…

Elpistostege watsoni 

Elpistostege watsoni, la star du musée

Un fossile unique au monde d’un poisson vertébré qui aurait été l’un des tout premiers (si pas le premier) à sortir la tête de l’eau. Imaginez un peu la révolution que cela représente. Jusque là, la vie n’était qu’aquatique. Nageoire aidant, la vie évoluait dans un univers bleu et sombre. Et tout à coup, voilà qu’un animal se distingue des autres en sortant la tête de l’eau. Lumière, air, terre. Tous ces éléments qui lui étaient étrangers et qui ont su attiser sa curiosité. L’évolution sur sa lancée… 

Après avoir visité le musée tout en s’amusant à tester les activités pour familles (nettoyer des pièces à l’aide d’un pinceau et d’un microscope, reconstituer un fossile façon puzzle), il ne reste plus qu’à… voir le parc ! Et oui, si le musée est implanté ici, c’est parce que c’est dans ce parc que chaque année des centaines de nouveaux fossiles sont découverts.

François nettoie un authentique fossile

Après quelques pas sur des sentiers boisés, nous arrivons au pied de la falaise. Elle s’offre à nous comme un livre ouvert, les strates glissant lentement dans la terre : un terrain idéal pour la fouille.

En sortant du site, des étoiles plein les yeux, François dit :

C’est le site le plus impressionnant sur le plan historique que j’ai vu avec celui de Torotoro en Bolivie.

Dans les Andes, nous avons posé nos pieds à côté des traces boueuses de dinosaures. Ici, nous avons observé la vie à l’un de ses embranchements de première importance. Et mon petit bébé fera le chemin inverse du nôtre, le plus logique sur le plan chronologique. D’abord les premiers vertébrés et, d’ici quelques mois ou années, selon comment notre voyage progresse, il pourra lui aussi mettre ses petits pieds dans les traces des géants du Jurassique.

Une falaise riche en histoires
Les strates de la falaise, comme les chapitres de l’Histoire

En bonus : le point de vue Mont-Saint-Joseph

Après cette belle visite, nous sommes allé·es admirer la vue depuis le Mont-Saint-Jospeh. Un superbe point de vue sur la baie des Chaleurs et la possibilité de faire quelques randonnées.

Au point de vue Mont-Saint-Joseph
Photo souvenir au point de vue Mont-Saint-Joseph

Notre Logement

Nous avions prévu de faire du camping… mais la vague de froid qui sévissait à ce moment-là nous en a dissuadés ! Nous avons été à l’Hostellerie Baie Bleue pour une nuit, et avons eu une très bonne expérience. Le long de la route principale, c’est un lieu idéal pour une jolie étape avec vue sur la mer. Nous avions pris une chambre basique, très propre et confortable. Il y a également des chambres plus luxueuses et des studios. Le petit-déjeuner est servi dans le bar sportif, qui donne l’impression d’être transporté·e dans un film ou une série télévisée !

L’hôtel sur Booking et sur Agoda.

Le Rocher Percé, falaises, iles et oiseaux

C’est une des vues qui restera pour moi parmi les plus emblématiques de notre voyage dansles parcs du Québec Maritime et de Gaspésie : la vue sur le Rocher Percé. Magnifique ! Il faut dire, je tombe souvent en amour des pierres et des iles… 

Le Géoparc de Percé

Un parc dont on ne peut que tomber sous le charme dès les premières minutes. En arrivant depuis la route avec une vue ouverte sur le fameux rocher au loin, l’entrée du parc nous en met plein la vue avec la falaise qui ferme l’horizon. Sur la terre ferme, ce parc à plusieurs attraits et randonnées proposées aux visiteur·euses. Le plus spectaculaire étant sans conteste la vue depuis la plateforme vitrée.

Point de vue du Géoparc de Percé
Point de vue depuis la plateforme du Géoparc de Percé
Point de vue sur le Rocher-Percé

Une fois en haut, nous avons fait deux petites randonnées. La première jusqu’à un point de vue sur les falaises, la forêt et la mer : le belvédère de la Grise. Ensuite, je n’ai pas résisté au nom de la seconde marche : la forêt magique ! Quand on me promet une forêt enchantée, j’y cours avec des images de congé de fées plein la tête ! 

Et c’est à peu près cela que nous avons eu le plaisir de découvrir. Des fleurs, des arbres verdoyants… et encore beaucoup de neige ! En plein mois de juin, normal ! Les stars du lieu sont les arbres aux troncs si tordus qu’ils ont l’air de s’être immobilisés en pleine danse… Surement reprennent-ils leurs mouvements une fois débarrassés des passant·es ?

Le Géoparc possède également un musée à ne pas rater. Nous l’avons adoré pour son originalité, son interactivité, sa mise en scène, ses effets sons et lumières et son aspect « family friendly ». Cette attraction, ils l’ont appelée : Tektonic, ou le spectacle de « la liseuse de Bonaventure ». J’ai presque envie de ne pas vous en dire plus pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise… Tout ce que je peux dire : laissez-vous tenter par l’aventure !

Le Musée interactif du Géoparc de Percé
Musée du Géoparc de Percé

En pratique

Il est possible de se rendre à la plateforme à pieds ou via une navette (payante). Il y a un droit d’accès à la plateforme qui est comprise dans le pass du parc. Le pass donne aussi accès au musée.

Et quand vous aurez fini de vous promener dans le parc, n’oubliez pas le bord de mer. C’est si beau ! Et, petit bonus intéressant pour les familles : il y a une toute petite plaine de jeu près du quai, et une autre plus grande un peu plus loin.

Le Rocher-Percé vu depuis la rive
Tétée dans le porte-bébé en bord de mer

Le parc national de l’ile-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé

Le Rocher Percé s’admire depuis la rive… mais aussi en pleine mer ! Dans un bateau, nous sommes parti·es faire le tour de l’ilot rocheux avant de mettre le cap sur l’ile Bonaventure.

Voir le Rocher Percé de près donne un tout autre rapport à cette roche éclaboussée par les vagues. De loin, il a l’air immobile, sans vie. À ses pieds, on sent à quel point il résiste aux éléments, vagues et vent lui opposant une force permanente. Et l’on se rend compte aussi que ce rocher est plein de vie. Il abrite sur ses parois et son sommet des dizaines d’oiseaux marins… Mais côté oiseaux, le véritable spectacle se trouve sur l’ile Bonaventure.

Balade en bateau pour observer les oiseaux

Déjà, quel nom ! Avant même d’apercevoir ses côtes, on a déjà l’impression de humer un parfum d’aventure. Sur le bateau, on se prend pour un·e explorateur·trice ou un·e pirate parti·e en quête de beautés et de richesses… et d’oiseaux ! Oui, encore eux ! C’est ici que j’ai admiré l’un de mes plus beaux spectacles aériens ! Des centaines d’oiseaux volant en tout sens, décollant, atterrissant, plongeant dans l’eau pour attraper leur proie, ou planant tout simplement au-dessus de notre embarcation.

Que c’est insolite de voir voler des pingouins ! Car oui, les pingouins volent… ce sont les manchots qui restent au sol (ou sous l’eau). Saviez-vous que nous possédons la seule langue distinguant ces deux animaux, le pingouin et le manchot ? Dans toutes les autres langues, le mot pingouin suffit pour désigner ces deux espèces pourtant différentes. Mais comme je comprends cet amalgame : les premiers pingouins que j’ai vu voler m’ont fait l’effet d’un choc. Je me suis crue dans une de ces publicités surréalistes où les animaux avaient d’étranges pouvoirs. À force d’avoir vu de près tellement de manchots en Antarctique, cela m’a fait très bizarre !

Colonies d’oiseaux marins
Des oiseaux par centaines

Cela dit, les vraies stars du lieu ne sont pas les pingouins, mais bien les fous de Bassan. Ils ont choisi cette ile pour y établir l’une de leurs plus grandes colonies au monde. Une fois arrivés au quai et le pied posé sur la terre ferme de l’ile Bonaventure, nous nous mettons en route pour aller les observer plus près. Pendant trois quarts d’heure, nous suivons le sentier des Colonies, marchant à l’ombre des arbres, surprenant de temps à autre un petit oiseau curieux. Pas besoin de regarder le plan pour savoir que nous sommes proches du but : le chant, que dis-je, le cri des oiseaux se fait entendre plusieurs minutes avant de pouvoir les voir !

Et tout à coup, une nuée blanche et jaune clair s’étend à nos pieds. Il y en a tant ! Pour moi, ils se ressemblent tellement qu’on dirait des clones, tous occupés à leurs activités bien rangés l’un à côté de l’autre… Peut-être pensent-ils la même chose de ces drôles de bipèdes qui viennent les observer ? Pour accueillir les marcheur·euses, un·e garde ornithologue veille et répond à toutes les questions sur ces beaux oiseaux.

Parce que, en toute subjectivité, qu’est-ce qu’ils sont beaux ! 

À mesure que je m’approchais et pouvais voir le détail de leur plumage, mon admiration pour leur beauté augmentait. Ils ont l’air si doux ! Tout à coup, à côté d’eux, j’ai eu un flash. Je me suis revue aux iles Galápagos en train de m’extasier devant le fou à pattes bleues. Un lointain parent sans doute… Nous irons les voir aussi, encore quelques mois de patience ! Et cette fois-là, j’espère que mon bébé sera bien éveillé pour profiter du spectacle.

Oui, parce que Manea a été très attentif pendant tout le tour en bateau, mais dès le moment où nous avons commencé la randonnée, il s’est endormi dans le porte-bébé et ne s’est réveillé qu’à notre retour au port, au moment de prendre le bateau. Et tout ça malgré la cacophonie qui se dégageait de la colonie ! 

Fous de Bassan
Balade sur l’ile Bonaventure
Sur la plage de l’ile Bonaventure

Notre Logement

Nous sommes resté·es 2 nuits dans le camping du Géoparc dans une tente « prête à camper », ou glamping : le camping glamour ! Du confort avec un lit, un canapé, une table et des chaises, l’électricité et même un chauffage d’appoint… tout en étant dans la nature. Une bonne alternative pour nous à ce moment-là, car les températures étaient un peu fraiches pour dormir dans notre tente de toit avec un bébé.

Glamping au Géoparc de Percé

Le parc national de Forillon

Notre découverte de la Gaspésie continue avec le parc national de Forillon, entre mer, falaises et forêt. Notre premier arrêt : une belle chute d’eau. Une petite marche d’environ un kilomètre pour admirer une cascade de 17 mètres. La première que Manea voit de si près, d’en haut et d’en bas… Il se serait bien jeté dedans !

Chute d’eau du parc Forillon

Nous reprenons la voiture pour nous rendre au lieu de notre randonnée du jour. En chemin, nous voyons des voitures à l’arrêt. Un orignal a été repéré ! Nous arrivons justes à temps pour voir… son derrière ! Un peu frustrés, nous reprenons la route, le regard à l’affut du moindre mouvement… Il parait qu’on peut également voir dans ce parc des ours et, depuis la rive, observer des phoques et même des baleines. Aujourd’hui, nous n’aurons pas cette chance vu le vent qui souffle fort : la mer est agitée et tout ce que l’on voit, c’est un horizon rayé bleu et blanc.

Depuis le bord de mer, nous contemplons la plage de galets et la falaise près de laquelle virevoltent plusieurs oiseaux. Tournant le dos à la mer, nous nous retrouvons face à un mur gigantesque… une petite montagne toute en falaise et forêt. Et tout en haut, une petite tache se distingue de la cime des arbres. C’est la tour d’observation. Notre objectif.

Quand faut y aller, faut y aller !

D’un pas (presque) léger, nous entamons la montée vers le mont Saint-Alban. Une randonnée d’un peu moins de 8 kilomètres de niveau intermédiaire. Le guide qui nous accompagne nous raconte qu’à l’origine, avant que cela ne devienne un parc, des familles vivaient ici. Et elles devaient monter le sentier abrupt, que nous arpentons en soufflant, tous les jours. J’imagine ces familles du bout du monde, coupée de tout, mais pas de l’essentiel : la nature, les gens qu’ils aiment… Une vie sans doute rude, sans le confort moderne, mais qui devait apporter son lot de plaisir quotidien. Voir changer la nature au fil des saisons. Croiser la route d’animaux de toute taille. Se faire réveiller par le chant des oiseaux ou celui de l’écureuil…

Point de vue lors de la randonnée du Mont-Alban

 Le chemin monte toujours. Notre guide se retourne fréquemment pour me garder à l’œil. Oui oui, je suis ! Avec mon bébé d’une dizaine de kilos toujours occupé à téter, j’avance lentement… mais surement !

Enfin, la cime des arbres touche le bleu du ciel. Le sommet à porter de main ! Au pied de la tour de bois, notre guide nous prévient : « ça souffle là en haut ! ». François monte et je lui emboite le pas… mais m’arrête rapidement. Les premières rafales viennent chatouiller Manea, qui sort de son profond sommeil. Pas très heureux de se prendre des bourrasques plein le visage dès le réveil, ce que je peux comprendre, je renonce au sommet et redescends attendre au pied de la tour. Là il redevient un petit bébé souriant et curieux. Il rit de se retrouver sous les arbres, attrape les épines des sapins tombées au sol et essaye même de gouter une pomme de pin. 

Depuis la tour d’observation du Mont-Alban

La descente jusqu’au niveau de la mer se fait sans encombre, avec un bébé babilleur qui chante plus fort que tous les oiseaux de la forêt réunis. Une fois dans la voiture, alors que nous faisons route vers notre logement du soir, nous avons notre revanche. Nous voyons un orignal manger en bord de route, à l’orée de la forêt. Il mâche tranquillement alors que nous nous extasions devant la taille de cet animal impressionnant. Manea sourit jusqu’aux oreilles. À nouveau, il reste silencieux, les mains près de la bouche. Il sent que c’est un beau moment et que le silence est important pour le faire durer.

Pelage en cours

Notre logement 

Nous avons dormi dans le camping du parc, dans une tente oTENTik. J’avais découvert cette tente grâce à des amis voyageant au Québec, et cela m’avait donné envie de tester. Une tente prête à camper, avec tout le confort. Et grand plus que j’ai beaucoup apprécié, une belle salle commune dans un bâtiment à côté, avec des tables pour manger, un poêle pour faire un feu de bois… et même une petite table pour les enfants et une chaise bébé.

Tente oTENTik du parc Forillon

Parc de la Gaspésie 

Encore un magnifique parc ! Rien que les routes qui le sillonnent sont à tomber par terre. Selon moi, les paysages ont un petit « je ne sais quoi » qui me fait penser à l’Alaska, alors que François retrouve des airs de Patagonie. Vous me direz ce que vous en pensez dans les commentaires (histoire de nous départager !).

Photo souvenir maman-bébé

Nous avons eu trop peu de temps pour vraiment explorer ce parc comme nous aurions aimé le faire. Mais je garde trois belles expériences en tête. D’abord, la dernière chronologiquement, notre rencontre avec un orignal sur le bord de la route alors que nous traversions le parc de bon matin pour atteindre la sortie. Décidément, c’est quand on quitte les parcs que nous rencontrons le plus d’animaux !

Coucou l’orignal !

Ensuite, le moment d’extase de Manea devant la chute Sainte-Anne. Le point de vue permettait d’un côté d’admirer la chute, et de l’autre de suivre des yeux l’eau qui continue son chemin. Manea était fasciné. Et le voir debout à côté de son papa m’a fait craquer ! Désolée, c’était le passage maman gaga de son bébé.

Photo souvenir au Parc de la Gaspésie

Et le dernier point est notre petite randonnée jusqu’au lac aux Américains. Pour remettre les choses dans leur contexte : nous sommes début septembre. Il fait un beau grand soleil et les températures commencent à être agréables. Tout l’hémisphère Nord savoure un doux printemps. Tout ? Non, un pays résiste encore et toujours au changement de saison : le Canada ! Après avoir marché dans la neige au Géoparc de Percé, nous voici à patauger, nous enfoncer et glisser dangereusement sur un manteau blanc envahissant le paysage. Nous avions d’abord tenté la randonnée du mont Ernest Laforce, mais la neige et le vent nous ont découragés. 

Rivière, sapins, montagnes et neige : le combo parfait !
Randonnée vers le Lac aux Américains

Nous nous rabattons sur une randonnée réputée familiale (en saison estivale du moins). Nos premiers pas nous encouragent à poursuivre. La neige augmente peu à peu, le chemin se complique, mais une fois engagé, on est davantage motivés pour continuer. Nous croisons des randonneur·euses qui sont sur le chemin du retour et nous disent qu’il y a beaucoup plus de neige ici qu’au mont Ernest Laforce… François continue et je m’arrête, indécise. Continuer ou retourner au parking ? Finalement, Manea étant profondément endormi contre moi, je décide de poursuivre d’un pas prudent. Je retrouve François au lac et je me sens si heureuse. Heureuse d’avoir persévéré. Heureuse d’être là, devant ce paysage grandiose. Et profondément heureuse d’y être avec mes deux êtres humains préférés.

François devant le lac aux Américains
Maman et bébé devant le lac

Sur le retour, nous ne verrons pas d’orignal ni de caribou, mais un petit oiseau qui semblait tout doux, tout rond et qui nous suivait de branche en branche en pépiant gaiment. Le printemps arrive, même ici !

Nous passons la nuit dans le parc, dans un refuge préparé pour accueillir huit personnes. Nous faisons un feu de bois et nous laissons hypnotiser par ses flammes avant de sombrer doucement dans le sommeil… après avoir été ouvrir toutes les fenêtres avec moustiquaire du refuge, notre feu trop bien réussi nous faisant cuire sur place. Une chose est sure, cette nuit-la, nous n’avons vraiment pas eu froid !

Le lendemain, levés tôt (merci bébé !), nous improvisons une séance photo au milieu de la route avant de quitter le parc. C’est l’un des plus beaux endroits que nous ayons vus depuis le début de ce voyage… et pourtant il y en a eu de beaux paysages !

Notre logement 

Nous avons dormi dans un des refuges disponibles directement dans le parc de la Gaspésie. Ils sont équipés avec tout ce qu’il faut pour manger et dormir, et sont reliés à l’électricité. Il existe également des emplacements de camping classique.

Notre refuge pour la nuit
Dormir au beau milieu du parc de la Gaspésie

Parc national du Bic 

Après un passage par la ville de Rimouski, nous retrouvons le dernier grand parc de notre passage dans le Québec Maritime : le parc du Bic. Comme pour les autres, nous n’en connaissions rien avant d’y arriver et avions tout à découvrir. Et comme pour les autres, nous étions heureux·ses et enthousiastes à l’idée de nous promener en pleine nature. Surtout que cette fois-ci nous avons prévu de le faire à vélo avec Manea tiré dans la petite remorque bébé à l’arrière du vélo. 

Mais plusieurs facteurs sont venus troubler notre bonheur. D’abord la remorque-poussette n’était pas du tout du gout de Manea. Il faut dire qu’il n’a pas l’habitude d’aller dans des poussettes et qu’en plus c’était une heure où il aime faire une petite sieste. Pas le bon moment pour tester des nouveautés ! Ensuite, il y avait des invités surprises. Plein d’invités même : les maringouins, comme on les appelle ici. De petits moustiques (petits, mais voraces) qui joignent leurs forces pour former un nuage épais duquel il est difficile de ressortir sans en gober au passage.

Alors, pour vous rassurer : nous étions en plein saison de ces petites bestioles et en plus tous les facteurs environnementaux leur étaient propices. Un temps chaud, après des jours de pluie, et peu de vent. Le paradis pour eux ! 

Nous avons donc écourté la visite du parc, faite en partie en voiture et à pied. Pour les curieux·euses qui voudraient en savoir plus, je les invite à lire l’article de Grégory du blog My Wildlife, où il raconte sa rencontre avec les phoques communs (qui ne sont pas si communs !). Il faut dire que ce sont les principales stars du lieu, une grande partie du parc étant constituée des eaux du Saint-Laurent.

Sur les rives du parc national du Bic

Notre logement 

Au programme de la nuit : tester un type de logement qui m’attire beaucoup, les « tiny house » (littéralement petite maison). Nous arrivons au Domaine Floravie. Donald, le propriétaire, nous accueille avec une grande gentillesse. En parcourant le chemin qui nous mène à notre petite maison pour la nuit, je comprends pourquoi les voyageur·euses aiment cet endroit. Si calme, si grand, si beau. D’autres tiny house sont disséminées sur un grand terrain, ce qui donne l’impression d’être seul au monde. D’un côté, la forêt, de l’autre, la mer. Et nous au milieu. Petite visite : la maison est super bien pensée, tant en termes de confort que d’optimisation et d’écologie. Nous posons nos sacs… mais pas pour longtemps. 

Réalité du voyage avec enfant, et réalité du voyage tout court : tout ne se passe pas toujours comme prévu. Rapidement, entre les maringouins qui nous tournent autour et Manea qui se cogne partout, nous nous rendons à l’évidence. Pas pour nous, pas aujourd’hui. Nous sommes prêt·es à laisser cette maison de rêve dans ce cadre de rêve pour un hôtel plus traditionnel, où Manea aurait plus de place pour bouger. Finalement, Donald, le cœur sur la main, nous propose exceptionnellement de loger dans la grande maison d’époque, qu’il ne loue qu’à la semaine habituellement. Quel plaisir de rester sur ce beau domaine pour la nuit et de profiter du charme cosy de cette belle maison ! Bref, une histoire qui termine bien, une belle rencontre et de beaux souvenirs. Le voyage en somme.

Tiny house du Domaine Floravie

Parc, nature et histoire

Nous voici arrivé·es au bout de nos aventures côté nature en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent. Ces régions du Québec Maritime sont grandiosement belles ! Des routes qui appellent au roadtrip, des personnes le cœur sur la main, des paysages marins et boisés à en avoir le souffle couper.

Après les parcs du Québec Maritime, dans un prochain article je détaillerai notre roadtrip sur la Route des Phares.

Après la Nouvelle-Écosse, l’ile du Prince Édouard, le Nouveau-Brunswick et le Québec Maritime, notre route se poursuit au Québec. Quelques jours pour profiter de nos ami·es et du beau temps à Québec et Montréal avant de monter vers les Laurentides.

Photo de famille au parc de la Gaspésie

En partenariat avec Destination Canada et Québec Maritime.

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