Voyager, c’est quitter, se séparer, abandonner. Oui, sans doute… Mais pas que.

Car voyager permet aussi de (se) rassembler !

Le voyage ne sépare pas… il met du lien !

Le voyage rapproche et met en lien. Les choses, les gens… Et les souvenirs surtout.

Voyager permet cette liberté de pensée. Hors de son cadre, sans montre ni agenda, seule la course du soleil rythme nos journées. L’esprit s’égare alors que les yeux se perdent dans la contemplation du paysage.

Et, tout à coup, l’esprit et le regard se rejoignent.

Sans crier gare, le paysage colle aux divagations, les yeux appellent l’esprit. L’on passe de la rêverie passive a la pensée active. Et sans s’y attendre, on comprend. Illumination. On comprend parfois des choses importantes, d’autres fois des détails insignifiants. Mais on comprend. On met du sens.

Jamais je ne me sens aussi bien que lorsque je peux me perdre dans une contemplation inutile : aucun but à être là, si ce n’est celui d’y être. Le mouvement dans un véhicule ou la marche sont pour moi deux puissants catalyseurs de pensée.

Je bouge donc je rêve…

Je rêve donc je pense…

Je pense donc je suis.

Patagonie, voyage, Chili, Argentine
Perdue sur les routes de Patagonie

Le voyage ne sépare pas : il m’assemble.

Je me sens ancrée dans mon corps, claire dans ma tête. « Où je vais » n’importe pas autant que « qui y va ». Et ce « qui », je commence a le connaître, à force de longues rêveries et de dialogue intérieur.

Le voyage ne sépare pas, il rassemble. Il m’assemble.

Mes idées, mes souvenirs, mes traits de personnalité.

Dans la course à la montre quotidienne, l’on n’a plus le droit à la rêverie, ou alors la rêverie chronométrée et cadrée : le matin dans le train l’esprit déjà au boulot, ou le soir au retour, les pensées s’organisant autour du repas à préparer… Mais en voyage, les temps de rêverie sont infinis.

Tel un puzzle, les différents morceaux de ma personnalité et de mon histoire volent et planent, jusqu’à parfois s’emboiter et se compléter…

Voyager permet de s’assembler.

voyage, âge
Le voyageur idéal, une attitude de vie

Le voyage ne sépare pas : il rassemble.

Voyager ne sépare pas. Souvent l’on me demande si ce n’est pas trop dur, de quitter ses proches et tous ces gens rencontrés sur la route. Bien sûr, les moments de départ et de séparation ne sont pas faciles, certains m’ayant fait verser des larmes.

Mais ces séparations ne sont pas des ruptures. Au-delà des possibilités modernes qui s’offrent à nous pour maintenir le contact, voyager permet de penser à soi, mais aussi, et surtout, aux autres.

Et en pensant aux autres, on les rend réels.

Ils sont en nous, à nos côtés sur les routes.

Je pense très souvent à certains membres de ma famille, qui sont ou qui ne sont plus, et certains amis… plus encore que lorsque je suis sur le même continent.

Paradoxe ?

Non. L’éloignement n’est pas la clé, mais bien le mouvement et la rêverie.

Je me sens proche d’eux, ils font toujours partie de moi et de ma vie. Et ils sont une des raisons principales qui me fera me réjouir de mon retour au vieux continent (ça et du bon pain !).

La prise de distance (plus mentale que physique) permet, plus que de comprendre, de s’interroger sur le monde… Et sur soi-même. Se connaître, c’est connaître aussi les liens qui nous unis aux autres.

L’homme est un être social, qui se construit dans ses liens aux autres. Penser à ses liens à ses parents, ses frères et sœurs, ses proches et amis… Permet de réfléchir à qui l’on est et comment l’on s’est construit.

Seuls les liens que nous tissons permettent d’accéder à la conscience d’être. C’est l’appartenance à une
communauté humaine qui nous rend véritablement humains. (Albert Jacquard)

Cela permet également de réfléchir à ce qui nous importe vraiment dans la vie. Nos valeurs. Nos proches. Nos rêves. Nos projets.

Voyageuse, voyage, réflexion, pensées
Voyager pour (se) rassembler…

Voyager ne sépare pas… mais quand même un peu !

J’espère que ces rêveries philosophiques d’une psychologue voyageuse somnolant à l’arrière d’un bus vous auront parlé… Révélation ou inspiration, le voyage permet de réveiller sa créativité et sa libre-pensée.

Oui, le voyage (me) rassemble… mais il me sépare aussi de mes proches, famille et amis. Un prix à payer pour partir découvrir le monde et tenter de rassasier ma soif de découverte et d’aventure.

Merci et pardon à tous ceux qui m’attendent quelque part, juste pour le plaisir de partager un bon moment à nos retrouvailles, rire et papoter comme si le temps n’était rien et que notre dernière rencontre datait d’hier.

Le voyage pour se rassembler, cela vous parle ? Des rêveries, expériences ou anecdotes à partager ?

Si cet article fait écho chez vous à des envies ou des difficultés personnelles, n’hésitez pas à me contacter pour une demande de coaching. Psychologue de formation et coach de vie, je propose d’accompagner les (futurs) voyageurs pour un bout de cheminement personnel, à travers un coaching personnalisé selon vos envies, besoins et objectifs.

11 commentaires

  1. Superbe article, et si vrai ! 🙂

    Répondre
    • Merci beaucoup Alexandra 🙂 Un article assez personnel d’une réflexion sur la route… que j’avais tout simplement envie de partager 🙂
      Ravie qu’elle parle aussi à d’autres voyageurs.

      Répondre
      • De rien ! J’ai adoré aussi l’écriture si poétique. 🙂
        Merci à vous !

  2. Je ne voyage pas autant que toi mais je partage entièrement ce que tu écris Amandine. Le quotidien, la routine finalement banalisent ceux qui nous entourent et qui nous sont chers à tel point que l’on ne mesure plus tout à fait l’attachement qu’on leur porte. Je m’en suis rendue compte cet été lors d’un voyage effectuée seule en Asie centrale. Sans contact avec eux, j’ai réellement eu le coeur et la tête remplis d’eux… Merci pour ces belles réflexions.

    Répondre
    • Merci Christine pour ton commentaire. Cela me fait plaisir d’avoir des retours sur ces écrits, particulièrement ces articles plus « réflexion » : ils sont si personnels que partager mon vécu avec d’autres et avoir en retour un aperçu de celui d’autres voyageurs est vraiment enrichissant 🙂

      « Loin des yeux loin du coeur » : une expression qui peut être aux antipodes de mon vécu en voyage !

      Répondre
  3. Merci pour ce bel article qui met des mots sur ce que j’ai ressenti cet été pendant mon séjour d’un mois en Mongolie!

    Répondre
    • Merci Claire, ravie que tu puisses retrouver un peu de ton vécu dans ces quelques mots. 🙂
      La Mongolie ? Une région du monde que je rêve d’explorer un jour moi aussi !

      Répondre
  4. Ta réflexion résonne particulièrement avec la mienne en ce moment. Quand la beauté des lieux nous plonge dans des pensées plus ou moins contruites, des souvenirs, nous rappelle des proches et nous interroge sur qui nous sommes… Le voyage au long cours me permet de penser, imaginer, rêver au jour le jour. Ce qui apparaît comme un luxe devrait être une hygiène de vie quotidienne. Notre société dite moderne qui pousse à la productivité à tous prix nous éloigne de notre rythme naturel, de nos besoins et nos aspirations enfouis sous nos obligations et notre stress. Penser sans but concret devient presque honteux. Le défi est pour moi de toujours garder des temps de rêveries au jour le jour, même sans voyager, tout en travaillant. Quant aux proches, ils sont dans nos têtes de manière accrue quand le brouhaha se tait. Merci de partager tes réflexions inspirantes.

    Répondre
    • Merci Nathalie pour ton message, je vois que nous avons vraiment le même genre de « réflexions flottantes » sur les routes et le même genre d’opinion à ce sujet ! 🙂

      La honte du « sans but » que je ressens moi aussi dans notre société occidentale orientée productivité me gène également. Nous avons perdu la faculté par exemple d’attendre sans rien faire : il faut être occupé sans arrêt.

      Et les technologies modernes sont là au quotidien pour combler tous les vides que nous pourrions avoir (dans le train, au restaurant avant de recevoir son plat, pendant les publicités de la télé…). Attendre, voir ce qui peut se produire, laisser la place à l’imprévu et à la spontanéité… est marginalisé.

      Le voyage permet aussi d’apprendre à se déconnecter de cette pensée productivité/utilité, se déconnecter des technologies, se déconnecter de la tyrannie de la montre…

      Répondre
  5. Merci pour ce très beau texte. En effet, paradoxalement, on se sépare de nos proches pour une période mais ils n’ont jamais semblé aussi ancré dans notre cœur. Et comme toi je rêve de ces retrouvailles où le temps d’absence ne serait rien! Vivement ça! (et le bon pain of course 😉 )

    Répondre
    • Merc à toi Julien pour ton retour (et je vois que je ne suis pas la seule à fantasmer sur une bonne baguette quand je suis à l’autre bout du monde 😉 ) !

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest