La déprime du retour de voyage, ce n’est pas une étape facile, mais ce n’est qu’une étape dans le grand processus du retour. Après vous avoir présenté le pourquoi du comment la semaine dernière, il est temps de s’attaquer au gros morceau et de répondre à la grande question que vous me posez souvent :

Comment lutter contre la déprime après le voyage ?

Voici mes conseils pour vivre votre retour le plus sereinement possible, traverser la période de crise… et rebondir !

15 conseils pour atterrir en douceur au retour

La première chose à faire est d’avoir en tête le concept de choc de retour, et de garder l’image de ce processus avec ses différentes étapes. Si aujourd’hui vous êtes triste et fatigué, demain peut-être vous vous sentirez plus actif, entreprenant et confiant dans l’avenir.

Le retour de voyage peut se diviser en 3 phases :

  1. les derniers instants du voyage, juste avant le retour
  2. les premiers instants du retour, où le choc est le plus fort
  3. les jours, semaines et mois qui suivent

Voici mes 15 conseils de voyageuse psychologue pour vous aider à traverser au mieux ces 3 phases.

Phase 1 : la préparation

Voici 6 conseils pour vous aider à appréhender le retour afin de limiter les dégâts d’une dépression postvoyage. Car mieux vaut prévenir que guérir !

Se projeter déjà dans l’étape du retour

Une belle occasion de se remémorer le positif de chez vous qui vous aura manqué et de se mettre en mouvement, mentalement, vers cette nouvelle étape et donc de semer les graines de vos projets.

Faire des projets

Les projets, on y vient justement ! Cela peut être de créer des projets à court terme comme :

  • retrouver un boulot et/ou un logement
  • se remettre au sport
  • s’inscrire à un cours de langue
  • s’engager dans une ONG

Mais aussi moyen ou long terme comme des projets de vie comme :

  • une expatriation
  • un nouveau voyage
  • un style de vie différent

Reprendre une vie active est un point crucial pour réintégrer la société et diminuer ce sentiment, présent chez beaucoup de voyageurs, au retour de ne plus appartenir à votre environnement d’origine. Et qui dit vie active professionnelle dit rentrée d’argent… Et donc les moyens de concrétiser de nouveaux projets. Mieux vaut avoir tout cela bien en tête avant de rentrer.

Prévoir quelques jours de battements à votre retour

Si vous en avez l’occasion, cette zone tampon dans votre calendrier vous aidera à atterrir plus en douceur. Une période rien que pour vous, sans aucune obligation, que ce soit la reprise du travail ou des études, ou les visites aux amis et à la famille. Réservez-vous ce moment pour reprendre vos marques et faire ce qui vous fait envie :

  • retrouver votre chez vous
  • aller vous balader
  • voir l’un ou l’autre ami qui vous a manqué

Réfléchir à la période à laquelle vous allez rentrer

Ce conseil peut avoir un très grand poids dans l’impact qu’aura votre retour sur le plan émotionnel, particulièrement dans le cas d’un retour de voyage au long cours. Par exemple, rentrer au printemps ou en été, c’est retrouver son chez soi baigné de soleil (ou presque ?), un ciel (plus) bleu et des visages souvent plus détendus et souriants. D’autres préfèreront rentrer en décembre, afin de profiter des fêtes de fin d’année avec leurs proches.

Relax !

Ce conseil s’adresse tout spécialement aux voyageurs qui espèrent trouver des réponses à toutes leurs questions sur les routes.

Le départ en voyage est vécu par certains voyageurs comme une prise de distance salutaire face à un environnement et un mode de vie qui ne correspond plus à leurs aspirations profondes. Ils espèrent trouver, en plus de la tranquillité d’esprit, des réponses à leur grande question.

Que vais-je faire de ma vie ?

Si certains ont trouvé sur les routes de belles façons de s’épanouir et de creuser certains de leurs gouts ou talents, la majorité reviendra avec une réflexion personnelle au mieux plus complexe et profonde qu’au départ, mais pas nécessairement de réponse à leur question.

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, j’ai 2 conseils pour vous :

  1. Tout d’abord, relativisez et diminuez cette énorme pression qui pèse sur vos épaules et sur votre voyage. Quelques mois de voyage ne vont pas (nécessairement) changer votre vie ou vous permettre d’atteindre l’illumination.
  2. Enfin, prenez le temps de faire le point. Ne vivez pas votre voyage à cent à l’heure, passant d’un musée à l’autre, d’une ville à l’autre et d’un pays à l’autre pour cocher votre « Todo List ». Le temps passe vite, surtout en voyage. Aménagez-vous des temps morts, voire une bulle de réflexion et de méditation au milieu de votre périple.

S’informer

Être conscient de la difficulté permet de l’éviter. (Lao Tseu)

Savoir ce qui nous attend, c’est la meilleure façon de s’y préparer. Et c’est exactement ce que vous êtes en train de faire ! En vous renseignant ainsi sur le choc du retour et la déprime postvoyage, vous vous armez de connaissances qui vous seront bien utiles. Elles vous permettront de mettre de la distance avec vos émotions et de pouvoir les observer plus calmement.

En vous offrant un cadre pour penser, vous pouvez plus facilement trouver les mots. Identifier ce que vous êtes en train de vivre. Et ensuite, en lisant tous ces conseils, vous avez toutes les cartes en main pour être sensible à votre monde intérieur et mettre en place des actions concrètes qui vous aideront à traverser l’étape du retour le plus sereinement possible.

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Voyager : tout quitter et recommencer à zéro ?

Phase 2 : s’écouter

Les premiers temps juste après le retour de voyage peuvent être très chargés émotionnellement. Un peu comme juste après une rupture amoureuse ou un deuil. Voici 3 conseils pour les premiers temps du retour.

Se recentrer

Ce temps d’écoute et d’unification intérieur va permettre à son corps et son esprit d’atterrir, phénomène qui n’est pas toujours très synchrone ! Ce n’est pas parce que les pieds ont quitté l’avion que l’esprit et le cœur sont au diapason. La première étape est donc d’être à l’écoute de cette différence intérieure, de la permettre et de se donner le temps, tout simplement.

Reprendre ses repères

Retrouver son appart, sa chambre… cela peut avoir un côté rassurant, mais aussi terriblement déstabilisant. L’impression que rien n’a changé et pourtant que rien n’est comme avant. Car les yeux qui observent ont évolué avec ce dernier beau voyage que vous venez de vivre. Parfois, reprendre ces repères, c’est aussi se les réapproprier.

Par exemple, ranger son sac devient l’occasion d’un rangement général. Presque systématiquement, à chacun de mes retours, j’opère un tri drastique dans ma garde-robe. J’en retire tous ces vêtements que je garde par valeur sentimentale, mais qui ne me vont plus ou qui ont trop vieilli, ceux que je n’ai plus portés depuis des mois, voire des années… Et tout ce qui est encore en bon état, je le donne. Double satisfaction : un intérieur plus zen et des heureux !

Être honnête avec soi-même

Quand on rentre, on a envie, parfois, de blâmer le monde entier : c’était mieux avant, c’était mieux là-bas; ici c’est moche, pollué, monotone… À force de critiquer le moment présent et de louer le voyage passé, on risque fort de se heurter à une incompréhension croissante de la part de notre entourage. Et c’est bien normal.

Plutôt que d’accuser le monde entier, et si on reconnaissait que toutes ces émotions que nous avons, notre colère, notre désarroi, notre sentiment d’être déstabilisé, perdu… proviennent surtout de notre tristesse, de notre difficulté à tourner la page et à se dire que, si, le voyage est bien fini.

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Slow travel en péniche, rêver en regardant les paysages

Phase 3 : rebondir et viser le futur

Le second temps du retour : celui où l’on sort de sa couette pour reprendre sa vie en main. Voici 6 conseils pour le cœur de l’action.

Retrouver une vie sociale

Après vous être chouchouté, il est temps de s’ouvrir au monde extérieur. Pour certains, cette étape sera faite très rapidement ; pour d’autres, commencer à revoir du monde prend plus de temps.

Car revoir ses proches, c’est aussi accepter de parler du voyage au passé, et donc accepter que toute cette aventure soit derrière soi. C’est aussi se tenir prêt à répondre mille fois aux mêmes questions superficielles : « C’était bien ? » ou « Quel est ton pays préféré ? ».

Réussir des petits défis dans son quotidien

À ce stade-ci, c’est important de se secouer un peu les puces pour se mettre dans une bonne dynamique !

Cela peut se jouer sur plein de tableaux différents : s’inscrire au sport, se mettre à la recherche d’un boulot et/ou d’un logement, se mettre un projet d’apprentissage de langue ou de cuisine, consacrer son temps à une ONG ou ASBL en concordance avec ses valeurs par exemple sociale, environnementale…
En agissant ainsi, le voyageur se crée une nouvelle routine de vie sédentaire qui lui correspond et dans laquelle il se sent bien.

Se créer de nouveaux projets

Pour ne pas avoir le regard scotché dans le passé, rien de mieux que de scruter l’avenir ! Après s’être occupé de sa routine et donc de son présent, il est temps de se pencher sur son futur, et donc de créer des projets qui vous plaisent…

Cela veut dire aussi, un exemple à tout hasard, penser à vos futurs voyages ! Et il ne faut pas nécessairement voir trop grand directement : quelques envolées dans des contrées plus proches peuvent vous permettre de rester connecté à vos envies de voyage tout en redécouvrant votre pays et ses alentours.

Rester connecté à ses passions

Imaginons que le voyage est une passion importante pour vous (à nouveau, à tout hasard), vous pouvez maintenir cette connexion après votre retour de plein de manières différentes :

  • replonger dans vos photos de voyage, voire monter votre vidéo de vacances ou inviter vos amis à voir vos albums
  • continuer à manger de la gastronomie exotique en vous mettant à la cuisine du monde ou en découvrant des petits restaurants étrangers près de chez vous
  • garder la bonne habitude de partir faire des balades en pleine nature
  • pour les amoureux de livres, vous plonger dans de belles lectures, que ce soit des romans d’aventures ou des récits de voyage
  • échanger avec d’autres voyageurs via des groupes sur les réseaux sociaux ou des forums, ou en face à face, en participant à des évènements comme des apéros voyageurs, des conférences ou expositions de voyageurs et explorateurs

Cette dernière option a plusieurs avantages : travailler sur le volet passion et social. D’une pierre deux coups ! Cela permet aussi de trouver des personnes aptes à comprendre ce que vous avez vécu et ce que vous traversez actuellement. Non, vous n’êtes pas seul à vivre une dépression de retour de voyage, et cette vidéo vous le prouve !

Faire confiance

Faites-vous confiance et ayez confiance en la vie. Si ces jours-ci ne sont pas roses, dites-vous que ça va changer et que ça va aller mieux. Dites-vous que vous avez en vous ce dont vous avez besoin pour réaliser vos rêves et concrétiser vos projets. Et dites-vous que si, être heureux même quand on ne voyage pas, c’est possible !

Souriez et ayez confiance en votre capacité d’adaptation : elle vous a bien servi sur les routes, et elle continuera à vous aider même à votre retour !

Chercher de l’aide

Parfois, les émotions nous submergent. Parfois, une situation nous dépasse. On ne sait plus par quel bout prendre les choses ou quelle direction emprunter. Parfois, on est perdu. Et c’est normal ! Imaginez une vie à vivre sur des rails, sans jamais se poser de questions et en sachant déjà à quoi ressemble l’entièreté du parcours. Cela perdrait tout son intérêt !

Si nous nous posons toutes ces questions, si nous ressentons des émotions si fortes, c’est parce que nous sommes libres. Un cadeau merveilleux de la vie… mais aussi une énorme responsabilité à endosser.

Bref, parfois, on se sent face à un mur trop haut pour soi. Dans ces cas-là, il ne faut pas hésiter à chercher de l’aide. Que ce soit un ami, par exemple un voyageur qui peut comprendre ce que vous traversez, ou une aide professionnelle. Ainsi, psychologue et coach de vie, j’accompagne des voyageurs dans des moments de transition ou des moments de bilan. Je les aider à cheminer et atteindre leur objectif personnel.

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Partir voyager l’esprit serein (© Dan Gribbin)

Vivre et survivre à la déprime du retour de voyage

Après ces 15 conseils, si vous ne deviez retenir qu’une idée de tout cet article, ce serait celle-ci : envoyez-vous plein d’amour à vous-même. Soyez patients, tolérants, compréhensifs, accueillants, bienveillants envers vous-même et vos émotions. Vous allez peut-être vivre des montagnes russes émotionnelles au retour de votre voyage, avec un passage d’un stade à un autre qui ne sera pas forcément linéaire. Et c’est très bien comme cela.

Autorisez vous ces moments de joie et de tristesse !
Autorisez vous ces moments pour faire le point et vous chouchouter !
Autorisez vous à croire en vous et en votre futur avec enthousiasme !

Plein de bonnes et belles choses vous attendent.

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Voyager et revenir heureux (©Will Van Wingerden)
Si cet article fait écho chez vous à des envies ou des difficultés personnelles, n’hésitez pas à me contacter pour une demande de coaching. Psychologue de formation et coach de vie, je propose d’accompagner les (futurs) voyageurs pour un bout de cheminement personnel, à travers un coaching personnalisé selon vos envies, besoins et objectifs.

2 commentaires

  1. Excellent article, merci beaucoup pour ces mots qui réconfortent 🙂

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    • Merci beaucoup Bart ! Ravie que cet article puisse aider d’autres voyageurs 🙂

      Répondre

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