Gaudi, on l’adore ou on le déteste… Dois-je préciser à quelle catégorie j’appartiens ? Dès le premier regard, je suis tombée sous le charme des œuvres fantasques de cet architecte hors du commun. Subjuguée par sa recherche de beauté au naturel. Mais l’univers féérique de Gaudi est bien plus mystérieux qu’on se l’imagine…

Il était une fois, l’univers féérique de Gaudi

Car toutes les bonnes histoires commencent par « il était une fois ».

Il était une fois, donc, un architecte particulièrement inspiré. Inspiré par tout : tout ce qui l’entoure, tout ce qu’il voit. Et surtout, surtout, la nature. Tant de perfection dans le monde animal, végétal et minéral. Tant de beauté crée comme par magie par des milliers et milliers d’années d’évolution…

Car Gaudi n’est pas un architecte comme les autres. Non. C’est un artiste. Un visionnaire. Un conteur.

Gaudi nous raconte des histoires. Des histoires de mondes parallèles. Des mondes d’eau, de roche, de forêt et de jungle. Visiter Barcelone devient alors une promenade en plein conte de fées !

Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia, Parc Guell
Voyager à Barcelone : entre féérie et magie

Un artiste pas comme les autres

Le génie de Gaudi : entre reconnaissance et oubli

De nos jours, tout le monde connait Antoni Gaudí. Pas un voyageur ne peut prétendre visiter Barcelone sans s’intéresser un tant soit peu à ses œuvres.

Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Mort à 73 ans (en 1926), après avoir été renversé par un tramway, l’artiste tomba peu à peu dans l’oubli. Les seuls échos qui remontaient alors de temps à autre n’étaient que négatifs, son œuvre jugée trop baroque et onirique pour cette époque post-moderne. Lors de la Guerre Civile espagnole, son atelier à la Sagrada Familia fut saccagé et une partie de son travail (plans et maquettes) fut détruit.

Il fallut attendre presque 25 ans et l’intervention de Salvador Dali pour ressortir Gaudi de l’oubli. Ce mouvement de reconnaissance s’amplifia à un niveau international pour prendre des proportions gigantesques avec entre autres :

  • en 1984, plusieurs de ses œuvres déclarées patrimoine de l’humanité par l’UNESCO
  • et en 2002, l’organisation de l’Année Internationale de Gaudi, à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de l’architecte.
Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia
Antoni Gaudi, architecte de génie

Un monde à part…

Gaudi est un architecte dont on n’a aucune difficulté à reconnaître les œuvres : elles possèdent toutes un cachet unique, une marque de fabrique propre à l’artiste. Mais derrière les idées originales de Gaudi, on retrouve différents courants et thématiques qui ont influencé ses créations :

  1. influence religieuse
  2. influence mythologique
  3. influence de grands courants architecturaux : néogothique, gothique, art nouveau et modernisme catalan (dont il fut une figure importante)
  4. influences internationales, avec l’art oriental (Inde, Perse, Japon) et l’influence d’œuvres architecturales diverses (comme des monuments islamiques espagnols)
  5. influences de son enfance, lorsqu’il observait son père chaudronnier travailler
  6. et, bien sûr, sans doute la plus importante de toutes : influence de la nature, son style étant souvent décrit comme « naturaliste » ou « organique ».
Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia
Gaudi, fervent croyant (La Sagrada Familia)

Pour cet architecte, il n’existe pas de meilleure structure que celle d’un squelette ou d’un tronc d’arbre : des formes esthétiques et géométriquement réfléchies. Dans son observation de la nature, Gaudi étudiait les concepts de géométrie telle que : paraboloïde, conoïde, hyperboloïde (qu’il associait à la lumière) et hélicoïde (qu’il associait au mouvement).

Les paraboloïdes, hyperboloïdes et hélicoïdes, variant constamment l’incidence de la lumière, ont une richesse de nuances qui leur est propre, qui rend l’ornementation, et même le modelage superflu. (Gaudi)

L’architecte du futur sera basé sur l’imitation de la nature, car il est la façon la plus rationnelle, durable et économique de toutes les méthodes. (Gaudi)

Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia
Une forêt de colonnes dans la Sagrada Familia

Ainsi, Gaudi prétend n’avoir rien inventé : il n’a fait qu’observer !

L’originalité, c’est le retour aux origines (Gaudi)

À ajouter à cette liste d’influences : le goût de Gaudi pour l’artisanat, et tout spécialement dans le travail du métal, du verre, du fer et de la céramique. L’architecte a ainsi combiné le savoir traditionnel des artisans avec des techniques originales et des avancées technologiques

3 grandes œuvres de Gaudi et leurs univers de contes de fées

Je vous emmène à la rencontre de trois de ses œuvres, celles qui m’auront le plus touché pour leurs influences et leurs univers magiques…

Parc Güell

Entrer au Parc Güell, c’est entrer dans un autre univers. Celui des contes de fées, où les gargouilles côtoient des salamandres sous le regard joueur d’Hansel et Gretel.

À savoir : un peu d’histoire

Emblème de Barcelone, le Parc Güell ne ressemble pourtant pas à son projet initial. Inspiré du modèle des cités-jardins et agglomérations contrôlées, où vie urbaine et rurale se mélangent, ce parc devait accueillir un quartier résidentiel avec une soixantaine de maisons. Seules trois ont été construites, le projet ayant été suspendu en 1914, 14 ans après sa conception. Suite à l’échec du projet et au manque d’acheteur, Gaudi devient propriétaire de la maison pilote, dans laquelle il a vécu avant d’aller habiter dans le sous-sol de la Sagrada Familia. De nos jours, cette maison a été transformée en musée Gaudi. Il faudra attendre 8 ans pour que la ville acquière le terrain et le transforme en parc public. L’UNESCO le reconnut comme patrimoine mondial de l’humanité en 1984.

La première fois que j’ai découvert le Parc Güell, je m’y suis promenée, me perdant dans ces allées, impressionnées par ses formes, ses couleurs et ses ambiances si différentes. La passion de Gaudi pour la nature s’exprime librement dans ce parc où l’homme s’adapte au paysage et non l’inverse.

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Se promener en plein conte de fées (Parc Güell)

Mais ce second voyage à Barcelone m’a permis une nouvelle lecture, plus analytique : sur les traces de Gaudi, à la recherche des mystères et symboles cachés. La clé pour comprendre l’entrée du parc conçu par Gaudi :

Le Parc Güell est le paradis.

Franchir ses grandes portes de fer forgé, c’est passer devant Saint Pierre et entrer dans un monde aux formes, couleurs et matières dignes du septième ciel.

Astuce :

La plus belle vue qu’offre le Parc Guell sur Barcelone est depuis le calvaire, tout en haut du parc.

Les escaliers aux 3 fontaines

Une fois passées les grilles et dépassées les maisons en forme de champignon, c’est le grand escalier qui nous fait face. Majestueux… et encombré de dizaines de touristes !

Mais plus d’un détail mérite notre attention.

Quatre volées de marches se succèdent, séparées par trois fontaines, aux formes inspirées de la nature, décorées chacune différemment :

  • fontaine n° 1 : un cercle avec un compas, mêlé avec des motifs imitant les cercles d’un tronc d’arbre
  • fontaine n° 2 : une tête de serpent surmontée du drapeau catalan
  • fontaine n° 3 : la célèbre salamandre (ou dragon)

Le serpent est considéré comme le symbole de la médecine et la salamandre celui du feu.

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Emblème du Parc Güell : la salamandre en mosaïque

La salle aux 100 colonnes

Du paradis, l’on passe à la Grèce : le voyage continue ! Véritable forêt de colonnes, cette salle a été construite avec l’idée initiale d’accueillir le marché de la résidence (aucun des deux n’ayant vu le jour) et accueille aujourd’hui des concerts, son acoustique étant impressionnante. Surnommée la « salle aux 100 colonnes », cette grotte aux airs grecs n’en possède réellement que 85 (ou 84 ou 86 selon les sources : j’avoue, je ne les ai pas toutes comptées !).

Dans cette salle hypostyle, dont le plafond soutient l’esplanade aux bancs colorés, rien n’a été laissé au hasard. En observant attentivement les colonnes, on remarque qu’aucune ne forme un angle droit avec le sol et que chacune s’incline selon un angle différent ! Au-delà de l’aspect esthétique, cette disposition renforcerait la solidité de la structure.

« Il n’y a pas de lignes droites ou d’angles droits dans la nature. Par conséquent, les bâtiments ne doivent pas avoir des lignes droites ou d’angles droits. » (Gaudi)

À savoir : beauté et technique

Les colonnes ont été également pensées pour récupérer l’eau de pluie et remplir des citernes situées sous cette salle, afin d’alimenter un système d’arrosage écologique et gratuit du parc.

Au plafond de cette salle, l’on repère quatre mosaïques circulaires de céramique, chacune de 3 m de diamètre, représentant les quatre saisons et les différentes phases du cycle lunaire.

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La salle aux 100 colonnes (Parc Güell)

Des bancs ondulants

L’homme en harmonie avec la nature, se réunissant sur de grandes esplanades, profite des bienfaits de la vie communautaire : voilà l’idée derrière ces célèbres bancs aux mosaïques colorés.

Les tons principaux de ces mosaïques sont le bleu, le jaune et le vert, couleurs symbolisant la foi, l’espoir et la charité.

À savoir : le « trencadis »

Cette technique d’agencement de mosaïques est une technique chère à Gaudi : le « trencadis ». Ces petits morceaux de céramiques (« azulejos ») utilisés pour créer les mosaïques provenaient de matériaux récupérés (restes de constructions) et de pièces cassées volontairement. Beaucoup des mosaïques en trencadis sont d’un des disciples de Gaudi : Josep Maria Jujol.

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Bancs ondulants du Parc Güell

Pedrera – Casa Mila

Pourquoi vous parler de cette maison-ci et pas des autres ? Parce que j’ai eu un coup de cœur pour son toit. Parce que mon histoire avec cette maison est particulière. Parce que c’est sans doute l’œuvre la plus polémique de Gaudi à son époque. Et parce que c’est la dernière construction civile entreprise par Gaudi.

Une histoire personnelle

Visiter Barcelone et les œuvres de Gaudi, ne se le cachons pas, c’est un sacré budget ! À coup d’une vingtaine d’euros par maison, le portefeuille s’allège très rapidement. Ainsi, lors de notre premier voyage à Barcelone, lorsque nous sommes arrivés devant la Casa Mila, avons vu la file immense et, surtout, le prix d’entrée, François n’en est pas revenu… au point de perdre toute envie de la visiter. Mais moi, qui rêvais de cette maison depuis trop longtemps, je devais entrer ! J’ai donc laissé François reposer ses pieds et boire un verre pour aller explorer seule (enfin, avec des dizaines de touristes du monde entier !), cette célèbre demeure. Voyager en couple, c’est aussi cela : entendre les besoins de chacun… sans pour autant passer à côté de ses envies !

Polémique et scandale

« Quelle étrange façade ! » C’est sans doute ce que tout le monde se dit en la voyant la première fois. Étrange, ça, c’est sûr ! Tout étonne chez elle : sa forme, sa structure, ses matériaux. L’ensemble étrange est truffé de petits détails encore plus étranges.

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La Casa Mila (Pedrera) : une façade ondulante impressionnante

À l’époque, la Casa Mila a été jugée trop excentrique… alors qu’aujourd’hui, on la considère comme l’apogée du style de Gaudi. Son surnom, la « Pedreda » (carrière), c’est avec dédain que la bourgeoisie catalane le lui a attribué. Aujourd’hui, c’est avec fierté qu’il est affiché, renforçant l’admiration pour les inspirations naturelles de Gaudi.

C’est sur le coin de deux rues importantes de Barcelone (au croisement du Passeig de Gracia et de la rue Povenca), que se dresse, comme jaillissant des profondeurs des entrailles de la Terre, cette forteresse de pierre de sept étages. Aucune ligne droite ne vient gâcher le mouvement qu’à insuffler Gaudi à la Casa Mila.

« La ligne droite appartient aux hommes, la courbe à Dieu. » (Gaudi)

À savoir : beauté et technique

Cette maison est remarquable à plus d’un titre. Au-delà de son esthétique, la Casa Mila est une prouesse architecturale, l’édifice tout entier ayant été construit sans murs porteurs (la façade et les voûtes sont maintenues par une résille métallique, conçue dans les ateliers de chantier naval du port, appuyée sur des piliers de pierre et de briques).

Ses cheminées

Je n’ai pas envie de vous parler de l’intérieur de la maison. Pas envie de vous parler de ses plafonds travaillés, de ses jeux de lumière avec le puits central, de ses matériaux particuliers…

Je ne veux vous parler que de son toit. La partie qu’on ne voit généralement jamais d’une maison. Mais ici, ma partie préférée. C’est un véritable belvédère ouvert sur la ville que Gaudi a aménagé sur ce toit, offrant un espace de promenade peu commun et un point de vue unique sur la ville et la Sagrada Familia.

Je me souviens de ma première rencontre avec ces gigantesques cheminées. Je m’imaginais face à des guerriers chevaleresques, ou des clones de l’univers Star Wars. De grands hommes à l’allure indestructible montent la garde, prêts à résister aux assauts de leurs pires ennemis : dragons, trolls, armée de drones… la pluie et le temps.

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Cheminées-guerriers sur le toit de la Casa Mila (Pedrera)

Beaucoup d’hypothèses existent pour tenter d’expliquer les choix architecturaux de Gaudi sur ce toit et les trente cheminées qui le composent. Certaines de ces cheminées sont assemblées par trois, d’autres solitaires. Certaines ont sont surmontées d’une coupole à la forme d’un casque corinthien, d’autre celle d’une cime d’un arbre. Plusieurs cheminées ont également été ornées d’un cœur pointant vers la ville natale de Gaudi, Reus, et à l’opposé, un cœur pointerait vers la Sagrada Familia. D’autres cheminées sont affublées de la lettre X et autres signes énigmatiques propres à l’univers symbolique de Gaudi qui reste, aujourd’hui encore, emprunt d’une aura mystérieuse !

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Le toit de la Casa Mila (Pedrera) : une ambiance magique

Sagrada Familia

Après vous avoir présenté un parc et une maison, place à la plus imposante des créations d’Antoni Gaudí. Car comment parler de ses œuvres sans parler de la Sagrada Famila ?

Pour ce grand projet, Gaudi désire réaliser un temple incluant tous les éléments symboliques du christianisme mêlés avec son inspiration première : la nature. Une grande réussite, car la Sagrada Familia est le monument le plus visité de Barcelone et d’Espagne.

À savoir : un peu d’histoire

À l’origine, le projet de la Sagrada Famila n’était pas sous la direction de Gaudi, mais d’un autre architecte, Francesc de Paula Villar, qui abandonna les travaux. C’est ainsi à l’âge de 31 ans que Gaudi reprit le projet de la Sagrada Familia, y consacra 43 ans de sa vie, puis mourut sans avoir pu voir son œuvre achevée. De nos jours, les travaux continuent, mais beaucoup pensent que jamais ils ne termineront et que ce temple restera éternellement inachevé.

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La Sagrada Familia, le monument le plus visité de Barcelone

Ma première découverte de la Sagrada Familia

Je l’avoue, ce bâtiment ne m’a jamais réellement attirée. Je le trouvais même assez laid : un extérieur lourd, de couleur très foncée, difficile à déchiffrer et assez écrasant, voire étouffant. Et puis…

Et puis j’ai dépassé ce premier sentiment et j’ai franchi les portes du temple. Et c’est dans un tout autre univers que je me suis retrouvée. Un univers aérien, léger, joyeux, lumineux, inspirant, aérien, aquatique, énigmatique… Je me suis sentie tout à la fois dans une forêt féérique de conte de fées et dans le château immergé du roi des mers.

Et une fois ce sentiment acquis, j’ai pu changer mon regard sur l’extérieur particulier de la Sagrada Familia et me perdre dans la contemplation des 1001 détails qui composent les façades de ce temple.

Je pense que c’est, à ce jour, le bâtiment le plus surprenant et le plus beau que j’ai eu la chance de voir de mes propres yeux.

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Une impression d’immensité dans la Sagrada Familia

Symbolisme de la Sagrada Familia

Le symbolisme est omniprésent à la Sagrada Familia : tout, absolument tout, est porteur de sens. Et tout ce sens a un même but : l’expression de la foi chrétienne. Ce temple est une invitation à partager et communier sur le sens de la vie, basé sur l’amour, l’harmonie, le bien, la générosité et la paix.

Les tours

Les tours de la Sagrada Familia symbolisent Jésus, la Vierge, les 12 apôtres et les 4 évangélistes. Ces 18 tours sont élevées à des hauteurs différentes : 12 plus basses, sur les façades, et 6 plus élevées, au centre, créant ainsi une structure pyramidale, à l’image de la hiérarchie du symbolisme de Gaudi.

 À savoir : beauté et symbolisme

La tour la plus élevée, celle de Jésus Christ, atteindra une hauteur de 172,5 mètres. La Sagrada Familia sera alors l’un des édifices religieux les plus hauts au monde et dépassera toutes les autres constructions de Barcelone (l’homme ne pouvant s’élever plus haut que Dieu), mais sa hauteur restera inférieure à celle du Montjuic, la copine la plus haute de la ville (l’homme ne pouvant s’élever plus haut que la nature, création de Dieu).

Les façades

Les façades Chacune des trois façades décorées de la Sagrada Familia représente un moment clé de la vie du Christ :

  1. la naissance (côté rue Marina)
  2. la passion (côté rue Sardenya)
  3. et la résurrection (côté rue Mallorca).

    Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia
    Détail de la façade de la nativité (Sagrada Familia)

Les jeux de lumière

Gaudi n’a rien laissé au hasard : tout a été pensé, jusqu’à l’éclairage naturel de la Sagrada Familia. Le soleil matinal illumine ainsi la façade de la Naissance et accentue la joie autour de l’arrivée de l’Enfant Jésus.

La façade de la Passion, avec les jeux d’ombres et de lumières du soleil de milieu de journée, dégage une ambiance plus rude. Et la façade de la Résurrection resplendit au soleil de fin de journée.

Pour Gaudi, les couleurs sont une expression de la vie. Cela se ressent beaucoup une fois que l’on pénètre à l’intérieur du temple : les vitraux envoient des rayons lumineux habiller les piliers de mille feux.

« L’architecture est la mise en ordre de la lumière » (Gaudi)

Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia
Jeux de lumières et de couleurs dans la Sagrada Familia
 À savoir : un peu d’histoire

Le temple de la Sagrada Familia est considéré comme une basilique depuis la cérémonie de bénédiction du Pape Benoît XVI en 2010. L’histoire de ce bâtiment est loin d’être un livre clôt !

D’autres œuvres de Gaudi à découvrir (et informations pratiques)

J’aurais pu aussi vous parler du Palau Güell, et de son salon au ciel étoilé, ou de la Casa Balto, avec son univers féérique et marin… Mais cet article aurait été encore plus long ! Au total, à Barcelone, on peut retrouver 14 œuvres de Gaudi.

Ses principales œuvres sont, par ordre chronologique :

Les lampadaires Plaça Real (1878)

Une des premières œuvres de l’architecte, très originale comme toujours !

En pratique

Adresse : Plaça Real, proche de la Rambla

Casa Vicens (1883-1888)

À voir uniquement pour sa façade (ne se visite pas) : c’est la première œuvre importante de Gaudi, de style Mudéjar.

Patrimoine UNESCO

En pratique

Adresse : n° 24, rue Carolines (Quartier de Gràcia)

Accès : métro : Fontana (L3)

Pavillons des écuries de la Finca Güell (1884-1887)

Avec une magnifique grille d’entrée, ornée d’un dragon en fonte, mobile et dynamique.

En pratique

Adresse : Avenue de Pedralbes, 7

Accès : Métro : Palau Reial (L3) ; Bus : 7, 33, 63, 67, 75, 78, H6, L14, L79, L97

Horaire : tous les jours, 10 h – 16 h

Tarif : 4 €

Palau Güell (1886-1888)

Très belle et intéressante maison (appartenant à son mécène) à visiter absolument, à deux pas de la Rambla.

Patrimoine UNESCO

Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia, Palais Guell
Plafond étoilé du Palau Güell
En pratique

Adresse : calle Nou de la Rambla, 3-5

Accès : dans une des perpendiculaires de la Rambla ; Métro : Liceu (L3) ; Bus : arrêt Palau Güell, ligne 14, 59, 91, 120 et bus touristique

Horaire : en été (d’avril à fin octobre) : 10 h – 20 h ; en hiver (de novembre à fin mars) : 10 h – 17 h 30 ; fermé le lundi (sauf férié)

Tarif : 12 € (audioguide inclus)

Collège des Thérésiennes (1888-1889)

Construit rapidement et avec des moyens restreints, le Collège Sainte-Thérèse (ou des Teresianes) étonne par son aspect extérieur austère, mais l’intérieur est resplendissant de lumière. Son intérieur est un exemple de construction avec des arcs paraboliques, permettant d’éviter les poutres de soutien.

En pratique

Adresse : Carrer de Ganduxer, 85-105, Barcelona

Accès : Métro : Bonanova (L6) ; Bus : 14, 70, H6

Casa Calvet (1898-1899)

À voir de l’extérieur (ne se visite pas) : immeuble aux éléments décoratifs « à la Gaudi ».

En pratique

Adresse : Carrer de Casp, 48, 08008 Barcelona

Accès : Métro : Urquinaona

Eglise Colònia Güell (1899-1917)

Cette église et sa crypte, situées à 12 km de la ville, ont été déclarées Patrimoine Mondial de l’UNESCO… et pourtant, l’œuvre est inachevée. Le Musée du site permet d’en apprendre long sur la technique de cordelières et maquettes inversées, qu’il a utilisée également pour la Sagrada Familia.

Patrimoine UNESCO

En pratique

Adresse : Carrer Bosc d’en Joaquín Folguera, 0, 08690 Santa Coloma de Cervelló

Accès : compter une petite demi-heure de trajet ; en train (depuis Plaza España, ligne S33, S8 et S4)

Horaire : en été (de mai à fin octobre) : 10 h – 19 h en semaine et 10 h – 15 h le week-end ; en hiver (de novembre à fin avril) : 10 h – 17 h en semaine, 10 h – 15 h le week-end

Tarif : 7 €

Casa (ou Torre) Bellesguard (ou casa Figueras) (1900-1909)

Une de maisons moins connues de Gaudi, construite à Barcelone au pied de la colline Collserola. On y retrouve, entre autres, de bancs recouverts de mosaïques, comme au Parc Güell.

En pratique

Adresse : Bellesguard 16-20

Accès : Métro le plus proche : Av. Tibidabo ; Bus : 58, 22, 75, 60, 196, 123 ; Bus touristique : ligne blu arrête Tibado

Horaire : 10 h – 15 h, fermé le lundi

Tarif : 9 € (audioguide inclus)

Parc Güell (1900-1914)

Dont nous avons déjà parlé plus haut.

Patrimoine UNESCO

En pratique

Adresse : Olot 5 (quartier Gracia)

Accès : Métro : Lesseps ou Vallarca (L3)

Horaire : tous les jours de l’année, 8 h 30 – 18 h en hiver et de 8 h – 21 h 30 en été

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Porte Miralles (1901-1902)

Au mur ondulant, couronné de tuiles faites en carapace de tortue.

En pratique

Adresse : Passeig Manuel Girona, 55-61, Barcelone

Accès : assez décentrée, on peut néanmoins voir cette porte facilement grâce au bus touristique (proche de l’Hôpital Sanitas Cima).

Casa Batlló (1904-1906)

Un des grands classiques de Gaudi, une magnifique maison au style marin, en plein cœur de Barcelone.

Patrimoine UNESCO

Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia, Casa Balto
L’aquatique Casa Balto
En pratique

Adresse : Passeig de Gràcia 43 (quartier Eixample)

Accès : Métro : Passeig de Gràcia (L2 L3 L4)

Horaire : tous les jours, 9 h – 21 h

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Casa Milà - Pedrera (1906-1912)

Dont nous avons déjà parlé plus haut.

Patrimoine UNESCO

En pratique

Adresse : Provença 261 (quartier Eixample)

Accès : Métro : Diagonal (L3, L5) ; Bus : 7, 16, 17, 22, 24, 28.

Horaire : du 1er mars au 4 novembre : 9 h – 20 h ; du 5 novembre au 28 février : 9 h – 18 h 30 ; Fermé : 25 et 26 décembre et 1er et 6 janvier

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La Sagrada Familia (1883-1926)

Dont nous avons déjà parlé plus haut.

Patrimoine UNESCO

En pratique

Adresse : Calle Mallorca, 401, Barcelona

Accès : Metro : L2 and L5 Sagrada Familia ; Bus : 19, 3, 34, 43, 44, 50, 51, B20, B24

Heures d’ouverture : novembre – février : 9 h – 18 h ; mars : 9 h – 19 h ; avril – septembre : 9 h – 20 h ; octobre : 9 h – 19 h ; 25 et 26 décembre, 1 et 6 janvier : 9 h – 14 h

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Bonus : cinéma 4D « Gaudi experiencia »

Ne manquez pas le cinéma 4D près du Parc Güell : une expérience familiale (d’accord, c’est pour les enfants… mais comme nous sommes des grands enfants, nous nous sommes bien amusés !)

Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia, Parc Guell
Le cinéma 4D sur Gaudi : une expérience à tenter !
En pratique

Adresse : Calle Larrad 41, Barcelone

Accès : sur une des rues qui montent vers le Parc Güell ; Métro : les stations les plus proches sont Vallcarca et Lesseps (L3). Suivre les indications sur les panneaux touristiques ; Bus : 24, 31, 32, H6 (ancien 74), 92, Bus du quartier 116 ; Bus touristique ligne rouge arrêt Parc Güell.

Horaire : en été (avril à fin septembre) : 10 h – 19 h ; en hiver (octobre à fin mars) : 10 h 30 – 18 h

Tarif : 9 €

Gaudi hors Barcelone

Car il n’y a pas qu’à Barcelone que l’on peut admirer les œuvres de cet architecte ! Gaudi est surtout connu pour son travail dans cette ville catalane, mais il a également réalisé de belles et grandes œuvres ailleurs en Espagne. Je n’en ai encore visité aucun… mais ce n’est pas l’envie qui me manque ! Pour un prochain voyage en Espagne, qui sait…

Le Caprice de Gaudí (1883-1885)

Ça a l’air tout mignon et nous donne très envie de prévoir un petit voyage en Cantabrie !

En pratique

Adresse : Barrio de Sobrellano s/n, 39520 Comillas, Cantabria

Accès : Bus : depuis Santander y Comillas ; peut se visiter aussi sur le Chemin de Santiago de Compostelle !

Horaire : en automne (de mars à fin juin + le mois d’octobre) : 10 h 30 – 20 h ; en été (de juillet à fin septembre) : 10 h 30 – 21 h ; en hiver (novembre à fin février) : 10 h 30 – 17 h

Tarif : 5 €

Le Palais Episcopal d’Astorga (1889-1893)

Une des rares œuvres importantes de Gaudi hors de Catalogne. Suite à un incendie destructeur qui réduisit l’ancienne résidence épiscopale en cendres, Gaudi fut chargé de la construction d’un nouveau palais. Mais la mort de l’évêque quelques années plus tard vient compromettre le projet et Gaudi abandonne la direction des opérations. Un autre architecte termine le projet quelques années plus tard, mais le palais ne sera jamais utilisé comme résidence et devient, en 1964, le Musée des Chemins, consacré aux chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

En pratique

Adresse : Plaza de Eduardo Castro, 24700 Astorga, León

Horaire : 10 h – 14 h et 16 h – 20 h, fermé le lundi

La Casa Botines (1891-1893)

Austère, d’inspiration gothique, ce bâtiment de Gaudi possède une structure moderne de forme quadrangulaire, reposant sur des piliers métalliques.

En pratique

Adresse : Plaza San Marcelo, 5, 24003 León, Espagne

La Cathédrale de Palma de Majorque (1903-1914)

Cette cathédrale (dont le début de la construction remonte à 1229) n’est pas à proprement parler de Gaudi. Mais l’évêque de l’époque demanda à notre fameux architecte de prendre en charge des travaux de restauration. Malheureusement, Gaudi abandonna ce projet suite à différents événements (la mort de l’évêque, un désaccord avec l’entrepreneur).

En pratique

Adresse : Plaza Almoina, s/n, 07001 Palma de Mallorca, Islas Baleares, Espagne

Horaire : peut se visiter (ainsi que le musée) en semaine au printemps (d’avril à fin mai + le mois d’octobre) : 10 h – 17 h 15 ; en été (de juin à fin septembre) : 10 h -18 h15 ; et en hiver (de novembre à fin mars) : 10 h – 15 h 15 ; et se visite le samedi toute l’année de 10 h – 14 h 15.

Les Jardins Artigas (1905-1906)

Toujours en Catalogne, mais hors de Barcelone, Gaudi a conçu ce jardin naturaliste avec des pierres, de la végétation et de l’eau ; un projet qui ressemble au parc Güell, mais dans de plus petites dimensions.

En pratique

Adresse : Afores, s/n – Camí de la Pobla a Clot del Moro

Accès : situé à 130 km de Barcelone et 70 km de Manresa

Horaire : été (juillet à septembre) : 10 h – 19 h ; hiver (mi-septembre à fin juin) : fermé, mais possible de demander la clé au Bureau de Tourisme de la Pobla.

Tarif : 4 €

L’univers féérique de Gaudi : de la magie au naturel

Finalement, s’il ne fallait retenir qu’une idée de Gaudi et son œuvre, pour moi, ce serait : « la magie de la nature ». Voir de la beauté dans tout ce qui nous entoure, de la magie dans notre quotidien… et du paradis sur terre !

« Pour bien faire les choses, deux éléments sont nécessaires : d’abord l’amour, ensuite la technique » (Gaudi)

Barcelone, Gaudi, Sagrada Familia
Majesté et légèreté pour une ambiance féérique (Sagrada Familia)
Pour plus d’informations pour préparer votre voyage, je vous invite à visiter le site de l’Office du Tourisme de Barcelone, celui de Brussels Airlines (grâce à qui nous étions à Barcelone en tant que #BrusselsAirlinesReporter) et OK Apartment Barcelona, pour se loger facilement dans la ville.

Et vous, des coups de cœur ou conseils dans la « Barcelone de Gaudi » à nous partager ?

12 commentaires

  1. Vos photos sont tout simplement splendides ! J’avais oublié à quel point l’intérieur de La Sagrada Familia était beau et lumineux ! Vous transmettez très bien cette ambiance féérique et la magie de Gaudi : bravo pour ce reportage <3

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  2. La Sagrada Familia est superbe, mais l’oeuvre ne sera jamais terminée. Je l’ai vue à 20 ans, je l’ai revue à 70 ans : peu de changements, une partie latérale a été financée par les Japonais m’a dit un guide. Mes photos 50 ans après sont bien identiques; dommage.

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    • Bonjour Monique, merci pour votre message.
      C’est ce que beaucoup de personnes pensent : la Sagrada Familia resterait éternellement inachevée. Mais cela rajoute aussi une touche de mystère autour de cette oeuvre monumentale 😉

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  3. Très très bel article, bravo de nous faire partager ton admiration pour ce génie. Ce qui me passionne le plus chez lui c’est la complexité mathématique de ses formes (en particulier les colonnes de sa cathédrale).

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    • Merci beaucoup Pierre ! Oui, sa maîtrise des mathématiques et leur application si artistique dans ses constructions est vraiment impressionnante 🙂

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  4. « Pour bien faire les choses, deux éléments sont nécessaires : d’abord l’amour, ensuite la technique » 🙂
    Bel article , ça me donne très envie de retourner admirer ces belles œuvres que l’on jugeait extravagantes (que je trouve pour ma part psychédéliques).

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    • Merci Aurelon 🙂 J’adore cette citation moi aussi ^^ Et j’en suis à peine partie que je veux déjà y retourner !

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  5. Tu écris très bien et la mise en page est vraiment excellente ! Merci et bravo !

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    • Merci beaucoup Maria, ton commentaire me va droit au coeur !

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  6. Un nom prédestiné -> « Gaudi », en latin, veut dire joie !

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    • Oui ! 😀 Je viens de l’apprendre aujourd’hui même ! 🙂

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