Un sac sur le dos
Amandine

Les arnaques en voyage : un passage obligé ? Peut-on les éviter ? Ou, une fois que le mal est fait, s’en remettre et les surmonter ?

Conseils et déboires d’une grande naïve en voyage…

Les arnaques en voyage : passage obligé ?

Tout le monde « connait quelqu’un qui a un ami qui a déjà vu » un voyageur se faire agresser à l‘étranger. Mais quand on parle « arnaque », tout le monde connait directement un proche ou a lui-même été victime d’une arnaque en voyage. Pas besoin de fabuler ni d’aller très loin : les arnaques sont monnaie courante dans le monde du tourisme.

Pourquoi tant d’arnaques ? Pourquoi tant de victime ?

Sans doute parce que c’est facile : hors de sa zone de confort et de ses repères, le voyageur étranger ne sait pas ce que valent les choses, ne connait pas forcément la langue ni les us et coutumes du lieu qu’il visite.

Sans doute aussi parce que c’est tentant : voir des étrangers sortir de gros billets, avoir de beaux appareils photo autour du coup… Les inégalités sociales à travers le monde ne sont pas ici une excuse, mais bien une tentative de comprendre.

Éviter les arnaques, mais à quel prix ?

Je suis une grande naïve. C’est ma faiblesse tout autant que ma force : j’aime croire que du bon existe tout autour de moi, que les gens ont du bon en eux, qu’un sourire est la meilleure manière de se faire comprendre et de communiquer…

Oui, cela me joue parfois des tours. Oui, j’ai du mal à dire « non » (mais j’y travaille !). Oui si quelqu’un m’aborde dans la rue, je vais avoir envie de l’écouter, de le regarder, de l’aider si je le peux. Alors que c’est très souvent une arnaque et/ou de la mendicité orientée « riche touriste ». Souvent… mais pas toujours. Parfois c’est une personne qui a un réel problème, une question précise, ou tout simplement le désir d’échanger quelques mots. Le souci de l’autre.

Je suis une grande naïve : j’aime voir le bon côté des choses !

Je voyage avec Monsieur Rationnel (alias François), pour qui toutes ces arnaques sont évidentes à décrypter, devancer et éviter. Souvent il me dit :

« Je ne comprends même pas pourquoi tu leur réponds, ça ne sert à rien ! »

Oui, mais c’est comme ça, c’est plus fort que moi. À la centième demande en 10 minutes d’un « tuk-tuk sir ? », je vais inlassablement répondre, comme aux 99 autres « No, thanks ».

De la peur de devenir aigrie

Mais parfois je flanche. Parfois je perds ma foi en l’être humain et en l’humanité tout entière. Juste à cause d’une mauvaise expérience, d’une mauvaise rencontre, d’une arnaque que je n’aurai pas su éviter.

Je me déteste, me traite de gourde, d’idiote et d’autres qualificatifs plus relevés… Je deviens aigrie et méfiante. Le monde entier est une potentielle menace. Fini le monde des bisounours, bienvenue en enfer (c’est bien connu : l’enfer, c’est les autres !).

Mais j’ai appris quelque chose lors de ces derniers voyages : la culpabilisation ne sert à rien. Les erreurs ne sont pas des fatalités, mais des expériences pour apprendre, grandir, évoluer. Il n’existe de véritable échec que là où l’on ne tire aucune leçon.

Il y a des choses qui sont de notre Fait, mais pas de notre Faute.

Conseils pratiques pour éviter les arnaques

  1. Connaitre les bases de la psychologie sociale

    Lors de mes études de psychologie, j’ai suivi un cours sur la psychologie sociale, domaine d’étude à mi-chemin entre la psychologie et la sociologie.

    La psychologie sociale est l’étude scientifique de la façon dont les pensées, les sentiments et les comportements des gens sont influencés par la présence réelle, imaginaire ou implicite des autres.

    (The historical background of social psychology)

    J’ai donc découvert deux méthodes de manipulation fort employées par les vendeurs pour convaincre de potentiels clients. Techniques qui semblent s’appliquer partout dans le monde et de manière très intuitive !

    1. Pied dans la porte

      Imaginez un vendeur qui fait du porte-à-porte. Il arrive à une nouvelle maison, sonne et attend. Les premières phrases qu’il va dire sont décisives. Il veut s’attirer la sympathie des gens, et surtout gagner en crédibilité, mettre la personne « dans sa poche ». La technique qu’il va utiliser ici, métaphoriquement : le pied dans la porte.

      Il va s’arranger pour avoir un premier « oui », avec une première demande qui sera vraisemblablement acceptée et, de fil en aiguille, la personne face au vendeur n’aura pas de raison de lui refuser un achat, puisqu’elle aura acquiescé à tout son raisonnement.

      • Comment cela marche ?

        Aussi appelée technique du doigt dans l’engrenage, cette méthode utilise un concept très simple : avec une première demande acceptée, elle entraîne le potentiel acheteur dans un phénomène d’engagement.

        Le but ? Rendre le refus plus difficile !

      • Dans le quotidien

        C’est typiquement la technique des personnes qui recherchent à avoir nos signatures (accompagné d’un don) pour « des bonnes œuvres » dans la rue : Oxfam, Amnesty International, WWF, Greenpeace

        « Est-ce que l’avenir de notre planète vous intéresse ? »

        … Comment répondre non à ce genre de question ! Et dès le premier « oui » lâché, vous entrez dans la spirale infernale, le vendeur vous possédant un peu plus à chaque « oui ».

      • En voyage

        Et en voyage, c’est souvent ce qu’on l’on retrouve avec des guides/vendeurs qui entament une discussion sur leur beau pays, l’intérêt culturel, la richesse historique… points sur lesquels vous ne pourrez qu’être d’accord.

        Une variante de ce type de méthode est la pseudo invitation ou la « fausse gratuité ». Gratuitement, on vous invite à entrer, à tester, à visiter, à goûter… puis on sympathise, on sourie, on argumente… et dans le meilleur des cas, vous voilà culpabilisant de profiter du temps de ces gentilles personnes sans rien leur donner en retour. Pour ce qui est du pire des cas, l’on vous sort l’addition pour la tasse entamée ou l’objet consommé : il ne reste plus qu’à payer !

    2. Porte au nez

      Méthode inverse du pied dans la porte, la porte au nez est tout aussi efficace pour manipuler un potentiel acheteur.
      Imaginez à nouveau ce vendeur de rue sonner à la porte d’une nouvelle maison. Cette fois, il ne commence pas son discours par une première petite demande qu’il est sûr de voir accepter : tout au contraire, il met les pieds dans le plat avec une requête qu’il est sûr de se voir refuser (d’où l’image de la porte au nez) !

      Après un premier refus, il revient à la charge avec une seconde demande, qui parait ridiculement minime à côté de la première… et très souvent, cette seconde requête à toutes les chances d’être acceptée !

      • Comment cela marche ?

        Cette technique aurait plusieurs bases sous-jacentes, dont la culpabilisation et le principe de réciprocité.

        1. Avoir formulé un premier refus entraîne très souvent une tension chez la personne, et une culpabilisation. L’on se sent souvent mal de dire « non ».
        2. Ensuite, voir l’autre faire « un pas en ma faveur » en diminuant ses attentes avec une seconde demande « moins coûteuse », nous force à faire un pas en sa direction, par réciprocité : donnant-donnant.
      • 
Dans le quotidien

        Cette méthode est bien connue des enfants et adolescents. Imaginez par exemple qu’un fils souhaite emprunter la voiture de son père. Il demandera d’abord à avoir la voiture pour toute une semaine, demande exagérée qu’il s’attend logiquement à voir son père refuser.

        Ensuite, il demande alors à son père de ne l’avoir que pour une journée. Sentant la concession faite par son fils, le père aura plus de chances d’accepter la seconde demande (beaucoup plus que si le fils était directement venu avec la seconde question).

      • En voyage

        Cette technique de la porte au nez est également utilisée en voyage. Imaginez un vendeur vous proposant un grand et bel objet très cher à rapporter chez vous en souvenir.

        Non, impensable, c’est trop grand pour la valise !
        Bon, pas de souci, alors que diriez-vous de ce petit souvenir à la place ?

        Vous qui ne désiriez rien acheter à la base vous retrouvez pris dans l’engrenage sans vous en rendre compte.

  2. Connaitre les arnaques célèbres pour limiter les risques

    Je ne vais pas détailler ici les différentes arnaques que l’on retrouve un peu partout, comme : le prix « à la tête du client », le taux de conversion erroné, la monnaie mal rendue, le pickpocket

    L’idée : plus vous êtes conscients de ces arnaques classiques, plus vous serez à mène de les éviter.

    Eviter les arnaques en voyage : un voyageur averti en vaut deux !

  3. Observer

    Mon dernier conseil, le plus important de tous : observer.

    Comment font les locaux ?
    Combien payent-ils ?
    Négocient-ils ? …

    Observer des locaux acheter, par exemple à manger dans la rue (street food), permet de prendre connaissance des us et coutumes et, surtout, du prix. Ainsi, plus besoin de demander au vendeur, vous pouvez tendre directement la somme nécessaire pour votre achat.

    Observer permet aussi de savoir quand il faut négocier… et quand il faut s’abstenir. Car non, tout ne se négocie pas toujours !

    Et, en dernier recours, n’hésitez pas à vous renseigner auprès d’autres personnes, par exemple à la réception de votre logement (ce que nous faisons toujours avant de prendre un tuk-tuk).

Éviter et surmonter les arnaques en voyage : une question d’attitude

Se faire arnaquer en voyage n’est pas une fatalité. C’est un risque bien présent, mais il ne faut pas non plus en faire une montagne.

De tous ces mois de voyages passés en Amérique latine, la pire arnaque dont nous ayons été victimes a été de… payer un poivron 3 fois le prix en Bolivie ! Par contre, nous avons déjà vécu quelques arnaques en Asie. Rien de grave non plus, mais oui : c’est râlant !

Se faire arnaquer laisse un goût amer en bouche et donne envie de se méfier de tous. Si être trop naïf n’est pas la plus sûre des attitudes, tomber dans la paranoïa n’est pas plus constructif et risque d’empêcher le voyageur de profiter de son aventure.

Bref : mieux vaut être conscient des risques et techniques d’arnaques… tout en sachant que l’on ne peut pas tout contrôler et que tomber dans un piège de temps à autre n’est ni une fatalité ni un drame.

Un voyageur averti en vaut deux !

Et vous, avez-vous déjà été victime d’arnaques en voyage ? Quels sont vos conseils sur ce sujet ?

Voyager sereinement : une question d’attitude

 

28 réponses à “Arnaques en voyage : comment les éviter… ou les surmonter ?”

  1. Très bon article, ça nous évitera peut être quelques arnaques pendant notre roadtrip. Par contre, je suis un peu comme toi, j’ai tendance à être un peu naïf et à croire que les autres sont par nature bons. C’est souvent le cas, et ça serait dommage de se priver de cette naïveté. Mais effectivement, il faut aussi faire attention. Et d’ailleurs, ça vaut aussi en France. On racontera peut être dans quelques mois les arnaques qu’on aura connu, on verra (même si je n’espère pas :)).

    • Merci Martin pour ton message. Comme toi, je pense que la naïveté n’a pas que des mauvais côtés !

      Ne t’en fait pas trop pour les risques d’arnaque à venir : oui, le risque est réel, mais il n’est pas si grand non plus. En plusieurs années de voyage (si on additionne nos différents voyage, nous avons passé plus d’un an en Amérique latine et plus de 3 mois en Asie), nous avons vécu très peu d’arnaques (et plus en Asie, particulièrement au Sri Lanka). Garder une attitude bienveillante est à mes yeux préférable à la « sur-méfiance ».
      
Bon voyage !

  2. Les tentatives d’arnaque personne n’y échappe !
    Pour ma part ma méfiance légendaire m’a permis de ne jamais tomber dans des traquenards. Mais peut-être arrive-t-il que je passe à côté d’une superbe rencontre d’une personne digne de confiance qui voulait juste être aimable ?
    Par rapport au prix à la tête du client c’est vrai que c’est rageant. Il m’est aussi arrivé de payer 5x plus cher un breadfruit. Quand j’ai découvert plus tard que je m’étais fais rouler ça m’a un peu vexée. Mais après tout le vendeur ne m’a pas forcée à l’achat, j’aurais très bien pu refuser ou négocier, donc je suis aussi un peu responsable.

    • Merci pour ton retour d’expérience Floriane. C’est très juste ce que tu dis : nous ne sommes jamais forcés d’acheter !
      C’est sans doute aussi ce qui nous fait tant rager quand on découvre une arnaque dans l’après-coup : d’être « tombé dans le panneau » alors qu’on pouvait l’éviter…

      Mais chaque expérience nous permet d’apprendre de nos erreurs : « on ne m’y reprendra plus  » ! 😉

  3. Effectivement selon nous « l’anarque » fait partie du voyage. C’est une sorte de jeu. Il faut prendre cela plus comme de la négociation. Certes nous ne sommes pas habitués à cela en France : nous achetons au prix affiché !
    Bien sur à la longue cela peut peser sur le moral et la motivation. De notre côté, le Vietnam nous a mis les nerfs à rude épreuve et nous gardons donc une « mauvaise image » des vietnamiens du circuit touristique …
    Je me permets d’ajouter un conseil qui est celui d’apprendre à dire « Non » comme les locaux. Je m’explique. Au Népal ou dans d’autres pays, un simple geste de la main, des yeux ou autres vous permet de faire comprendre aux vendeurs que vous ne voulez rien … Cela fonctionne parfaitement car les vendeurs se disent que vous connaissez les codes du pays et que, donc, vous êtes un « habitué ». Testé et approuvé !

    • Merci Romain pour ton message. Autant je suis d’accord de dire que la négociation est un jeu qui fait partie du voyage ; autant cela me dérange de dire la même chose de l’arnaque. Oui, le risque est présent n’importe où sur terre (y compris chez nous). Mais y voir là la « normalité » et même « l’esprit » du voyage, non, pas à mes yeux.

      Et lorsque l’arnaque ou le « degré » d’arnaque, tant dans la fréquence que dans l’intensité, devient trop important, cela peut réellement gâcher un voyage, ruiner l’ambiance et la possibilité d’échange positif et bienveillant avec les habitants du pays visité. Nous avons eu ce genre de vécu au Sri Lanka (j’en reparlerai dans un prochain article d’ici une semaine ou deux).

      Apprendre à dire « non » fait certainement partie des apprentissages de la vie ; mais plus que cela, je pense que c’est d’abord et avant tout une question d’attitude (la manière de dire ce « non » aura un impact énorme sur son efficacité !). Mais malgré tout, cela ne suffit pas toujours (par exemple dans le cas de vendeurs de rue harcelants, d’enfants mendiants ou de tuk-tuk acharnés). L’attitude « perdue » et « contemplative » du touriste/voyageur qui découvre tout pour la première fois aura certainement l’air plus vulnérable pour les potentiels vendeurs que celui qui marche d’un pas décidé en regardant droit devant lui…

  4. Ahhhh les arnaques ou les tentatives d’arnaques… Si elles peuvent m’agacer lorsque je suis fatiguée ou dans certains pays ou l’insistance ou l’ampleur des arnaques dépassent mes capacités de patience, je suis généralement assez paisible avec ça. D’abord parce que je sais dire non, et avec le sourire, lorsque quelque chose ne me convient pas. Ensuite parce que même lorsque je perçois la tentative « d’arnaque » ou de gonflage de prix je relativise en me rappelant de l’énorme différence de niveau de vie entre eux et moi.

    Ma technique personnelle pour rester calme même quand je sais que je suis en train de me faire « arnaquer », par exemple sur le prix d’un taxi :
    1) le convertir en euros (c’est toujours moins cher qu’un taxi à Paris au final, du coup si je paye deux euros trop cher ou qu’on fait un petit détour, je me dit que finalement ce n’est pas si grave),
    et 2) négocier jusqu’à un tarif que je juge acceptable pour moi, même s’il est plus cher que celui des locaux. Je peux payer mon poivron trois plus cher avec plaisir s’il reste trois fois moins cher que mon poivron en France : ils y gagnent et je n’y perds pas trop, alors pourquoi s’énerver ? Je trouve que ça peut être une certaine manière de partager nos richesses…

    • Merci Tara pour ton message. J’aime la nuance que tu viens apporter : souvent notre état de résistance (lié à la fatigue, l’accumulation…) joue pour beaucoup dans notre capacité à gérer/tolérer/surmonter certains désagréments du voyage, comme les arnaques !

      Pour moi, il y a différents styles d’arnaques, et différents niveaux de gravité. Si je n’aime pas de manière générale avoir la sensation de m’être fait « rouler », prendre pour une idiote, « embobiner »… je ne diabolise pas pour autant toutes les arnaques. Je suis néanmoins prudente avec le discours « c’est normal », « ça fait partie du jeu », « ils ont bien le droit »… car j’aime penser que les relations humaines peuvent être bienveillantes et non « pourries » par l’argent (comme je l’ai dit, je suis une grande naïve idéaliste !).
      Mais oui, souvent, ce petit « plus » qu’on m’aura demandé ne correspond qu’à quelques centimes pour moi ; donc oui, je relativise aussi !

      Ton approche me parle et je pense que j’applique quelque chose de similaire la plupart du temps.
      En tout cas, je rejoins ta conclusion : s’énerver ne sert à rien (et même souvent contreproductif) ! 🙂

  5. On peut dire qu’on paie pour apprendre quand on voyage 😉
    J’ai pour ma part été racketté par un policier thaïlandais ( la grande classe). Nous avions l’habitude de louer une moto pour faire du tourisme et j’ai été arrêté par ce policier qui, faute de permis valable, m’a soutiré 500 bahts. J’ai appris plus tard que peu de gens avaient le permis là-bas. Sur le moment je ne savais pas comment réagir vu le statut de mon voleur, j’ai préféré payer que de prendre le risque ! 🙂

    • Oui Alexis, « gagner de l’expérience » en voyage est une vraie école de vie… qui peut parfois coûter cher dans le cas des arnaques !

      Pas de chance pour le racket par le policier en Thaïlande : on nous a raconté que ça touchait surtout les locaux (petits commerces) et les usagers de la route (locaux comme touristes)… Du coup oui, le coup de la moto ne m’étonne qu’à moitié, car j’ai déjà entendu d’autres retours similaires au tien; et je n’ai jamais entendu que ce genre d’histoire finisse mal (si ce n’est quelques baths en moins dans la bourse) ^^

      Ne pas connaître les us/coutumes et les risques réels dans chaque pays renforce la peur de se faire arnaquer, mais surtout la peur des conséquences (dans les histoires comme la tienne). Savoir comment « il faut réagir » est impossible sans conseil extérieur de locaux et expatriés. D’où l’équation simple : touriste = proie facile !

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