Un sac sur le dos
Amandine

Cet été, j’ai fait la Corse, la Croatie, l’Espagne…

Cette expression ne vous donne pas des boutons ? Moi si ! Comment peut-on « faire » un pays en le visitant ? Le mystère reste entier…

Et puis, cette notion de faire induit que l’on en a fait le tour et que l’on a « tout vu » de ce pays. Moi je dis chapeau bas ! Car, d’aussi loin que remonte ma mémoire, je peux affirmer que je n’ai jamais fait le tour de quoi que ce soit…

Tout voir est un mythe bien pesant… et inutile !

4 raisons pour ne plus vouloir tout voir

Le challenge impossible

Le programme est établi : les visites s’enchaînent et l’itinéraire optimal dessiné sur la carte de la ville évite de se perdre et de perdre son temps.

Rentabilisons nos vacances : il faut tout voir !

Personnellement, je suis incapable de voyager avec un programme. Parfois j’essaye, un peu… Mais l’idée que tout soit défini et programmé me donne des sensations de claustrophobies : je me sens enfermée dans mon voyage. Piégée par ma propre organisation. Le voyage devient une obligation ! Quel non-sens !

Et surtout, quel stress ! Se dire que l’on a un planning à tenir, c’est garder un mode de vie semblable à celui de notre routine quotidienne « métro-boulot-dodo ».

À 9 h : réunion avec le patron, à 18 h : aller au magasin… À 9 h : visiter le musée, à 18 h : tester le restaurant conseillé dans le guide…

Mais la vie, comme le voyage, ce n’est pas une liste de course ! À chacun de trouver ce juste équilibre entre trop et trop peu organiser son voyage (et sa vie !).

Laisser du temps au temps

L’idée que se perdre est une perte de temps ? Un non-sens absolu !

Quel plaisir de divaguer, les pieds cherchant leur voie tandis que l’esprit est à la contemplation et à l’imprégnation.

Car l’ambiance d’un lieu rentre autant par les pieds que par les yeux.

Se perdre dans les ruelles de Trogir (Croatie)

Que ce soit pour un voyage au long cours ou un city trip, laisser le temps au temps est pour moi un impératif en voyage. Bien sûr, cette nonchalance prend d’autres dimensions dans un voyage de plusieurs mois comparé à un séjour d’une semaine… Mais se laisser du temps « vide »,  où rien n’est programmé, c’est à mes yeux le plus grand luxe du voyageur !

Alors oui, parfois, quand on improvise, c’est la panique à bord ! Il va bientôt faire nuit, on vient de débarquer en territoire inconnu, on ne parle pas la langue, on n’a aucune idée de l’endroit où l’on est et, en plus, les panneaux des rues sont illisibles… Improviser et se perdre, ce n’est pas toujours confortable.

Mais il y a des petits trucs pour éviter de « mal » se perdre :

C’est-à-dire se perdre à des moments où l’on n’en profiterait pas !

Par exemple : calculer son heure d’arrivée à la prochaine destination pour avoir encore quelques heures de lumière afin de trouver tranquillement un endroit où passer la nuit.

Généralement, je ne réserve jamais, sauf pour la première nuit, celle qui suit le vol d’avion : entre le décalage horaire, l’effet « lendemain de la vieille » suite à de longues heures d’immobilité et une nuit écourtée dans l’avion, le tout s’additionnant au possible « choc culturel » à l’arrivée… Je préfère donc prendre les devants et réserver juste pour cette première nuit. Une façon d’atterrir en douceur et d’éviter le stress inutile.

Pour le reste, et surtout pour les voyages au long cours, c’est « free-style » et « carpe diem ». On verra où le vent nous mène, demain est un autre jour…

Et comme me disait toujours mon père : On n’est pas perdu, on a juste pris un raccourci plus long…

Expérimenter le « slow travel »

Le « slow travel », vous connaissez ? C’est un terme à la mode pour parler de « voyage lent », prônant un autre rythme pour découvrir le monde. Un rythme moins mécanique et plus humain. Le top du top ? Voyager au rythme de ses pieds, que ce soit par la marche ou le vélo.

J’admire beaucoup les voyageurs qui se lancent dans des projets de longs voyages sans autre moyen de locomotion qu’eux. Un voyage au bout du monde et surtout au bout de soi. Je rêve d’entreprendre un voyage pareil un jour (cela fait partie des 1001 idées qui gravitent dans mon esprit : ne reste plus qu’à les ordonner !).

En laisser pour une prochaine fois

– Je n’ai voyagé que dans la partie nord du Pérou et… je n’ai pas vu le Machu Picchu !

– Comment ? *Voix indignée* Est-ce vraiment possible ? C’est comme visiter la France et ne pas voir la Tour Eiffel ! Impensable !

Hé oui, c’est possible. Si si, je vous assure.

Mais ce n’est pas définitif.

Il faut toujours utiliser ce petit mot magique : « encore ».

Je n’ai pas encore vu le Machu Picchu. Je ne parle pas encore japonais. Je ne connais pas encore cette culture. Je n’ai pas encore voyagé en Afrique.

Avec « encore », rien n’est fermé, tout est possible.

La preuve, depuis ce premier voyage au Pérou, nous y sommes retournés déjà deux fois et avons, lors d’un de ces voyages, été admirer la splendeur du Machu Picchu (et de bien d’autres cités incas). Par contre, nous n’avons pas encore été nous perdre du côté d’Iquitos… Un jour !

Le long des rails vers Aguas Calientes et le Machu Picchu

Ne pas « tout voir » devient ainsi une bien bonne excuse pour repartir et revenir sur ses pas, tenter de terminer ce que l’on a commencé. Car l’inachevé, ce n’est pas tolérable dans notre culture. Cela fait négligé !

Et voilà comment tourner la mentalité de notre culture sédentaire en tremplin pour voyager davantage !

Tout voir : le mauvais plan !

Entre le stress, le manque de contact avec le pays traversé, le rythme insoutenable et le fait de se couper l’herbe sous le pied pour continuer à voyager… mon verdict est clair : tout voir, c’est vraiment une belle arnaque !

Et vous, avez-vous déjà tout vu ? Où en laissez-vous pour une prochaine fois ?

Si cet article fait écho chez vous à des envies ou des difficultés personnelles, n\'hésitez pas à me contacter pour une demande de coaching. Psychologue de formation et coach de vie, je propose d\'accompagner les (futurs) voyageurs pour un bout de cheminement personnel, à travers un coaching personnalisé selon vos envies, besoins et objectifs.
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Commentaires

    • Je viens régulièrement sur votre site et je me lance dans mon premier commentaire!
      Personnellement, j’ai toujours un programme ou plutôt « un plan », que ce soit pour un city trip et voyage plus long. Je sais à l’avance où aller, comment y aller et quand y aller.
      Après, le jour J, si on veut tourner à gauche et partir dans le sens opposé, on le fait sans problème. Je ne vais pas attraper des boutons ou un urticaire pour la cause.
      Je pars plus sereine si je suis organisée et j’ai toujours un petit « jour off » pour les imprévus ou ce que je n’ai pas su faire les jours précédents.

      Au plaisir de vous lire.

  1. Super article. Je suis en Australie depuis presqu’un an. Je repars dans 1 semaine en France ET chose incroyable pour beaucoup, je n’ai pas vu l’Uluru, ni même les 12 apôtres, ni même la terre rouge du centre !!! Comme vous dites, j’en garde pour mon prochain voyage 😉

    • Merci Mö ! Nous avons vécu quelque chose de similaire avec notre 1er voyage au Pérou comme je le raconte dans l’article. Ne pas avoir été visiter le Machu Picchu semble être un véritable crime pour certains !

      Mais dans le fond, le plus important c’est de suivre ses envies et la manière de voyager qui nous correspond… Et puis, si en plus ça donne une bonne excuse pour repartir voyager, c’est parfait ! Bonne fin de séjour en Australie… et déjà futur bon voyage de retour là-bas ! 😉

  2. Je comprends tout à fait ton point de vue c’est vrai que cette tendance à parler de ses voyages comme du dernier objet que l’on a consommé ne me plaît pas non plus. Dire qu’on a fait 50 pays ne veut absolument rien dire. Néanmoins, je l’avoue, quand je parle de mon tour du monde, je dit aussi que je veux tout voir. Tout simplement parce que c’est vrai et j’y crois 😉 Pour moi le rêve ultime serait de passer le reste de ma vie à voyager et explorer les 1001 choses que ce monde à a offrir… pas de lynchage ça va? :p

    Le nouveau challenge sera aussi de tester les « trous dans le planning ». J’ai tendance à vouloir tout organiser tout simplement parce que, pour le moment, je ne suis partie que dans de courts voyages, j’ai hâte de prendre le temps de me perdre et de découvrir ma nouvelle destination « par les pieds » comme tu dis ;). Merci de cet article :p

    • Merci Nath pour ton commentaire, toujours un plaisir de te lire 🙂 Le « voyage-consommation » ou « voyageur-consommateur » est une tendance dans laquelle il est facile de tomber : consommer les pays comme on part en croisade, pouvoir les biffer sur une carte comme on biffe les éléments de sa liste de course… Je pense que les mots que nous utilisons reflètent, même (ou surtout) inconsciemment, une certaine réalité ; c’est pourquoi je suis sensible à cette expression qui, à la longue, me fait hérisser les cheveux : « faire un pays ». On fait un voyage, pas un pays !

      Comme tu le soulignes, la quantité n’a pas de sens en voyage : durée, nombre de pays visité… ces chiffres ne pourront en rien résumer une expérience de voyage, son intensité, ses rencontres, ses (més)aventures… La qualité avant la quantité !

      Tout voir est un beau rêve… mais c’est surtout un challenge impossible ! Déjà à la base, il nous faudrait plus de vie qu’à un chat pour pouvoir visiter tous les pays du globe en profondeur. Et ensuite, le temps d’en avoir fait le tour (imaginons que notre espérance de vie ait été étirée), ce que l’on aura vu aura changé… Car il n’y a qu’une seule constante dans ce monde : le changement ! Ainsi, jamais l’on ne pourra dire « j’ai tout vu, je connais tout de notre planète » ! C’est une double mission impossible à mes yeux !

      Je suis une grande rêveuse : j’espère découvrir 1001 beautés de notre monde… Mais je me fais une raison : même si j’en découvre 100001, jamais je ne les verrai toutes ! Même si notre planète semble un espace défini, je sais que je n’en aurai jamais fait le tour. C’est à la fois décourageant et passionnant, exaltant, excitant, stimulant… Notre monde est plein de ressources et nous réserve de belles surprises 😉

      Prendre le temps de ne rien prévoir (ou prévoir de ne rien prévoir !) : un beau paradoxe 😉 C’est un peu perturbant la première fois, surtout si l’on a l’habitude de bien planifier les choses. Mais, pour moi en tout cas, c’est rapidement devenu une drogue ! Je prévois de moins en moins (pour ainsi dire rien du tout), surtout lors de longs voyages.
      C’est sur que pour un citytrip de quelques jours, je me renseigne un minimum sur ce qui me ferait plaisir de découvrir. Mais même là, je fais déjà le choix a priori de ne pas me surcharger de visites, afin de marcher en flânant dans les rues et de ne pas me mettre de pression avec des objectifs trop élevés. Je préfère voir moins, mais voir à mon rythme (enfin, à notre rythme, et celui de François peut être très lent… surtout s’il faut chaud et qu’il vient de manger : c’est l’heure de la sieste qui appelle ! 😉 ).

      • Oui je vois ce que tu veux dire. C’est vrai qu’en soi il est impossible de tout voir vu la vitesse à laquelle ce monde change et évolue. Comme tu dis, frustrant et à la fois excitant mais, si j’arrive à en voir ne serait-ce qu’une partie, j’aurai au moins la satisfaction d’avoir réalisé mon rêve :p

        J’aime bien l’idée de prévoir de ne rien prévoir :p! Effectivement pour un citytrip, ça devient compliqué. Quand on est parti à NYC pour une semaine, on était obligé de prévoir un minimum sinon il y a vite moyen de passer à côté de certaines perles. Ca ne nous a pas empêché de flâner aussi et c’est vrai que c’est quand même super agréable! Encore rien de prévu pour Voiron la semaine prochaine, on va improviser!

        Je te comprends tout à fait, Séb a parfois ses moments de lenteur mais ça me freine et me permet de calmer mes ardeur, un bon compromis :p. Et puis avec sa découverte de la photo, tout prend plus de temps et c’est finalement pas plus mal!

        Toujours un plaisir de te lire aussi, merci de prendre le temps à chaque fois!

  3. MERCI MERCI MERCI pour cet article Amandine 🙂
    « Pour les prochaines vacances, je veux un long mois et visiter le sud de la Croatie, la Bosnie, le centre et le nord de la Serbie, le sud de la Hongrie » et là… je pers mes potes qui ne comprennent pas mes voyages. Pourquoi la Croatie ? Tu en reviens, t’as déjà vu le plus intéressant, non ?
    Pourquoi seulement des parties de pays ?
    « Quand j’y retourne, j’ai un regard différent de ma première rencontre, mon regard découvre de nouvelles choses… Quand tu restes trop longtemps dans un même pays, j’ai le sentiment de moins voir autour de moi »
    Vous avez déjà eu ce sentiment ces derniers temps?

    • Merci merci merci Céline pour ton commentaire ! 😀

      Revenir à un pays qui nous a touchés, cela n’a rien de choquant à mes yeux ! Mais je suis habituée à avoir ce genre de retours également : « L’Amérique latine ? Encore ?  » – « Le Pérou ? Une troisième fois ? Mais vous n’avez pas déjà tout vu ? »…
      Hé bien oui, encore ! Et non, jamais ! 😉

      Je comprends bien le vécu que tu mentionnes, de voir les choses différemment d’un voyage à l’autre.
      Lors de notre retour au Pérou au 3e voyage, j’avais presque l’impression de « rentrer à la maison » : retrouver ses repères… et en même temps, voir tout ce qui a changé et aussi tout ce qui nous avait échappé : des pans inconnus de la culture vivante et de l’histoire ancienne, des spécialités gastronomiques que nous n’avions pas encore testées…

      Quant au vécu « de moins voir en restant trop longtemps », je ne suis pas sûre de bien comprendre ce que tu veux dire…
      Mais ce que j’ai déjà remarqué, c’est que lorsque l’on est dans une région pendant longtemps, ce qui au début retenait mon attention ou me choquait (par rapport à mes représentations occidentales : par exemple les animaux qui traversent les rues librement, les moyens de transport locaux, le chaos coloré local…) me parait alors complètement normal et ne retient plus du tout mon attention. Cela fait partie du paysage. C’est assez amusant à observer comme phénomène : je me dis souvent : « tiens, ça, il y a quelques semaines, cela m’aurait amusé (par exemple une famille complète sur une moto) et j’aurais voulu prendre une photo », ce que je ne fais même plus… Habituée, blasée, acclimatée… ?
      C’est de ce genre de vécu dont tu parlais ?

  4. Effectivement c’est aussi ma philosophie en voyage. C’est le meilleur moyen de profiter et de s’imprégner totalement de la culture du pays que l’on visite.
    Merci !

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