Un sac sur le dos
Amandine

Le Mont Koya, c’est sans doute l’un des cimetières les plus célèbres du Japon, l’une des forêts les plus magiques et l’un des lieux les plus chargés en ferveur. Le Mont Koya, c’est surtout l’histoire d’une balade entre les cèdres centenaires et les stèles semblant nous raconter l’histoire de cette forêt enchantée. Bref, le Mont Koya, c’est une balade en plein conte de fées !

Mont Koya, nous voilà !

Le Mont Koya, c’est l’histoire d’un rendez-vous sans cesse postposé. Pas un regard lors de notre premier voyage au Japon. Frôlé lors de notre second. Et enfin, la troisième fut la bonne !

Le mont Koya est une montagne sacrée dans la région de Wakayama, lieu de pèlerinage bouddhiste. À Koya, il y a presque autant de temples que d’habitants (dont près de la moitié sont d’ailleurs des moines !) : l’endroit idéal pour une retraite spirituelle et vivre l’expérience de dormir dans un temple.

Si les lieux sont magiques, c’est dans le trajet jusqu’à Okuno-in dans parc Ryujin que l’aventure réside ! Les trains se succèdent les uns aux autres, cédant ensuite la place à l’un des plus beaux (et des plus raides !) funiculaires que nous ayons jamais vus. Rouge et blanc, tel un jouet d’enfant grandeur nature, il amène les visiteurs au sommet, où il ne reste plus qu’à prendre un bus jusqu’à l’orée de la forêt.

La balade entre les cèdres centenaires, rythmée par le bruissement doux du vent dans les branches, nous emporte hors du temps. L’odeur humide et réconfortante de la forêt emplit mes poumons alors que mes yeux se gorgent de vert : la mousse recouvre tout. Arbres, tombes, stèles et panneaux. Dès les premiers mètres, cette couverture moelleuse donne au lieu des airs de forêt enchantée.

Koya, promenade au pays des contes de fées

Alors que je m’attendais à voir surgir elfes, fées ou lutins, les seules créatures ailées à s’être manifestées ont été… les moustiques ! N’entamant en rien notre enthousiasme, nous avons profité de chaque pas entre ces cèdres géants, pins et cyprès. Discrètement, cachés entre leurs racines, de petites statues de pierres habillées de tissus et chapeau rouge vif veillaient sur les lieux.

Avant de venir au Mont Koya, j’avais admiré les photographies faisant ressortir l’aura magique et mystérieuse du site. Lumière divine filtrant entre les branches. Brume semblant protéger les secrets de la forêt. J’étais impatiente de découvrir ces tableaux « pour de vrai ». Mais le ciel en a décidé autrement : chargé de gros nuages blancs, il ne nous a offert ni rayon de soleil divin ni brume mystique…

Et malgré tout, c’était magique !

Tout au bout de cette promenade en plein animé de Miyazaki se trouve le temple le plus important de Koya : le mausolée dédié au culte du fondateur de la secte bouddhiste shingon, Kûkai, aussi appelé Kôbô Daishi. De nombreuses légendes se racontent autour de ce bouddhiste nippon du VIIIe siècle, certaines murmurant qu’il serait toujours vivant, méditant au cœur du cimetière.

Le Mont Koya en 9 photos

Les mots ne suffiraient pas à vous partager la beauté des lieux : place aux photos prises par François lors de notre balade dans ce conte de fées dans le cimetière Okuno-in au parc Ryujin.

Se promener entre les cèdres et les tombes
Tombes du cimetière Okuno-in à Koya
Okuno-in au Mont Koya
Comme un air de conte de fées
Ambiance féérique au cimetière d’Okuno-in au Mont Koya
Dernière demeure aux airs de maison de sorcière
Les statues de pierre veillent sur le cimetière
Hommages aux tombes et veilleurs de pierre
Mystère et conte de fée au Mont Koya

Une prochaine fois…

Avec les premières feuilles rougeoyantes qui pointaient le bout de leur nez, nous nous sommes promis de revenir en automne pour profiter du spectacle du momijigari comme disent les Japonais.

Et nous dormirons au moins une nuit sur place, dans un temple. Nous ne l’avons pas fait ce voyage-ci, car nous étions accompagnés de mes beaux parents et dormir « à la japonaise », c’est-à-dire sur des futons posés au sol, n’est pas évident pour eux. Dormir sur place nous permettra de profiter de l’ambiance de Koya, de nous ajuster aux jeux de lumières et caprices météorologiques, mais aussi de visiter davantage les nombreux temples de ce Patrimoine de l’Humanité.

Et peut-être en profiterons-nous également pour nous perdre sur les chemins de randonnée des pèlerins, Chôishi-Michi, et plusieurs de ses promenades. Nous avons pris plaisir à marcher entre différents temples du Mont Koya, mais il nous reste encore tant à explorer…

Marche entre les temples de Koya
Torii au Mont Koya

Le Mont Koya : informations pratiques

Itinéraires et transports pour aller jusqu’au Mont Koya

Généralement, les voyageurs y viennent depuis Osaka. Mais comme on aime faire autrement, nous sommes partis depuis Nara. Quel que soit votre point de départ, sachez que la fin de ce trajet ne fait pas partie du JR Pass.

Vous avez alors 3 possibilités pour vous y rendre. Premièrement, la plus simple : payer des tickets de train hors JR Pass (il existe des tickets combinés train/ téléférique/bus). Deuxièmement, la plus économique : allonger un peu le temps de parcours en empruntant des lignes JR le plus loin possible, depuis la ville de Wakayama jusque Hashimoto, ou depuis Nara ou Oji, jusque Hasimoto. Et troisièmement, y aller en voiture de location.

Voici les deux itinéraires les plus classiques en train : depuis Osaka et depuis Nara.

Note amusante : les annonces dans le funiculaire et la gare de Koya-san sont aussi en Français !

Funiculaire pour le Mont Koya

Mont Koya depuis Nara

Voici le trajet que nous avons fait sur une journée depuis Nara. C’était une très longue journée, avec finalement beaucoup plus de temps de trajet que de temps sur place. À refaire, nous passerions une nuit sur place pour alléger un peu les trajets et profiter davantage des lieux.

Depuis Nara, prendre un train JR jusque Oji pour attraper la ligne JR Wakayama jusque Hashimoto.

De Hasimoto, vous pouvez prendre un train de la ligne Nankaï jusque Gokurakubashi (terminus) d’où part le funiculaire.

Il existe des tickets combinés train et funiculaire. Si vous arrivez sans ticket pour le funiculaire, le guichetier vous fera payer la différence pour le ticket combiné. Le trajet en funiculaire vers Koya-san est très raide et dure 5 minutes, avec des départs fréquents, vu qu’il y a deux funiculaires qui se croisent sur la ligne.

Mont Koya depuis Osaka

Depuis Shin-Osaka, rejoindre Osaka-Namba (ou Shin Imamiya) et prendre le train vers Gokurakubashi (terminus) : 1 h 20 en train express direct (5 trains par jour) et 1 h 40 en changeant à Hashimoto (2 à 3 trains par heure).

Puis prendre le funiculaire à la station Gokurakubashi vers Koya-san, un trajet qui ne dure que 5 minutes avec deux funiculaires qui se croisent sur la ligne. De là, il ne vous reste plus qu’à prendre le bus !

Que voir et que faire au Mont Koya ?

Visiter le cimetière d’Okuno-in et le mausolée de Kukai

Deux chemins conduisent au mausolée de Kukai. Nous avons emprunté celui qui débute à l’arrêt de bus n° 11 Ichinohashi -guchi (environ 15 minutes de bus), près du pont Ichino-Hashi et sommes revenus via le terminus de la ligne de bus, l’arrêt n° 14 Okunoin-mae.

Je vous conseille vraiment de passer par le premier sentier, qui s’étend sur 2 kilomètres : non seulement la balade est très simple (c’est plat et c’est toujours tout droit), mais en plus c’est là véritablement que réside le cœur mystique et magique des lieux. C’est ce chemin qui permet de se plonger dans l’ambiance particulière d’Okono-in, le plus grand cimetière du pays.

Une fois arrivés au pont Gobyo -bashi, vous pénétrez dans l’espace le plus sacré de Koya. Le plus grand respect est demandé : par son attitude (les fidèles baissent la tête et joignent les mains), le silence à observer, ne pas boire ni manger ni fumer et ne pas prendre de photographies.

Rituel bouddhiste à Okuno-in avant d’entrer au mausolée de Kukai
Prière avant d’arriver au mausolée de Kukai à Koya

Visiter les autres temples de Koya

Il existe plus de 100 temples actifs à Koya : impossible donc d’en faire le tour en quelques jours ! Si vous ne deviez en voir que quelques un, je vous conseille d’aller visiter le temple principal de Koya, le Kongobuji, ainsi que le Danjo-Garan. On retrouve dans ce complexe nombreux temples, dont le Kondo, pavillon principal, et une pagode tout en rondeur, le Konpon Daitô.

Pagode Konpon Daitô, au pavillon Kondo de Koya
Temples et torii au pavillon Kondo de Koya
Petit pont au complexe de temple Kondo

Dormir et manger dans un temple

Je le disais plus haut, nous n’en avons pas fait l’expérience, mais c’est sur notre liste pour un prochain voyage ! Beaucoup de temples, autrefois ouverts uniquement aux pèlerins, accueillent aujourd’hui les voyageurs le temps d’un repas ou d’une nuit. Si certains déplorent une marchandisation du sacré, beaucoup témoignent de cette expérience avec l’impression d’avoir touché du bout des doigts les traditions ancestrales japonaises. Loger avec les moines est une découverte des coutumes et du mode de vie dans les temples, que ce soit à travers la prière matinale ou la cuisine, uniquement végétarienne.

Coup de cœur pour le Mont Koya

Dire que j’adoré le Mont Koya serait un euphémisme ! C’est avant tout l’ambiance de cette forêt qui a su m’envelopper de sa douceur et de sa féérie. Rien que pour elle, Koya en vaut la peine ! Mais le Mont Koya, c’est bien plus que cela. Avec ses nombreux temples, elle mérite amplement son statut de Patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO.

La seule question qui reste est celle-ci : il nous aura fallu trois voyages pour nous rendre à Koya… combien nous en faudra-t-il pour y revenir ?

Torii sacré au pavillon principal, Kondo de Koya

21 réponses à “Une journée au Mont Koya, en plein conte de fées”

  1. C’est magnifique et paisible. Le japon un rêve, je prends note de ce lieu pour mon futur voyage au pays du soleil levant. les photos sont jolies. Bonne soirée !

    • Merci pour le compliment ! Je transmets à François, ça lui fait toujours plaisir de savoir que ses photos sont appréciées 🙂
      Et oui, cet endroit a vraiment une aura particulière, calme et magique… n’hésite pas à y aller si tu en as l’occasion !

  2. Hello, vous avez été courageux de n’y rester qu’une journée ! Le trajet m’avait paru infinissable ! haha
    C’est tellement une ambiance unique, tes photos m’ont replongée dans mon voyage au Japon et ma nuit dans un temple. Pour la prochaine fois si tu y restes un peu plus longtemps va déjeuner au Komi Coffee juste devant l’entrée du cimetière Okunoin, j’y ai mangé le meilleur riz au curry de tout mon voyage ! 🙂

    • Oh oui, le trajet a été long (deux fois !)… a refaire, on ferait autrement ; mais comme je l’explique entre le lignes, voyager avec d’autres personnes, cela implique des compromis et une organisation parfois différente de ses habitudes ! ^^

      C’est vraiment l’ambiance de ce lieu qui m’a le plus touchée, au-delà de sa beauté, de sa nature, de ses temples… L’ambiance féérique où nature et spiritualité s’allient pour ne faire qu’un grand tout, un peu comme dans certains animés Ghibli 🙂 <3

      Merci pour le conseil, on le garde de côté pour cette prochaine fois qui arrivera bien un jour... 😉

      Et désolée pour le délai de réponse : j'essaye toujours de répondre à tout le monde dans un délai raisonnable, mais nous étions totalement déconnectés ces dernières semaines, en voyage sur un bateau en Antarctique !

  3. Coucou :),
    Il existe aussi le Kansai Thru pass (toutes compagnies hors JR) qui permet de circuler facilement dans le Kansai.
    Merci pour cet article qui nous aide à préparer ce petit joyau.

  4. Bonjour,

    merci pour cet article intéressant qui tombe à pic pour moi car je prépare mon petit circuit et j’en suis à l’étape « Koyasan ». Sur votre conseil, je pense effectivement prendre le bus jusqu’au terminus de la ligne à l’arrêt n° 14 Okunoin-mae, mais je songe à revenir par le sentier via l’arrêt de bus n° 11 Ichinohashi -guchi. J’aimerai donc savoir si ce sentier n’est pas trop abrupte pour un retour. Merci pour votre réponse et pour ce joli blog qui me donne encore plus hâte d’y être.

  5. Merci pour cet article et ses superbes photos qui m’ont décidé à programmer une journée à Koya-San lors de mon prochain voyage en novembre.

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