Un sac sur le dos
Amandine

Torotoro… ce nom aux consonances miyazakiennes ouvre chez moi une porte vers des souvenirs riches en émotions. Cette expérience à Torotoro reste comme une bulle à part dans notre premier voyage de plusieurs mois en Amérique latine : canyon, cascades, grottes… et dinosaures !

Je vous emmène ?

Bienvenue dans le parc de Torotoro

Torotoro : un village, un parc… une aventure !

C’est totalement par hasard que nous découvrons Torotoro. Le même hasard qui nous avait fait débarquer à Cochabamba quelques jours plus tôt : nous avons choisi de prendre un bus pour cette ville simplement parce que nous aimions la façon qu’avait la « crieuse » à la gare de prononcer ce nom :

Co-cha-bammmm-ba !

Flânant dans les rues de cette ville où il fait bon se promener, nous tombons sur des affiches intrigantes : dinosaures en vue. Il n’en fallait pas plus pour piquer la curiosité de François, et faire ressortir à la surface le petit garçon fan de Jurassic Parc (même s’il n’est jamais loin, ce petit garçon !).

Et c’est ainsi que débute notre aventure. Une affiche, des dinosaures, un nom : Torotoro ! Tels des aventuriers devant mener à bien une quête, nous tentons de rassembler des informations pour nous y rendre. Jamais cela n’a été aussi difficile de comprendre quel bus prendre et où ! Nous avons traversé des marchés, attendus à des endroits improbables… Pour finir par pousser les portes d’une agence de tourisme locale. Séduits, nous réservons pour un tour… dont nous manquons déjà le début : le 4X4 étant parti quelques heures plus tôt. Nous devons le rattraper en prenant un bus local de nuit (celui que nous cherchions en vain le jour précédent !).

De pierre et de boue

Torotoro se situe dans les vallées sèches du nord du département de Potosí, et appartient à la partie centro-occidentale de la cordillère des Andes boliviennes. La région est marquée par un paysage montagneux avec de profonds canyons, des vallées et des chutes d’eau.

Derrière ce nom « Torotoro », provenant du quechua « Thuru Thuru » (signifiant boue), se cache toute la particularité des lieux : la terre argileuse de Torotoro a gardé, prisonnières du temps, des empreintes de pas de dinosaures !

Torotoro a acquis le statut de plus petit parc national du pays afin de protéger un ara rare (à répéter 3 fois !), endémique de la région : la Paraba frente, reconnaissable avec sa tache rouge sur le front.

La paraba frente roja – © Leone Fabre

Torotoro en chiffres

Que voir à Torotoro ?

Nous ne sommes restés qu’une journée à Torotoro, mais les sites à découvrir sont tellement nombreux qu’il vaut mieux y rester 2-3 jours, afin de s’imprégner aussi de l’ambiance des lieux.

Si Torotoro est avant tout un paradis pour les amateurs de géologie, les expéditions depuis le village sont variées et permettent de découvrir la région sous des angles différents : spéléologie dans les grottes d’Umajalanta, baignade sous une chute d’eau d’El Vergel, voyage dans le temps à l’époque des dinosaures…

  1. Fossiles et empreintes : dans les pas des dinosaures

    Il y a fort fort longtemps, à l’époque de Crétacé Supérieur, le paysage montagnard de Torotoro avait un tout autre visage : c’était une zone côtière, la station balnéaire des dinosaures ! The place to be en période de migration. Le sol boueux, tendre sous les pattes, a pris soin pendant des millions d’années, avec l’aide des sédiments marins, des empreintes laissées par les vacanciers de l’époque.

    Je me souviens encore de la première empreinte que nous avons découverte. Oui, découverte. Car même si nous étions accompagnés d’un guide qui connaissait la région comme sa poche, face à ces traces millénaires, nous nous sentions comme les paléontologues de Jurassic Parc en pleines fouilles. Comme si nous étions les premiers à admirer cette trace, vortex temporel qui nous transportait, grâce à ce lien palpable, admirer les énormes créatures de la préhistoire. J’avais l’impression de voir marcher de pesants tricératops, progressant d’un pas nonchalant vers un point d’eau pour me désaltérer (c’est qu’il fait chaud de nos jours à Torotoro ! Sous quelle météo vivaient alors ces gros animaux ?).

    Plusieurs dinosaures ont été ainsi démasqués, tels des sauropodes (espèce de dinosaures quadrupèdes herbivores, de type brachiosaure et diplodocus) et même des théropodes (dinosaures prédateurs).

    Cette balade est riche en émotion pour qui sait se laisser toucher par ce parfum de voyage temporel. Voir les traces de ces animaux laisse un sentiment particulier : l’on se sent tout petit face à l’histoire de notre Terre. Et l’expédition est encore plus impressionnante lorsque l’on sait que des milliers d’empreintes sont encore à découvrir dans toute la région (avis aux amateurs !).

    Plusieurs sites pour observer des empreintes de dinosaures :

    rio Torotoro, Carreras Pampa, colline Wayllas.

    Et pour observer des fossiles marins : Siete Vueltas (le mont des 7 tournants) et la Quebrada Thajo Khasa.

  2. Descente au Paradis : le canyon de Torotoro et El Vergel

    Bienvenue à El Vergel : le Jardin d’Éden ! Pour s’y rendre, il faut descendre un canyon, sur des sentiers pentus et vertigineux… Mais, ensuite, il faut surtout gravir en sens inverse tout ce chemin parcouru !

    Descendre les pistes du canyon vers sa base est déjà toute une aventure en soi. La pente est raide, les quelques marches existantes inégales… et la vue splendide ! Les rapaces viennent compléter le tableau, jouant dans les rayons du soleil. Je ne suis encore jamais allée au Grand Canyon aux États-Unis, mais c’est un peu l’image que je m’en fais (bon, en plus grand sans doute !). La fin de la pente soulage les muscles et offre une vue totalement différente : je me suis sentie toute petite au milieu de ce décor grandiose, enfoncée dans les 250 mètres de profondeur du canyon.

    Ce paradis retrouvé possède une atmosphère cohérente avec l’expédition précédente : en sautant de pierre en pierre dans les profondeurs de ce canyon, le voyage dans le temps se poursuit… Nous sommes les premiers hommes sur terre, à la recherche d’un point d’eau, peut-être fuyant un dinosaure affamé… Qui sait ?

    Les chutes d’eau semblent couler directement depuis le ciel, et la couleur de l’eau dans les bassins est une invitation à la méditation et à la baignade (rafraichissante !).

  3. Dans les profondeurs de la Terre : la caverne d’Umajalanta

    Quittons le soleil éclatant pour nous enfoncer dans les profondeurs de la terre. Connaissant les tendances claustrophobes de François, mon impatience de réexpérimenter les joies de la spéléologie était contrebalancée par l’inquiétude que mon partenaire flanche en cours de route… Mais il a vaillamment tenu, malgré l’obscurité, malgré les cours d’eau ruisselant entre nos jambes, malgré les passages étroits parcourus sur le ventre, malgré les sauts au-dessus de vides aux allures abyssales, malgré les lampes torches qui vacillaient, à bout de batterie, alors que la lumière de la sortie n’était toujours pas en vue… Il a tenu !

    Ce voyage de 2h dans la grotte la plus profonde de Bolivie m’a enchanté ! Au pays des stalactites et stalagmites, tout prend une autre dimension. Un peu comme en plongée, on réapprend à écouter le silence, à observer l’immobile, à scruter l’espace…

    Plusieurs curiosités jalonnent le parcours : des formations aux airs de vierges, des poissons aveugles endémiques, des traces de dinosaures, des chauves-souris…

Ce que j’aimerais encore découvrir

Mon retour sur le nouveau continent dans quelques mois (« Back To America ») me donnera peut-être l’occasion de retourner à Torotoro. Dans ce cas, je sais déjà ce que je souhaiterais découvrir !

Torotoro en pratique

Comment s’y rendre ?

Depuis Cochabamba, des bus parcourent de petites routes serpentant dans la montagne, traversant villages et cours d’eau jusqu’à Torotoro. Il y a un autre accès via Oruro, mais le chemin le plus utilisé est celui depuis Cochabamba.

Bus :

Lorsque nous y sommes allés, un bus reliait Cochabamba 3 fois par semaine ; aujourd’hui il semble qu’il y ait une liaison quotidienne (compagne Trans del Norte, durée : 6h)

Nous avons fait la route de nuit à l’allée, dans un bus de campesinos : sans doute le trajet le plus folklorique que nous n’ayons jamais fait, avec des poules sous les sièges, des Boliviens assis partout (y compris sur le sol et sur mon accoudoir), et un CD avec 2 (!) chansons qui a tourné en boucle pendant tout le trajet ! Et pour compléter le tableau, nous sommes arrivés sur place après deux crevaisons et 2h30 de retard.

Nous avons fait le retour en 4X4 de jour, et avons pu voir les routes par lesquelles nous sommes passés la veille… Par moment, mieux vaut avoir le cœur (et l’estomac) bien accroché !

Pour visiter :

il est obligatoire d’être accompagné d’un guide pour visiter le parc de Torotoro. Le prix pour un guide est fixe (100Bs par circuit), quel que soit le nombre de touristes. Il est possible de trouver un guide sur place ou depuis une agence à Cochabamba.

Quand y aller ?

Le climat de la région bénéficie d’un climat tempéré à froid en hiver (surtout en mai et juin), ce qui lui a valu le surnom de « vallée du printemps éternel ». Les températures, même si elles varient en fonction de l’altitude, y sont relativement stables, avec environ 30°C l’été et 10°C l’hiver.

L’accès au village est difficile pendant la saison des pluies.

Souvenirs préhistoriques

Vous l’avez compris, Torotoro nous a laissé une empreinte indélébile ! En vous partageant mes souvenirs de voyage, je replonge dans ces expéditions riches en émotions, que ce soit au bord du canyon, dans la grotte ou sur les pas des dinosaures.

… Je ne sais pas vous, mais moi j’ai la musique de Jurassic Parc en tête maintenant !

Pour les voyageurs qui ont le temps de sortir des destinations phares de la Bolivie, je vous conseille d’aller vous perdre à Torotoro.

Tentés ? Avez-vous déjà été à Torotoro ? Des conseils ou souvenirs à partager ?

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15 réponses à “Torotoro, voyage préhistorique au coeur de la Bolivie !”

  1. Hola Amandine ! Je suis sur le point de partir au parc de Torotoro (nous sommes à Cochambamba depuis hier) et on aurait aimé savoir avec quelle agence vous avez réservé votre tour?
    Et tu sais si c’est facile de trouver un hôtel là-bas ou s’il vaut mieux prendre un tour complet avec transport et visites et hébergement ? On a du temps donc on pense y rester 2-3 jours pour pouvoir faire le canyon, la ciudad de itas, +/- la grotte de umajalanta (ma meilleure amie étant un peu claustrophobe… 😉 voire plus s’il y a d’autres choses intéressantes!

    Gracias!

    PS : ton site est super intéressant et on trouve plein d’idées grace à vous!

  2. Bonsoir Amandine
    Merci pour tes infos.
    Tu proposes de faire le tour en deux jours il y a des pensions à Torotoro ?

  3. Coucou, avec mon copain on atterri le 21 novembre a lima et on a décide de descendre, de faire ensuite la bolivie puis le chili ! les billets on été pris hier et je ne suis qu’une boule d’impatience ahah! lui a deja été au perou l’année dernière pour 1 mois accompagné d’un ami a lui qui ne vit qu’a sac a dos ! La, ca va etre la grande aventure !!! on sera livré a nous meme et meme si ça lui fait un peu peur, avec moi qui n’est jamais voyagé, je dois être un peu folle mais j’ai tellement hate ! une question me trotte tout de meme un peu dans la tète, la question de ou dormir et manger, aucun problème! mais pour ce qui est de ce genre d’excursion, tout comme les formes vue d’hélicoptère a nazca, le désert de sel, etc je me demande ou trouver les agences ou les guides qui font ce genre d’excursion ??!
    Merci de ta réponse, ton blog me plait énormément , et je le découvre en long en large et en travers 🙂

    • Bonjour Mélodie, merci pour ton gentil message ; ça me fait très plaisir de savoir que notre blog aide et inspire d’autres voyageurs !

      Génial votre projet de voyage ! ça me rappelle un peu notre second voyage en Amérique latine : 1 petit mois dans le sud du Pérou et dans le nord de la Bolivie (Tiwanaku et La Paz). Et c’est génial que vous vous intéressiez à Torotoro (que nous avons découvert lors de notre 1er voyage au long cours) : une très chouette découverte et plein de souvenirs forts !

      C’est normal d’avoir peur, de se poser plein de questions : c’est humain ! 😉 Si ça peut te rassurer, tu es loin d’être la seule à ressentir et penser ce genre de choses, comme tu peux le voir dans l’article sur l’arc-en-ciel émotionnel ou le syndrome prédepartum ; et plus sérieusement dans l’article Premier voyage : la peur de se lancer (réponse à une lectrice).

      Pour ce qui est de ta question concernant les activités : il ne faut pas oublier que ces pays vivent beaucoup du tourisme et que beaucoup de voyageurs y viennent chaque année. Il y a des agences un peu partout. Le plus simple : tu vises la place principale (toujours appelée Palza de Armas), de là tu trouves un point d’info touristique (il y en a généralement un dans le coin, et/ou à la station de bus de la ville), et tu demandes des recommandations pour une agence locale. Sinon, au petit bonheur la chance, tu vois 2-3 agences, compare les infos et les prix, vois laquelle t’inspire le plus confiance… Généralement, on réservait les tours et activités directement sur place, à chaque nouvelle ville où l’on arrivait (et même chose pour le Machu Picchu qu’on a réservé depuis Cuzco).

      Bons préparatifs et superbe voyage à vous ! 🙂

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