Un sac sur le dos
Amandine

Rentrer de voyage est une étape particulière : elle fait encore partie du processus voyage. Dans les premiers jours au retour de voyage, l’esprit est encore loin même si l’on est physiquement présent…

Le retour peut être d’autant plus difficile lorsque le voyage a été dépaysant, long, loin… (et tout en même temps ou aucun de ces facteurs parfois). Le choc du retour à la vie sédentaire, alias « la vie normale » ou « la vraie vie » (quelle horreur !), peut parfois faire mal.

La tête dans les nuages…

Tu sais que tu reviens de voyage quand…

  1. Tu n’as aucune idée de l’heure qu’il est : plus l’habitude de vivre avec une montre au poignet, souffrant encore du décalage horaire, la notion de temps devient quelque chose d’abstrait et de relatif.
  2. Le mot urgence perd son impact : Se presser ? Pourquoi faire ? Vivre ailleurs permet de relativiser les « vrais problèmes » et les « vrais urgences ». Et puis, tout vient à point à qui sait attendre.
  3. L’eau chaude pour se laver parait être le plus grand luxe au monde.
  4. Pour dire merci ou bonjour, ce ne sont pas les mots de ta langue maternelle qui te viennent aux lèvres mais ceux du pays dont tu reviens (j’en ai d’ailleurs fait rire plus d’un en leur parlant khmer en revenant du Cambodge …).
  5. Tu ne sais plus à qui tu as raconté quoi et que, dans le doute, tu répètes en boucle tes anecdotes de voyage… sans doute histoire de faire perdurer l’illusion d’être encore un peu « là-bas ».
  6. Tu mangerais bien une soupe de nouilles (ou des raviolis vapeurs, des churros…) au petit déjeuner.
  7. Tu ne sais plus comment t’habiller : c’est quelle saison déjà ?
  8. Tu passes d’un état surexcité à apathique en un temps record : le blues du retour se bat contre l’envie de « tout raconter » (avec les yeux qui brillent quand on parle de cet « ailleurs »).
  9. Tout te parait cher : c’est ce prix là, un restaurant ?
  10. Tu t’étonnes de voir une circulation aussi paisible et ordonnée sur les routes, alors que c’est un embouteillage monstrueux.
  11. Tout le monde attend pour traverser alors que tu es déjà au milieu de la route…
  12. Tu penses que les motocyclistes sont des petits joueurs quand ils ne sont qu’à deux sur une moto.
  13. Tu as envie de négocier les prix un peu partout.
  14. Tu entends inlassablement les 4 même questions: « Alors, bien rentré ? C’était bien les vacances ? Quel est ton pays préféré ? C’était dangereux ? »
  15. Tu te couches en te demandant « Et demain, je vais où ? »… Puis de se souvenir que demain se déroulera sur le même lieu qu’aujourd’hui (déception).
  16. Tu dis toutes les bêtises qui te passent par la tête haut et fort, pour te souvenir, un peu trop tard au vu des regards que te lancent les passants, que « zut, tout le monde me comprend ici »… (moment de honte).
  17. Tu te demandes pourquoi les gens que tu croises en rue ne sourient pas.
Les enfants posent avec plaisir (Cambodge)

Les 6 choses qui font qu’on est content de rentrer

Mais quand même, le retour peut aussi avoir du bon…

    1. Le lit : Pas que je sois particulièrement flemmarde, mais retrouver un bon lit (son lit), confortable, avec une vraie couverture et des oreillers, cela a du bon parfois !
    2. La salle de bain : Quoi, une vraie douche, et même une baignoire ? Luxe suprême !
    3. La toilette : Peut-être le premier des bienfaits apprécié par les voyageur à leur retour…
    4. La gastronomie : Tout dépend évidemment d’où on revient (certains coin du monde sont difficiles à égaler !), mais le retour en Europe permet de goûter à une cuisine tellement variée qu’il y aura forcément au moins une chose que l’on sera content de retrouver au retour !Et quel plaisir aussi de pouvoir cuisiner : ne pas être obligé de manger dehors tous les soirs, à manger ce qu’on trouve (ce qui a son charme également, mais au bout de quelques semaines/mois, des pâtes nature me font rêver plus que tout !).
    5. Internet : Ah bon, il ne faut pas 5 minute pour charger Google ?
    6. Les proches : Et accessoirement, on est toujours contente de retrouver ses proches (amis, famille)… Parce que dans le fond, ils nous ont quand même manqués !

Partir – Voyager – Rentrer : la boucle est bouclée ?

Le retour est une étape du voyage en soi, et comme le reste de son voyage, elle mérite qu’on s’y attarde. Préparer son retour peut permettre d’atterrir plus en douceur : se programmer des activités (agréables si possibles !), avoir un futur projet devant soi (le monde ne s’arrête pas, il y en aura d’autres, des escapades !)…

Mon dernier retour m’a donné envie d’écrire ces quelques lignes :

Je reviens de voyage

 

Excusez-moi, je reviens de voyage …
J’ai encore la tête dans les nuages.
Les talons ont touchés le sol mais la tête n’a pas encore atterri.

 

Je reviens de voyage,
j’ai les pieds zébrés par le soleil,
le visage bronzé et les yeux dans le lointain.

 

J’ai faim, faim de ces jus de fruits frais du marché,
faim de ces ananas et pastèques coupés rien que pour moi,
faim de ces senteurs et de ces goûts qui persistent sur ma langue.

 

J’ai surtout faim d’ailleurs et de découvertes,
de ces mots inconnus qui buttent sur le bout de mes lèvres,
de ces cultures si différentes et si proches en même temps.

 

Je reviens de voyage, mais je ne m’inquiète pas,
bientôt mon esprit aura rejoint mon présent
et se mettra alors à penser au futur.

 

Je reviens de voyage, mais je repars bientôt,
toujours un projet devant soi, une flèche à décocher,
un pan de carte à explorer.

 

Je reviens de voyage, je suis en transit
destination vie,
destination voyage…

33 réponses à “Retour de voyage : la tête dans les nuages”

  1. Moi j’ai réglé le problème : je ne rentre pas ! :p
    Plus sérieusement, je me demande ce que me réservera mon passage (eh oui, toujours pas un retour) en France cet été, après plus de deux ans entre l’Amérique du Sud, l’Australie et l’Asie. Je n’ai pas de « chez-moi » à retrouver, pas de quotidien avec le quel renouer, finalement je serais en visite dans mon propre pays. Étrange de se projeter ainsi… En te lisant je réalise que je n’ai plus vraiment d’endroit où retourner (au sens concret et quotidien du terme j’entends, heureusement mes proches ne me laisseraient à la rue et je ne suis pas allergique à mon pays), conséquence de mon choix de vie nomade, de ma relation avec un homme pour qui la France n’est pas « la maison »… Je me demande bien quel sera le prochain endroit où j’éprouverai totalement ce bonheur mêlé de nostalgie que tu as si joliment décrit : retourner chez soi !

  2. Bonjour Amandine,
    Les retours de voyage peuvent être difficiles et je me retrouve très bien dans les points que tu as énoncés.
    Pour moi il y a deux sortes de retour, le retour d’un petit voyage et le retour d’un long voyage.
    Après un cours voyage je suis content de retrouver mon chez moi et mes habitudes.
    Comme tu dis la douche, les toilettes, la nourriture, le lit, une bonne connexion internet, les endroits que l’on aime bien, ses amis etc… C’est agréable.
    Par contre pour le retour d’un long voyage c’est diffèrent.
    Je me rappelle quand je suis revenue de mon voyage de 14 mois (1 an en Australie et 2 mois en Asie) j’ai vraiment eu du mal pendant un moment. En fait on s’aperçoit que rien n’a vraiment changé par chez nous alors que nous on est plus le même. Et il faut se réinsérer, retrouver un logement, un travail etc… Ce n’est pas facile, après une vie de liberté et d’insouciance on retrouve la « réalité ». Alors qu’on rêve d’aventures, de voyages et de rencontres.
    J’étais quand même content de rentrer mais je savais qu’il fallait absolument que je reparte pour un long voyage 🙂

  3. Bravo amandine pour ces réflexions et tes articles. Si l’Afrique vous tente , Frédéric est pour 1 an en Cote d’Yvoir. Vous y serez les bienvenus . Bon retour chez nous. Le printemps t’accueille , la nature est belle , c’est une belle saison pour rentrer. Bisous

    • Bonjour Carine,

      un grand merci pour ton message et ton soutien de manière générale pour notre travail sur le blog, cela me touche beaucoup ! ^^
      Et merci pour l’information, on garde ça bien au chaud, on ne sait jamais 😉

      Belle saison pour rentrer en effet : vive le printemps !

      Merci pour tout et à bientôt j’espère.

  4. Hé hé, le coup de la douche chaude c’est tellement vrai 😉

    Pour moi, le retour se déroule en 3 phases :
    #1 – quelques jours avant le retour : c’est le coup de blues. Je n’ai vraiment pas envie de rentrer.
    #2 – la première semaine du retour : je suis content de revoir mes proches, de profiter des commodités d’un pays développé (douche chaude, lit confortable) et de la gastronomie française (notamment la baguette, la charcuterie et le verre de vin qui va avec).
    #3 – les jours suivants : l’envie de repartir revient déjà. Les réflexions des gens deviennent insupportables (quand est ce que tu reprends une vie normale ?), les actualités télévisées me donnent mal au bide, le manque de soleil et de luminosité me font déprimer, etc…

    Bref, quand on a commencé à voyager, il ne faut jamais arrêter !!

  5. Bonjour Amandine,
    Hé oui courage pour le retours! Mon dernier voyage c’était 3 semaines en Inde et quand je suis rentrée notre chauffeur nous manquait (mais on continue à s’envoyer des mails et messages pour avoir encore des nouvelles des gens que nous avons croisés). Ce qui a été le plus douloureux pour moi au retours aura été le manque de couleurs dans la rue:
    Manque de couleurs des bâtiments, des étals, des gens….
    Bref, je ne rêve que d’une chose c’est d’y retourner mais avant ça j’aimerai voir l’Afrique car jusqu’à présent j’ai surtout fait l’Asie….

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