Les gratte-ciels font aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Pourtant, la majorité d’entre nous n’aime pas ces constructions. Tout au plus, on aime parfois une idée particulière d’un building spécifique, mais certainement pas tous les buildings indifféremment.

Pourquoi les construit-on s’ils ne plaisent pas ? Et quelles en sont conséquences sur le voyage ?

Moyen de transport

Les premiers gratte-ciels sont nés de l’architecture moderne, dont l’architecte français Le Corbusier est un des pionniers. Cette architecture est partie d’une idée, celle d’imiter les moyens de transports, et plus particulièrement les bateaux de croisières et les avions. Pour sa propre maison, Le Corbusier a dit s’inspirer d’un paquebot. On y retrouve les fenêtres alignées, une coursive protégée de la pluie, et même une esquisse de cheminée sur le toit.

On peut également remarquer que sa maison est « surélevée », les pièces principales ne touchent pas le sol, celui-ci étant réservé à la buanderie pour le personnel de ménage. Comprenez par là que la nature est sale, elle n’est pas par pour l’élite dont il estime faire partie. Le jardin n’en est pas vraiment un, puisque s’il veut prendre le soleil, il ira près de ses « cheminées » de toit, pont supérieur de son navire terrestre.

Avez-vous remarqué que les terrasses des appartements modernes ressemblent étrangement aux coursives d’un paquebot ? On retrouve de plus en plus souvent des lattes en bois, et même les barres métalliques des terrasses nous rappellent un bateau.

L’ordre et la discipline

Mais l’architecture, ce n’est pas seulement une maison, c’est aussi tout ce qu’il y a autour : la voirie et ses aménagements. A gauche, je vous propose ma rue, moderne, construite il y a quelques années à peine, et à droite, une ruelle bien connue près de la Grand-Place de Bruxelles.

Quelle est la différence ? Les quartiers résidentiels sont des quartiers rangés et sans vie, sans commerces, sans imagination. Ils sont là pour nous entasser la nuit, en attendant de retourner au boulot le lendemain. Chacun à sa place, les piétons sur le trottoir, les voitures sur la rue, les vélos sur la piste cyclable. L’autre photo montre une rue ou les piétons ne sont pas séparés des voitures, où les terrasses ne sont pas limités artificiellement par un trottoir. Au-dessus de ces restaurants et commerces, les gens vivent. Les commerces sont a proximité, il n’est pas question de prendre sa voiture pour aller chercher du pain. On a l’ordre et la discipline d’un côté, un joli bazar de l’autre, ou préférez-vous vivre ?

Les gratte-ciels

On y arrive enfin ! Maintenant que vous savez ce qu’il faut regarder pour trouver de l’architecture moderne, je vous propose cette photo :

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Magnifique cité bruxelloise, superbement nommée la « Cité modèle ». On y retrouve les éléments prônés par Le Corbusier : les premiers appartements ne touchent pas le sol, des fenêtres toutes identiques et en ligne… Il faut savoir que l’idée de ce genre de bâtiments, qu’ils soient en « barre » ou en « tour », vient du communisme. Mais comme dans le capitalisme rien ne se perd, l’idée à été reprise avec un plan derrière la tête : les habitants, vivants si proches les uns des autres, ne pourront que se rencontrer et créer des liens. Certains de ces édifices étaient même sensés avoir des magasins et des banques ! Ainsi plus besoin de quitter son paquebot (sauf pour aller travailler). Un joli poulailler !

Sauf que dans les faits, l’Homme ne supporte pas la promiscuité, il a besoin de son territoire, de son espace vital. L’idée qui pouvait plaire sur papier s’est avérée être un désastre. Et pourtant, on continue de construire ce genre d’habitation.

Mais pourquoi continuer ?

Pourquoi continue-t-on ces constructions alors que personne ne les aime ? En fait, il n’est pas question de savoir si vous aimez ces constructions, mais plutôt de s’assurer que vous ne les détestez pas.

Si vous prêtez attention aux gratte-ciels, vous aurez bien du mal à distinguer l’origine géographique de celui-ci. En réalité, pour ne déranger personne, ils ne possèdent aucune touche culturelle. Un même gratte-ciel peut ansi être construit dans le monde entier, il ne choquera pas une culture ou une religion. C’est une architecture anonyme.

On aura beau nous faire croire que c’est pour limiter les coûts que l’on fonctionne ainsi, jamais depuis la nuit des temps il n’a été aussi cher de se loger qu’à notre époque. Cet argument est invalide !

Vision d’un voyageur

A force de créer des habitations anonymes et identiques de par le monde, visiter New-York, Dubaï, Hong Kong, finit par ne plus nous dépayser. On y voit la même architecture, les mêmes enseignes multinationales… Heureusement qu’il nous reste les sites archéologiques, les musées et les vieux quartiers, car l’impression de voyager ne sera bientôt plus que limitée à cela. Les effets de la mondialisation sont dévastateurs pour le voyageur !

Et le futur ?

Le futur… Je ne suis pas devin, mais je ne le vois pas des plus roses. On a commencé à nous vendre des maisons préfabriquées, avec cet argument pitoyable et ridicule du prix. Les villages sont désertés, il ne nous reste que 2 choix : la ville (et ses poulaillers) ou le quartier résidentiel (qui remplace le village : impossible d’y faire ses courses ou d’y travailler, il vous faut au moins une voiture).

Et même les quartiers résidentiels ressemblent de plus en plus à des poulaillers, les maisons sont de plus en plus proches et de plus en plus identiques.

Paradoxalement, l’ode au voyage de l’architecture moderne par les moyens de transports, lui fait perdre sa saveur.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Craignez-vous aussi de voir fondre les cultures sous le l’effet de l’architecture moderne et de la mondialisation ?

17 commentaires

  1. Ah, bah des tours dont les premiers appartements ne touchent pas le sol, j’en ai juste devant mes fenêtres, les tours du quartier Beaugrenelle à Paris. Personnellement, je n’aime pas les tours quand elles sont construites sur une dalle (comme la plupart des citées). Mais qu’en elles sont le long d’une artère et qu’elles ne sont pas toutes identiques (comme à New York par exemple), ça ne me déplait pas. Ce qui est moche, c’est quand elles sont toutes identiques.
    Ce qui est curieux avec les deux quartiers qui abritent pas mal de tours à Paris, c’est que les gens ne les aiment pas trop, mais ceux qui y habitent semblent s’y plaire. Le turn-over y est en effet beaucoup plus faible qu’ailleurs. Il faut dire que pour ceux qui sont dans la partie haute, ils bénéficient tout de même d’une vue assez incroyable. Si en plus, il y a de grandes baies vitrées, à l’intérieur, c’est tout de même assez sympa.

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    • Merci Laurent pour ton commentaire.

      Je comprends tes arguments, mais j’ai alors 2 questions :

      – celui qui vit dans une maison avec un étage, alors que les autres maisons de la même rue n’ont pas d’étage, a-t-il une meilleure vue ? Oui, et plus de lumière, alors tout le monde construit un 1er étage ? Quelqu’un construira un 2ème étage, … A combien de centaine de mètres faudrait-il s’arrêter ?

      – celui qui vit en haut de sa tour de 100 étages à une superbe vue … jusqu’à ce qu’il soit entouré de buildings de 150 étages. Que se passe-t-il pour les 99 autres étages ? C’est pour les pauvres qui ne peuvent pas se payer la lumière ?

      Pour tes statistiques sur les déménagements, je suis étonné. Mais si elles sont vraies, plusieurs autres raisons existent peut-être : pas les moyens d’aller ailleurs, résignation à devoir y vivre, …

      T’imagines-tu vivre toute ta vie dans un building de 40000 appartements sur 100 étages, en vivant des les 5 premiers étages ? C’est pourtant le quotidien de chaque fois plus de personne par le monde … Quand je vois les buildings de Hong-Kong, je peux te dire que ça me fait peur de finir comme eux ! Après ça lance un autre débat, celui de surpopulation de la planète 🙂

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    • Effectivement, tu as raison François, on est privilégié quand on est plus haut que les autres. Mais ça, c’est valable dès que l’on habite en ville, tour ou pas tour. J’habite au 5e étage d’un immeuble de 7 donc je n’ai pas de méga vue mais j’ai tout de même la chance de ne pas avoir de vis-à-vis trop proche. Mais évidemment, je ne vois pas le tout Paris comme mes voisins au 20e ou 30e étage 🙁
      Pour les stats, les tours proches de chez moi ne sont pas du tout des HML. C’est du parc privé. Elles ne sont plus flambant neuves (ça date des années 70) mais y habiter coûte bien plus cher que dans les bâtiments plus traditionnels (aussi bien à l’achat qu’à la location). Donc les gens y vont parce qu’ils sont prêts à payer le prix. Ça rejoint un peu ton argument du départ du reste, les riches en haut. Et même dans les tours du parc social à Paris, les gens restent, bien que les charges y soient plus élevées. Mais je ne parle pas là des cités dortoirs délabrés de banlieue.
      C’est clair que les apparts dans les immeubles résidentiels de Hong Kong qui sont méga serré, ce n’est pas top du tout (cela dit, sans être dans des tours, j’ai visité de nombreux apparts en ville qui donnent sur une cour minuscule et c’est tout sombre du coup). Mais les bâtiments au centre-ville de Hong Kong (ou New York), ça me convient sans problème, même sans être sans les 10 derniers étages.
      Le souci, c’est que pas mal de monde souhaite vivre dans une maison, on peut le comprendre. Mais dans une zone à forte densité de population, ça n’est juste pas viable. Ça mène à l’étalement urbain et donc des autoroutes dans tous les sens pour que tout le monde puisse aller au boulot. Faire un métro avec un maillage dense n’est viable que dans une zone densément peuplée. Et qui dit densément peuplé dit moins de km à parcourir pour aller bosser. J’habite à Paris et bosse en banlieue. J’ai le privilège de bénéficier de bons transports en commun pour aller au boulot (je n’ai pas de voiture). Mais mes collègues qui habitent dans une maison en banlieue n’ont pas le choix que de se taper des embouteillages de malade tous les jours pour venir travailler.
      On peut bien sûr vivre à la campagne près de son boulot, j’ai grandi dans un village dans les Vosges. Mais globalement, le boulot, il est plutôt dans les grands centres urbains.

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  2. Salut François,
    Je ne suis pas sur de comprendre ce que tu veux dire passé le « les immeubles c’est pas bien » de très belle tenue.

    Après trois considérations dispensables sur la marine et Le Corbusier, tu sépares dans une 3e partie urbanisme rationalisé, et joyeux bordel de centre-ville.
    Ta préférence va apparemment à la seconde option – contre l’ordre et la discipline, mais peut-être apprécierais-tu que l’on limite l’accès des quatre roues dans le grand centre comme on l’a déjà ait dans d’autres agglomérations ?

    Tu dis «on nous entasse », est-ce par démagogie ? Toi tu vis dans quel type de quartiers ? Ta question « où préférez-vous vivre ? » me met le doute.
    Il me semble qu’elle ne se pose pas vraiment. On fait au mieux, en fonction de ses moyens et des nécessités du quotidien, le boulot, les enfants, l’école…

    Arrivés aux gratte-ciels, tu nous lâches un « Maintenant que vous savez ce qu’il faut regarder pour trouver de l’architecture moderne » dont je suis pas certain de comprendre le sens. Je sais même pas si c’est une blague, ou juste une honnête sudation de l’égo. Pour ma part, à ce stade de ma lecture, je suis toujours aussi crétin, je ne me sens pas encore éclairé.

    Cela pourrait venir c’est le moment où tu vas enfin nous dire pourquoi c’est pas bien les immeubles. Alors ..? Rien.
    « L’idée… s’est avérée être un désastre ». Bah c’est quoi le désastre alors ? On est là pour ça et tu vas rien nous balancer d’autre, tout est là ?

    Après tout s’embrouille, une formule « dans le monde entier », et la porte est ouverte à tous les amalgames. Plus de frontières, plus de classes… comme dans la mondialisation, tout se mélange à outrance, ton propos s’embourbe et plus rien n’a de sens.

    En conclusion, je comprends que t’es véner, et je t’accorde qu’il y a de quoi – dans le genre présent et futur de l’urbanisme , tu aurais pu parler des salary-men japonais qui dorment dans des chambres-capsules, ou dans le métro, faute de temps, ou des pékinois qui habitent les sous-sols de la ville, faute de moyens. Encore fallait-il entrer un peu dans des considérations socio-économiques, dont tu t’épargnes l’approche.
    En bref je capte pas grand chose à ton article. Si tu devais dire en une seule phrase ce que tu veux dire avec ce billet, ce serait quoi ?

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    • Hello Sirhome,

      beaucoup de question, et au vu des réponses que j’ai reçu et du peu de commentaires, je me rends compte que l’essence même de l’article est passé à la trappe. C’est mon premier’article qui soi non-technique, et ça se sent !

      Pour expliquer le présent (et le futur), j’ai tout d’abord expliqué le passé, comment nous sommes arrivé à cette architecture mondiale et uniforme. Ensuite, pour répondre à pourquoi elle ne plait pas, c’est parce qu’elle n’est pas destinée à plaire, mais à le pas déplaire en fonction de la culture, ainsi elle est exportable et exploitable à volonté.

      Et de là ma réponse (résumé en une phrase comme suggéré) à pourquoi elle ne plait pas, mais que peu de gens savent exprimer le pourquoi, ce sentiment de malaise quand il faut exprimer en mots un ressenti, c’est parce que au fond de nous, on ne se sent pas chez nous, nous n’avons plus de lien à notre culture avec cette architecture.

      Le lien au voyage est ici un peu difficile à expliquer, car il englobe les dangers de la mondialisation de manière globale, dont l’architecture n’est finalement qu’un point parmi d’autres (comme les enseignes multinationales).

      Mon but était d’expliquer l’architecture moderne et non de faire une étude sociologique, raison pour laquelle je n’ai pas parlé des pékinois par exemple.

      Je ne prétends pas donner une solution au problème non plus, car je n’en ai pas. Ah si, zigouiller la moitié de la planète pour être moins nombreux. Mais statistiquement j’ai une chance sur deux d’y rester : en grand égoïste, je préfère éviter cette solution.

      Merci pour ton message, il m’a permis de comprendre comment vous avez perçu l’article et ça me permettra de m’améliorer pour la suite. 😀

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  3. Salut François,
    merci pour ta réponse, et le calme avec lequel tu procèdes.
    J’ai tendance à mettre un peu les dents quand j’écris, je sais que ça peut être désagréable. Merci de si bien le prendre.

    Pour le lien avec le voyage ça me parait pas si délicat, c’est pourquoi je me disais que tu aurais pu ajouter quelques exemples de par le monde qui soulignent ton propos.

    Sinon, pourquoi cet intérêt pour l’Archi ? T’as fait des études d’Art, ou c’est ton violon d’Ingres ?

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    • Pas de soucis 😉

      Pour ce qui est de l’architecture, j’aime découvrir l’architecture depuis que je visite des site archéologiques. J’aime comprendre les idées architecturales de ce que je vois, et les ingéniosités mathématiques cachées derrière. Une passion parmi d’autres, mais loin d’être mon violon d’Ingres, ou alors j’ai beaucoup de violons 😀

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  4. Salut François,
    Un article qui donne des éléments très intéressants même si je dois dire, comme Sirhom, qu’on perd un peu le fil et l’argumentaire.
    Mais ce qui me frappe c’est le titre : ben oui, moi j’aime bien l’architecture moderne. Les gratte ciels ça me dépayse car la plupart des villes françaises sont « basses ». Avant d’arpenter les rues de San Francisco, Santiago de Chile, Auckland ou Sydney, je ne connaissais pas autrement qu’en photos et en vidéo des rues d’immeubles incroyablement hauts. Pour moi les jeux de lumières, les reflets, les « skylines », les cache-caches avec des bâtiments plus anciens ou différents… je trouve que ça a sa poésie, sa beauté. Et, c’est peut-être idiot, mais la prouesse !! Puis c’est uniforme uniquement au sens où ça s’inscrit dans un même contexte technique et esthétique (et je te rejoins, il est dommage que le monde entier décide de partager le même), tout comme les jolies maisons normandes, par exemple, sont uniformes… tout en ne l’étant pas. A Santiago il y a une tour en forme de (vieux) téléphone mobile, si ça ce n’est pas unique !
    Maintenant, je trouve que c’est radicalement différent, des tours élancées dans un centre ville où toutes activités se côtoient – ne retrouvons nous pas un peu du « joyeux bordel » ?- et des dortoirs avec barres d’immeubles affreuses ou lotissements déprimants. Surtout que c’est l’uniformité qu’on déteste dans le lotissement, plus que l’architecture : ce serait 50 répétitions d’un modèle de maison d’une autre époque, ça déplairait quand-même.
    Bref, j’ai l’impression que tu mets tout dans le même sac ; ça dessert ton propos, qui est intéressant.
    A mes yeux les lotissements quelque soit l’endroit du monde c’est écoeurant, le CBD de Sydney et ses gratte-ciels c’est chouette ! 🙂

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    • Merci Anne pour ton commentaire.

      Bien sûr la répétition est l’une des choses les plus laides, et de plus en plus de quartiers de maisons sont constitués ainsi (comme le montre la dernière photo de l’article, mais il y a des cas où c’est encore plus flagrant).

      Ce que je trouve dommage dans cet architecture, où delà des prouesses techniques (en tant que fils d’ingénieur civil, je ne suis pas vraiment d’accord avec cela), c’est le fait de la simplification de l’architecture, mal développé dans mon article je te l’accorde. Aujourd’hui, même dans des petits appartements de quelques étages, on n’a plus des barrières de terrasse en pierre, ou en fer forgé. On a à la place des simples barreaux. Tout va à la simplification. On ne construit plus avec des moulures à l’extérieur, ni aux plafond des pièces, pour citer d’autres exemples. Tout doit aller au plus vite et au plus simple, et au soi-disant moins cher. Pourtant il n’a jamais été aussi cher de se loger.

      Quand 2 diplômés ont besoin de se mettre ensemble pour de justesse se payer un appartement une seule chambre (qui donc a peu de chance d’être utile fort longtemps), dans un appartement de base, tel qu’on en trouve désormais partout dans le monde, doivent emprunter à une banque sur 25 ou 30 ans, je pense qu’il y a un sérieux problème du « au moins cher ».

      Et tout cela nous fait perdre notre identité et notre culture, mais il s’agit ici d’un des éléments qui y contribue, et non pas de la cause certaine. 🙂

      Il existe cependant quelques alternatives, trop rares, au monolithes de verre et de béton, comme ce téléphone que tu cites, ou encore l’hôtel Atlantis Palm à Dubaï, qui a su garder des codes culturels évidents. Mais attention, ce dernier n’est pas fait pour y vivre, c’est un hôtel, et pour personnes très fortunées. Si les HLM ressemblait à cela avec nos codes culturels, par exemple avec des dessins rappelant les maisons de Starsbourg (et à Strasbourg hein, pas à Tokyo !), cet article n’aurait pas de raison d’être.

      Bref, ne perdons pas notre diversité.

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      • Je comprends mieux ton idée maintenant 🙂 Quand tu parles de la simplification de l’architecture contemporaine par rapport au passé, je t’avoue que je ne suis pas convaincue : les vieilles chambres de bonnes, les vieux lotissements ouvriers sont aussi relativement « nus », non ? N’est-ce pas plutôt une question de moyens ? Dans le passé il y avait aussi des tas d’habitations pauvres architecturalement, on peut aussi imaginer que beaucoup d’entre elles n’ont simplement pas survécu : quand on voit le meilleur d’un tout on a tendance à idéaliser. Cela étant, l’échelle de production d’un habitat fonctionnel moche n’a jamais été telle, je te l’accorde, donc peut-être que c’est juste que cette facilité de la construction uniforme connaît son pic et effare plus visiblement. Mais pour moi vraiment, il n’y a aucune mort de la créativité voire de l’affirmation d’une identité culturelle derrière nombre de ces « monolithes de verre et de béton ». Des réinventions, réinterprétations, là oui. Contrairement à toi je ne serais pas automatiquement choquée de voir une architecture de Strasbourg à Tokyo, si tant est qu’il y a un sens derrière (et n’est-ce pas là le plus point de l’architecture, une fonction et un sens ?). Regarde l’Institut du Monde Arabe ou le département des arts de l’Islam du Louvre… c’est magnifique, et c’est différent du reste de Paris. Dire « attention à l’uniformité » c’est une chose, mais dire « chacun chez soi, avec ses styles » c’est fermer des fenêtres, des sources d’échange et d’apprentissages, sur le monde.
        Tu parles d’alternatives trop rares, pas si rares pour moi… Je me demande si ça dépend simplement de tes goûts ? Je l’explique : je déteste les champignons, pour moi une truffe comme un champignon de Paris ont le même goût et la même odeur alors qu’on m’a souvent dit que certains champignons sont délicieux, d’autres normaux etc. Mais je ne perçois que la base, que je n’aime pas, sans aller plus loin. Ils gâchent un plat pour mon palet, quand ils le subliment pour quelqu’un autre. Peut-être que tu n’aimes tout simplement pas les champignons 😉 et qu’à tes yeux, ils se ressemblent tous et gâchent les villes.

        En tout cas j’apprécie la discussion, ça fait réfléchir…

      • Merci Anne pour ta réponse.

        le but de mon article était plutôt de décrypter l’architecture moderne que de lancer un débat sur la beauté 😉

        Comme tu le dis, il existe des bâtiments plus jolis, moi je les trouve toujours trop rares, mais surtout, si on y regarde de plus près (comme l’Atlantis Palm Beach que j’ai cité dans un commentaire), ce ne sont jamais des habitations à proprement parler : la plupart ne sont que des hôtels de luxe, ce qui rejoins mon idée de l’appauvrissement de notre mode de vie. Après on peut lancer d’autres débats comme le fait que si on veut tous ce niveau de vie sur Terre, il nous faudrait 3 planètes, qu’on doit revoir nos exigences vers le bas etc …

        Pour les lotissements ouvriers, tout dépend de l’époque. Certaines maisons ouvrières sont de vrai bijoux et à certaines époques, ils ne devaient pas la payer. Mais comme tu le dis si bien, ce n’est pas une généralité, on n’a gardé souvent que le plus beau.

        J’ai été visiter le Louvre le weekend passé, et son architecture m’a enchanté (limite plus que le contenu du musée !), son mélange de style également. Mais il s’agit d’un musée, fait pour nous montrer les différentes cultures : pour moi ce mélange d’architectures et de décoration est tout à fait à sa place.

        Après tout est question d’avis personnels, heureusement nous ne sommes tous d’accords !

  5. Salut,
    Je viens de lire ton article que j’ai trouvé très intéressant, mais je ne suis, cependant, pas tout à fait d’accord avec toi. Même si il est vrai que cette architecture moderne laisse à désirer, je suis littéralement fan des architecture du style « Dubaï » que j’ai put découvrir il y a quelques mois.

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  6. Salut,
    Je suis étudiante en architecture et je viens de lire ton article qui soulève les problèmes principaux de l’architecture moderne. Cependant, il y a certains points importants à préciser si tu veux vraiment la comprendre :
    -Le Corbusier ne s’est pas seulement inspiré des bateaux, ça fait parti de ses références mais il était surtout à la recherche d’une nouvelle manière de faire du logement et de faire la ville pour les gens ayant peu de moyen (le résultat est très critiquable je suis d’accord, mais l’architecture est un domaine ou l’innovation ne peut s’expérimenter qu’en tant réel à la différence de la science..)

    -une deuxième chose, c’est que pour la France et l’Europe, les barres et les tours ont été construite suite à la deuxième guerre mondiale et ses destructions. La demande de logements était énorme et pressante pour loger tout le monde. Pour exemple, un architecte à commande d’environ 20-30 logements actuellement. Dans cette période, il devait faire 900 logements en moins d’un an. Alors que les centres anciens se sont construit sur plusieurs siècles ! Alors même si ce sont des bâtiments très critiquable, il ne faut pas oublier le contexte dans lequel ils sont apparus.

    -Le grand défaut de ces logements est comme tu le montre, l’absence d’espace public et de rues vivantes et animées. Ces logements sont fait dans l’idée que leur surface au sol est minimal pour laisser plus de place à la nature (faire des parcs) et limiter l’étalement urbain. Seulement, ça ne fonctionne pas bien. Par contre l’intérieur des logements est souvent bien fait, tout n’est donc pas à jeter!

    Voici l’explication pour l’Europe, pour le reste du monde c’est plus difficile, mais j’imagine qu’en Chine, c’est à cause de l’attractivité des villes et de la surpopulation, il faut construire vite, pas chère et donc de mauvaise qualité.
    Pour ce qui est des tours comme New York ou Dubaï, il ne faut pas oublier que les principales motivations sont montrer sa puissance et être celui qui aura la plus haute. Au-delà de leur esthétique, les tours de Dubaï sont TRÈS critiquable! Mais c’est un sujet à lui tout seul un peu long à traiter.

    Je finirai sur les petites maisons (lotissements) que tu mets en photos à la fin. C’est, à mon avis un copier collé du poulailler et le plus problématique. Elles poussent comme des champignons, font disparaitre champs et forêts. Ce qui veut dire qu’il faut à tout pris une voiture pour faire ses courses, aller travailler… Ce sont des pastiches en carton de maisons traditionnelles qui seront en ruine dans très peu de temps et elle sont souvent construite en circuits fermés (une seule entrée pour 50 maisons et un gardien qui surveille qui rentre et qui sort). C’est aussi un vaste débat donc je m’arrêterai là.
    L’uniformisation est terrible mais est ce que l’hétérogénéité ne pourrait pas l’être aussi? (cf l’architecture contemporaine) Je pense qu’un juste milieu serait mieux mais c’est mon avis. L’architecte répond à une demande et il ne faut pas oublier qu’il n’est pas le seul à décider de ce qu’il fait…
    Je ne cherche en aucun cas à justifier ce que font les architectes. Je cherche seulement à montrer que le contexte social, politique, économique, spatial… sont très importants pour comprendre pourquoi l’architecture est comme ça.

    Désolé si c’est long et pas très claire mais c’est un sujet tellement complexe, c’est une question importante dans les écoles d’architectures, comment ré intervenir sur l’architecture moderne sans tout casser?

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    • Merci Pavoine pour tes explications supplémentaires.

      En effet je n’ai pas parlé de la guerre, en fait j’ai tout simplement oublié et pourtant c’est un point important à la compréhension du phénomène.
      Je pense cependant qu’aujourd’hui ce problème devrait être loin derrière nous, et pourtant on continue dans le même schéma, c’est dommage.

      Ne t’inquiète pas pour la longueur de ton commentaire, ça a été un plaisir de te lire !

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  7. « Pourquoi continue-t-on ces constructions alors que personne ne les aime ?  »

    Moi j’aime bien, et je ne suis pas le seul je pense. Cet article est un peu réducteur, et les solutions du logements du futur feront appel à tous les talents des architectes modernes. (ah Gaudi, Le Corbusier, je les trouve géniaux !)

    Le pb vient surtout que l’architecte est souvent bridée, par le financier ou l’administratif. Cette même maison de le Corbusier, celle qui a été l’acte fondateur de l’architecture moderne, ce fut une commande d’une riche famille, qui avait aussi ses exigences. Par ailleurs, il ne faut pas hésiter à critiquer les mauvais projets, l’uniformisation esthétique du à une méconnaissance ou un « je m’enfoutisme » des paramètres locaux. Il faut donner les moyens à l’architecture moderne de soulever les prochains défis qui s’offrent à elle.

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    • Je pense que l’architecture est en train de changer, ça varie selon les pays bien sur. Par exemple Lyon confluence, projet critiquable mais qui n’a rien avoir avec les constructions modernes (en architecture on distingue moderne et contemporain). Mais le problème c’est qu’entre la population qui augmente, les familles qui se divisent… La demandent est énorme!

      Face à de tels besoins on ne peut plus construire comme avant (cf les jolies petits villages et les petites maisons dans la prairie). De plus il n’y a pas beaucoup d’argent et les élus préfèrent construire des musées, des salles de spectacle et autres qui coutent des millions et leurs font plus de pub, que financer la recherche de nouvelles typologies d’habitat (car oui, il y a aussi de la recherche en architecture).

      Je finis sur un exemple atypique de la Corée qui apperement aime les grands ensemble que l’on construisait dans les années 60 en France ^^ : http://bloc-notes.thbz.org/archives/2007/11/lespace_coraen.html

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  8. Bonjour Amandine,
    Il est clair que la culture traditionnelle des pays se perd sous l’effet de la mondialisation et de l’un de ses effets, l’architecture moderne. On le constate beaucoup en tant que voyageur, car quand on va dans un pays nous y recherchons l’exotisme, ce qui diffère et bien souvent cela se retrouve dans l’ancien, la patrimonial. Les grandes villes sont certes attirantes pour certains, c’est bien sur. Tokyo, New York sont l’une de celle que tous désirent voir. Mais ce n,est en rien (à part peut-être pour les architectes et les urbanismes) pour le look des édifices, mais bien pour la vie grouillante qu’elles recèlent. Mais nous aurons toujours tendance à rechercher les petits villages qui ont l’air figés dans le temps, qui rappelle une certaine conception que l’on se fait depuis toujours d’un endroit. Par exemple les villages chinois avec les bâtisses aux toitures retournées vers le ciel. Quoi de plus charmants que de se promener dans des lieux et visiter des endroits uniques qui ont été travaillé de la main de l’homme où on peut passer des heures à regarder chacun des détails. Et surtout y sentir une âme. Notre grosse tour, malheureusement n’en ont pas à mon avis.

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