La thématique de l’immigration est tristement à l’ordre du jour de la presse mondiale ces dernières semaines. Des gens qui fuient. Des familles séparées. Des destins en perdition sur les routes, marchant vers un avenir meilleur.

Lors de notre voyage au Salvador, le sujet de l’immigration a été un fil rouge de nos rencontres, car, depuis plusieurs décennies, de nombreux Salvadoriens partent pour les États-Unis, souvent sans espoir de retour…

Pourquoi ? Comment ? Et à quels risquent s’exposent-ils ?

Patrie de Maïs

Avant de voyager au Salvador, un groupe de chanteurs Belges-Salvadoriens m’envoyait des sons et des images de leurs pays : Shaka y Dres. Je vous reparlerai de ces deux frères au destin remarquable (tout comme celui de leur père dont je vous ai déjà un peu parlé ici) une prochaine fois…

Shaka y Dres, musique, Salvador, Belgique
Shaka y Dres, album « Demasiados Recuerdos » (© Shaka y Dres)

La chanson « Patria de Maiz » (Patrie de Maïs) et traduction

Plusieurs chansons de ce groupe m’ont touchée pour leur engagement social profond. Et l’une d’elles s’attaque à la thématique de l’immigration. Sujet qu’ils connaissent également à titre personnel, pour avoir vécu avec leurs parents en Belgique, en tant que réfugiés pendant la guerre civile.

La chanson : « Patria de Maiz » (Patrie de Maïs), dont voici le clip vidéo.

Note :

Dans la vidéo, il s’agit de la seconde version de cette chanson, que l’on retrouve dans leur dernier album « Demasiado Recuerdos » (Trop de Souvenirs).  Personnellement, je préfère cette version, alors que François a une préférence pour la première… Donc faites-vous votre propre avis (leurs chansons sont disponibles sur iTunes et YouTube).

Avec leur accord, j’ai retranscrit les paroles de cette chanson et les ai traduites.

  • Les paroles en espagnol

    Patria de Maiz de Shaka y Dres (paroles en espagnol)

    ¡Que tal! Soy un hijo de la guerra Hecho de bala, hecho de trinchera Hace un par de años me cruce la frontera Pero me hace falta mi esposa y mi tierra

    Caminando por las duras partes del desierto Viene la migra ¡paa! Y Me despierto Son las secuelas que me dejaron el viaje Mis pesadillas recuerdan el paisaje

    Los días fríos me ponen a temblar Y aun así yo siempre salgo a trabajar Yo tengo que luchar tengo que sudar Para mandar esa remesa que necesita mi hogar

    Coro: un ticket de one-way Coyote mamey, Para no regresar (bis)

    Desde lejos de niños, empapado de ilusión Muchas lunas de sequía y la ganas de sobrevivir Como me duele la nostalgia, como me duele la raíz

    Como me duelen los recuerdos, patria mía de maíz Estar lejos de mi país a mí me hace daño Del calor al frío, sí que se siente el cambio Quisiera tener la opción de volver de vez en cuando Volver a ver a mi familia que tanto extraño Y cuando voy caminando por la calle Con ese sentimiento de vacío

    que le pega duro al corazón… una desesperación Que no se cura con nada

    Me quiero ir… para mi patria… de maíz

    Cada día el miedo que me agarre Cada día el miedo que me cache Que me digan « Usted señor no es Americano Porfavorcito las manos en alto »

    « Sígame lo vamos a llevar por vía aérea Porque usted no tiene ni documentos ni feria » (Gringo:) « Lo vamos a mandar de regreso a su país Porque usted no tiene derecho de estar aquí »

    Esas ganas de llorar Que camina por mis huesos Me están matando

    Soy como una oveja en un campo de lobos Tengo que aprender a defenderme de todos Tengo que saber a donde cuándo y con quien Entre latinos también

    Dónde está mi tierra, donde está mi hermana Quisiera poder amanecer allí mañana Quisiera poder olvidar de una vez por todas Esta vida inmunda que llevamos aquí todos

    Quiero disfrutar de mi playa preferida Frijoles con arroz esa, esa es mi comida No necesito demás para vivir en armonía Sabiendo que al fin voy a tener cerca mi familia

    Coro: un ticket de one-way Coyote mamey, Para no regresar (bis)

  • Les paroles en français

    Comment va ! Je suis un enfant de la guerre
    Fait par les balles et les tranchées
    Il y a quelques années j’ai traversé la frontière
    Mais ma femme et ma terre me manquent

     

    En marchant dans les parties difficiles du désert
    Viennent les migrants « Pan ! » Et je me réveille
    Ce sont les séquelles que le voyage m’a laissées
    Mes cauchemars se souviennent du paysage

     

    Les jours froids me font trembler
    Et même ainsi je vais toujours travailler
    Je dois lutter, je dois suer
    Pour envoyer l’argent dont a besoin ma famille

     

    Choeur  : Un ticket aller simple,
    Coyote mamey (« coyote » = passeur ; « mamey » = argot insultant : pauvre type, lâche),
    Pour ne pas revenir (bis)

     

    De ma tendre enfance, baigné d’illusions
    Après plusieurs lunes de sécheresse, l’envie de survivre
    Comme la nostalgie me fait mal, comme mes racines me font mal
    Comme mes souvenirs me font mal… Ma patrie de maïs

     

    Être loin de mon pays me fait souffrir
    Du chaud au froid, le changement se ressent
    J’aimerais avoir la possibilité de revenir de temps à autre
    Revenir voir ma famille qui me manque tant

     

    Et quand je marche dans la rue
    Avec ce sentiment de vide
    Qui me frappe dur au coeur, un désespoir
    Que rien ne guérit

     

    Je veux aller… à ma Patrie… de Maïs

     

    Chaque jour la peur qui m’oppresse
    Chaque jour la peur qui m’attrape
    Qu’ils me disent « Monsieur vous n’êtes pas Américain
    S’il vous plait, les mains en l’air »

     

    « Suivez-moi, on va vous conduire par voie aérienne
    Parce que vous n’avez ni documents ni droits »
    (Voix d’Américain parlant en espagnol:) « On va vous envoyer de retour dans votre pays
    Parce que vous n’avez pas le droit d’être d’ici »

     

    Cette envie de pleurer
    Qui parcourt mes os
    Est en train de me tuer

     

    Je suis comme un mouton dans un champ de loups
    Je dois apprendre à me défendre de tous
    Je dois savoir où, quand et avec qui
    Et entre latinos aussi

     

    Où est ma terre, où est ma soeur
    J’aimerais pouvoir me réveiller là-bas demain
    J’aimerais pouvoir oublier une fois pour toutes
    Cette vie immonde que nous menons tous ici

     

    Je veux profiter de ma plage préférée
    Des haricots rouges avec du riz, ça c’est ma nourriture
    Je n’ai pas besoin de plus pour vivre en harmonie
    Sachant qu’à la fin je retrouverai ma famille

     

    Choeur : Un ticket aller simple,
    Coyote mamey (« lâche passeur »),
    Pour ne pas revenir (bis)

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Immigration et États-Unis (© Inconnu)

La sortie vers les USA : un phénomène d’ampleur au Salvador

Environ la moitié de la population se trouve en exil ! Et le nombre de Salvadoriens illégaux aux États Unis est impressionnant : cela représente un tiers de la population totale du Salvador.

  • En chiffres

    6,3 millions d’habitants et plus de 2 950 00 Salvadoriens vivant hors du pays, dont :

    1. USA : 1 700 000
    2. Canada : 1 355 00
    3. Guatemala : 70 000
    4. Italie : 45 000
    5. Belice : 30 000
    6. Mexique : 28 015
    7. Australie : 18 755
    8. Espagne : 6 025
    9. Nicaragua : 5 500

    Les Salvadoriens sont la 3e plus grande population d’origine hispanique des USA. Les États avec le plus grand nombre de Salvadoriens sont : Californie, Texas, New York, Virginie, Maryland et Washington DC.

    Et dans la zone métropolitaine de Washington DC, les Salvadoriens représentent la minorité hispanique la plus importante.

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Immigration vers les USA : le Salvador dans le haut de la liste (© inconnu)

Histoire, migrations et influences

Le phénomène de migration du Salvador n’est pas nouveau. Déjà à l’époque préhispanique, le pays a été marqué par des vagues migratoires successives, et avec elles leurs marrées d’influences provenant des cultures dominantes de la région méso-américaine (Olmèques, Mayas).

Par la suite, avec la conquête espagnole, la tradition judéo-chrétienne occidentale est venue s’ajouter aux visions et croyances en place dans le pays. Le christianisme n’a pas effacé la culture précédente : il est venu s’y ajouter, comme une couche supplémentaire venant apporter une mixité culturelle. Comme un peu partout en Amérique latine, les gens sont profondément chrétiens ET attachés aux croyances ancestrales, comme la Pacha Mama (Terre Mère) et les chamans.

Par la suite, la guerre civile, en plus de causer plus de 75.000 morts et un nombre inconnu de personnes disparues, a généré des déplacements de population importants. Des campagnes vers les villes d’une part, mais aussi du Salvador vers les pays voisins et les États-Unis. À la signature des accords de paix, même si un phénomène de repopulation a été observé, le mouvement de migration vers l’extérieur a persisté.

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« Mesa Grande », camp de réfugiés Salvadoriens au Honduras (1987, © inconnu)

Les raisons de migration

Les raisons poussant les Salvadoriens à migrer sont multiples : problèmes naturels (tremblement de terre, inondations), gangs, pauvreté, manque de travail, problèmes familiaux…

  • Insécurité et gangs au Salvador

    L’insécurité n’est pas un petit problème au Salvador : ce pays est considéré comme le pays en paix le plus dangereux au monde. Derrière ce problème se cachent les bandes criminalisées (ou « maras » comme ils les appellent là-bas), qui sévissent aussi bien dans les villes qu’à la campagne.

    Depuis les années 2000, ce problème grandissant est devenu une cause importante de migration. Bien des familles sont obligées de quitter leur maison à cause de l’insécurité, de la fréquence des homicides et du harcèlement (extorsion, menaces de mort ou enlèvement). Beaucoup des maisons abandonnées sont ensuite usurpées par les gangs pour être utilisées comme lieu de rassemblement, amplifiant le phénomène dans un cercle vicieux difficile à enrayer.

    Selon les chiffres officiels, il y aurait 70 000 membres de maras au Salvador, dont 10 000 actuellement en prison.

    En discutant avec des personnes travaillant dans le domaine de l’enfance au Salvador, j’ai appris qu’une des causes importantes d’analphabétisme et décrochage scolaire est précisément le problème des gangs. Ces bandes délimitent les limites de leur territoire et une personne d’un secteur précis ne peut le quitter et encore moins entrer dans le territoire d’une bande ennemie (par exemple parce que son école s’y trouve) sans risquer sa vie… même si cette personne n’appartient à aucun gang !

    Et la situation ne va pas en s’améliorant : les Salvadoriens ont vécu en 2015 l’été le plus sanglant depuis le retour à la démocratie, avec plus de 900 homicides rien qu’au mois d’août (sur un pays dont la superficie fait à peu près 2 fois taille de la Belgique).

    L’origine et les raisons de ces « maras » sont un sujet complexe. Des Salvadoriens nous ont expliqué qu’elles étaient en partie dues aux migrations vers les États-Unis et aux renvois au pays dans les années 90. Sans doute que ces expulsions d’immigrés délinquants illégaux ont été un facteur favorable au développement de ces gangs, mais cela n’explique sans doute pas tout.

    @, Salvador, immigration, réfugiés, immigrés
    Des milliers de Salvadoriens quittent le pays
  • Les « coyotes » et la traite humaine

    Pour beaucoup de Salvadoriens, la migration aux USA est vue comme un moyen pour améliorer leurs conditions de vie. Ces migrations illégales exposent les migrants à divers dangers et risques, comme l’insécurité, la persécution, la traite et trafic de personnes.

    Les « coyotes » (ou « pollero »), comme nous l’avons vu dans la chanson « Patria de Maiz », sont les passeurs se chargeant « d’aider » les immigrés à atteindre le pays visé et traverser les frontières illégalement.

    Selon les Nations Unies, la traite de personnes consiste en le transport (transfert, accueil, réception) de personnes en situation de vulnérabilité, contre paiement (ou bénéfice), souvent en faisant usage de la force (menace, abus de pouvoir, exploitation sexuelle, servitude…).

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    Réfugiés arrêtés (© Ggia)
  • Traite des femmes et enfants

    Les femmes et enfants migrants centraméricains sont de potentielles victimes de traites de personne quand elles sont en transit. Dans la majorité des cas, ils sont objets d’exploitation sexuelle, et en second lieu, d’exploitation de travail.

    En chiffres

    • 2 000 enfants ont été identifiés au Guatemala comme sexuellement exploités dans les bars et maisons de massages, la majorité provenant de pays voisins d’Amérique centrale (dont le Salvador).
    • Plus de 65% des femmes migrantes en situation d’irrégularité font appel aux services d’un passeur pour réaliser le voyage à travers le Mexique jusqu’aux USA.
    • 90 à 95% des femmes travaillant aux USA comme « travailleuses sexuelles » sont originaire du Salvador, du Honduras ou du Guatemala, et sont recluses contre leur volonté.

Les femmes et la migration

Au XXIe siècle, le terme « féminisation de la migration » est apparu, même si la migration féminine a toujours existé dans des proportions et des nombres importants.

  • Les Salvadoriennes : pionnières du phénomène d’immigration aux USA

    Dès le milieu du XXe siècle, des femmes salvadoriennes partirent s’établir aux USA (particulièrement en Californie puis Washington, Maryland et Virginie). Ces pionnières facilitèrent l’arrivée des migrants dans les années 80, lors du conflit armé au Salavador pendant lequel l’immigration masculine se fit en masse.

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    Tout laisser et quitter son pays en quête d’espoir… (© Inconnu)
  •  En chiffres

    • 70% des migrants d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud à Washington DC, durant les années 60 et 70, étaient des femmes.
    • 55,9% des femmes immigrées vivaient aux États-Unis en 1980.
    • 51,5% des femmes migrantes salvadoriennes aux USA occupaient un travail de service.
    • 17% des femmes seulement furent rapatriées des USA en novembre 2007, contre 83% des hommes.

Les effets de la migration des parents sur les enfants

Beaucoup d’enfants et adolescents se retrouvent confrontés aux effets de la migration de leurs parents. La migration d’un, voire de leurs deux parents, a un impact évident sur la stabilité du foyer et la famille élargie.

C’est très souvent la grand-mère maternelle qui se retrouve avec la charge des enfants et doit endosser le rôle de la seule figure d’autorité, un rôle parfois difficile à jouer à un âge avancé.

« Ma maman est toujours fâchée sur moi, que puis-y faire? Je ne l’appelle même pas « maman ». Ma grand-mère au Salvador, avec qui j’ai grandi, je l’appelle maman ; ma véritable maman je l’appelle par son prénom. »

(Jeune migrante salvadorienne interviewée en Californie)

Si certains enfants restent au pays et poursuivent leurs études, d’autres rêvent d’immigrer aux États-Unis. Parmi ces rêveurs, certains tentent de migrer illégalement et sans être accompagnés, ce qui les place dans une situation de vulnérabilité extrême, les exposant à de nombreux risques : vol, extorsion, intimidation, abus verbal et physique, accident, travail forcé, exploitation et déportation.

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Les grands-parents jouent un rôle important pour les enfants d’immigrés (© Inconnu
  • En chiffres

    • 59% des enfants d’immigrés ont leur père est aux USA et 26% les deux parents.
    • 90% des enfants d’immigrés reçoivent une aide financière de leurs parents.
    • 58% des enfants de parents immigrés veulent aller aux USA.
    • 42% des enfants qui ont été détenus pour leur tentative d’immigration ont subi une forme d’abus pendant leur trajet
    • 3 000 enfants d’Amérique centrale (provenant du Savalvador, Guatemala et Honduras) travaillent le long de la frontière mexicaine dans le transport de charge, ramassage de poubelles ou comme « travailleurs sexuels » dans les bars et restaurants.

Un ticket aller simple

Beaucoup de migrants partent en recherche d’une vie meilleure et tombent dans les pièges des « passeurs » et sur place, celui des désillusions… Et, souvent, ils n’ont pas la possibilité de revenir à leur pays d’origine (sans prendre de risque, entre autres, de ne plus pouvoir retourner ensuite aux USA).

Mais pour tous ces Salvadoriens, le lien à leur pays, leur « Patrie de Maïs », reste important et joue un rôle dans la construction de leur identité culturelle.

  • Identité et « transculture »

    La migration hors du Salvador n’est pas un processus unidirectionnel où les migrants partiraient de leur pays d’origine pour s’assimiler complètement et inconditionnellement à la culture de leur nouveau pays. On parle de « transnationalisme » ou « transculturation » : les migrants forgent des relations sociales multiples, reliant leur société d’origine avec celle dans laquelle ils sont installés.

    Un mélange d’influences qui se repère facilement dans leurs nouvelles habitudes alimentaires, mélangeant allègrement le régime de leur pays d’origine (pupusas, tamales, atol… ) et de leur pays d’accueil (hamburgers, pizzas, milkshake… ).

  • En chiffres

    • 40% des Salvadoriens aux USA n’entretiennent pratiquement aucune relation avec son pays d’origine.
    • 44% des Salvadoriens aux USA ont entre 11 et 20 ans de vie hors de leur pays.
    • 60% des Salvadoriens aux USA voyagent une ou deux fois par an à leur pays.
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L’histoire des USA : faite d’immigrations (©Ludovic Bertron)

Réflexion

Plusieurs grandes questions se posent. Au-delà des raisons qui les poussent à partir et prendre des risques souvent très importants pour y arriver, la question de l’identité de ces migrants et du peuple salvadorien est très présente dans ce pays marqué par une histoire (et une actualité) douloureuse.

Se sentir chez soi, avoir des racines et appartenir à un peuple est indispensable pour la définition de son identité personnelle et culturelle; la perte de ses racines signifiant la perte d’une partie de son identité…

Shaka y Dres, musique, Salvador, Belgique
Immigration vers les USA (extrait de la chanson Patria de Maiz de ©Shaka y Dres)

Découverte et sidération

J’ai été sidérée de découvrir l’ampleur du mouvement de migration du Salvador. Sidérée de voir ces chiffres s’aligner…

La moitié de la population hors de son pays ? Un tiers aux États-Unis ? 40% qui n’ont plus de contact avec leur pays ? 70% de femmes parmi les premiers migrants ?

Et tant de détresse humaine, tant de violence, tant de risques vers lesquels se jettent ses hommes, femmes et enfants dans l’espoir de trouver un avenir meilleur…

Tellement marquée que je voulais vous en parler…

En pratique

  • Si le sujet vous intéresse et que vous êtes en voyage au Salvador, allez visiter le Museo Nacional de Antropología Dr. David J. Guzmán (ou MUNA) qui possède une salle spéciale « Migration et Racines »
    • Adresse : Av. La Revolución, Col. San Benito, San Salvador
    • Horaire : fermé le lundi, ouvert de 9 h à 17 h ; de 10 h à 18 h le dimanche

10 commentaires

  1. Très bel article

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  2. Voici un sujet très touchy de notre époque, celui de l’immigration. Salvador, Syrie, etc. les exemples sont nombreux et les médias brûlent de plaisir devant tant de misère et d’incompréhension. Mais quelles solutions apporter ? Là, il n’y a plus personne. Comment nos gouvernements (américain, français, etc.) doivent réagir face à de tels problèmes. Aux USA, les immigrés illégaux en provenance du Salvador et du sud en générale étaient plus que favorables et allègrement passés sous silence du temps d’un besoin de main d’oeuvre important dans les champs. Aujourd’hui leur présence n’est plus indispensable, pire, elle n’est plus appréciable. Tant pis pour eux, ce n’est plus notre problème. L’homme est un produit du 20èm siècle qu’on peine difficilement à recycler aujourd’hui. Son identité, personne ne semble vraiment s’en soucier. Ça donne le vertige n’est-ce pas ? 😉

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    • Merci Tugdual pour ton commentaire réfléchi. C’est vraiment agréable de te lire et de discuter (même par écrit ^^) avec toi.

      Oui, la migration est un sujet « brulant » pour le moment, passer à toutes les sauces par les médias…
      Mais ce dernier voyage en Amérique latine m’a donné une autre dimension de ce phénomène : lorsqu’on parlait migration dans la presse européenne, moi je découvrais l’ampleur de ce phénomène au Salvador. Deux histoires différentes pour un même sujet.

      Le migrant main d’oeuvre puis le migrant encombrant : c’est une histoire vieille comme le monde (en Belgique, et de manière générale en Europe, aussi…). Quelles solutions ? Je ne sais pas répondre à ta question. Trop complexe, trop sensible. Tellement de choses qui m’échappent…

      Le vertige : oui, et même plus… un grand sentiment de lassitude et d’impuissance également. L’éducation est déjà une belle première piste, qui part des citoyens (et devrait aussi partir des politiques), comme le défendent les chanteurs Shaka y Dres dans d’autres de leurs chansons engagées.

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  3. Je découvre ton blog et tombe sur cet article, et aussitôt je suis emportée par le sujet, la sensibilité de ta plume, la richesse du contenu… c’est passionnant et poignant. Merci pour cette réflexion qui m’a touchée. Je reviendrai !

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    • Merci Ariane pour ce beau message. Ravie que le sujet intéresse d’autres passionnés de voyage. Le Salvador est un pays qui nous a beaucoup touchés, à tant de niveaux différents…

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  4. Merci pour ce bel article. Enfin beau, l’histoire ne l’est pas évidemment, ce sujet est très triste et les habitants du Salvador n’ont pas la vie facile. Mais merci pour ces informations et pour montrer la triste réalité qui hante certains pays. Je comprends pourquoi le Salvador est un pays qui vous a touché.

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire ; surtout pour cet article qui parle d’un sujet qui m’a beaucoup touchée et dont, je trouve, on ne parle pas beaucoup. Du coup merci pour ton intérêt !

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  5. Bonjour

    Je fais un projet sur El Salvador et je me demandais si tu pouvais me passer les sources ou tu as trouvé toutes ces informations 🙂

    En tout cas j’ai aimé ton article 🙂

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    • Bonjour Mélanie,

      Notre source principale est l’exposition du Museo Nacional de Antropología Dr. David J. Guzmán, dont nous parlons dans l’article. Tu peux donc nommer cet article en français comme source. 🙂

      Bon travail !

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