Un sac sur le dos
Amandine

Hakone, c’est une promesse. Un pari. Celui du tableau parfait. Une vue de rêve, telle une carte postale typique du Japon, avec un lac reflétant le bleu azur du ciel, un torii rouge et, au loin, le majestueux Mont Fuji. Un trio gagnant qui fait rêver ! 

Voici le récit de notre découverte d’Hakone et le résultat de cette promesse nippone… Restez bien jusqu’à la fin de cet article pour les informations pratiques détaillées.

Nos découvertes, un voyage après l’autre

Ce sont « nos découvertes » au pluriel, car Hakone, nous y avons séjourné à deux reprises (en tout cas jusqu’ici… car on rêve d’y retourner un jour avec Manea !). 

La première fois, lors de notre tout premier voyage au Japon. La seconde avec les parents de François, lors de notre 3e voyage. Deux expériences et ressentis complètement différents. 

Retrouvez nos différents voyages dans l’article : Inspirations : nos 3 itinéraires de voyage au Japon

Hakone, la mystique

Lors de notre premier voyage, nous sommes arrivé·es à Hakone sous une pluie torrentielle. Entre l’hiver presque disparu et le printemps pas encore établi, le ciel avait choisi de revêtir un manteau gris. Enveloppée de brume et désertée sous la pluie, Hakone avait tout d’une ville fantôme. 

Après avoir gravi des rues si escarpées que nous manquions de glisser sur le sol trempé, nous sommes chaleureusement accueilli·es à notre logement. Tellement chaleureusement que le propriétaire qui nous escorte à notre chambre se sent le devoir de nous expliquer chaque bouton de chaque télécommande (pourquoi il y en a-t-il autant ?). Débute alors un jeu de mimes. La clé de l’énigme ? La marche à suivre pour ôter nos chaussettes humides et les mettre à sécher à l’emplacement idéal, sous l’air conditionné. Tellement attentionné que la barrière de la langue n’en est pas une pour venir en aide à deux voyageur·euses dégoulinants sur les tatamis ! 

Deux âmes vagabondes sous la pluie

Avec des parapluies prêtés presque de force, nous avons exploré la ville en quête d’un endroit où manger. Déserte et à présent sombre, cette ville semblait nous condamner à gargouiller jusqu’au petit matin… Jusqu’à ce que nous tombions enfin sur un petit restaurant ouvert. Tellement petit qu’un simple comptoir offrait de la place pour 7 client·es à la fois. Il restait justement deux places.

Point de menu, si ce n’est deux grandes feuilles affichées derrière le cuisiner, positionner au centre de la pièce, derrière le comptoir. En kanji, bien entendu. Nous observions les autres client·es alors que le patron nous accueillait avec les formules d’usage, dans un japonais qui nous était encore incompréhensible à cette époque. Tous les visages étaient penchés au-dessus de grands bols fumant, les bouches aspirant à grand coup de « slurp » bruyant. Le patron nous demande si nous désirons le menu qui se trouve derrière son épaule gauche ou celui derrière son épaule droite. Nous osons les nôtres, d’épaules. Je pointe alors l’assiette de mon voisin le plus proche. Après un sourire qui valide tout, nous sommes invité·es à nous assoir.

Une soirée comme je les aime. Imprévue, pleine de surprises, de bonnes odeurs et d’un plat réconfortant. Que demander de plus ? Si ce n’est peut-être un peu moins de pluie ? 

Le choix d’un « au revoir »

Vu la météo, nous décidons le lendemain matin de faire l’impasse sur l’excursion vers le lac. Pluie, brume et nuage ne sont pas des alliés de choix pour découvrir ce genre de paysage. Et nous avons déjà en tête que ce premier voyage au Japon ne sera pas le seul… Même si nous sommes encore loin de nous douter de la place que prendrait ce pays dans nos coeurs.

Hakone, la revanche

La patience est un plat qui se mange froid… et au sec. Un an et demi plus tard, nous revoilà sur nos pas. L’hiver a cédé la place à l’automne, la pluie au soleil. Dans le joli téléphérique qui avale la montagne, nous gravissons les rues escarpées du village pour débuter l’expédition d’Hakone vers le lac en croisant fort les doigts pour que la promesse de la vue parfaite sur le Mont Fuji se réalise… 

Ça grimpe à Hakone Gora

Découvrir Hakone : une expédition aux paysages variés

D’Hakone, je n’avais que cette image de carte postale avec un lac, un torii et le Mont Fuji. Mais c’est bien plus que cela en réalité !

Des téléphériques et funiculaires nous emmènent dans les airs, survoler des cratères d’où se dégagent des fumées jaunes au parfum d’oeufs pourris. Si l’odeur n’est pas des plus agréables, la vue, elle, est à couper le souffle (du coup, ça s’annule un peu… !).

Télécabine d’Hakone

La vallée volcanique d’Owakudani

Ce nom qui roule si joliment en bouche, Owakudani, est celui d’une vallée célèbre pour ses oeufs noirs. Cuits dans les cratères, les visiteur·euses bravent les émanations de soufre pour cette expérience qui transforme le plus banal des oeufs en oeuf de dragon. 

Les paysages d’Owakudani ne laissent pas indifférents. Fin du monde, vallée du Mordor… Selon votre sensibilité et vos références, votre monde intérieur entrera forcément en résonance avec ces falaises grises où dansent des volutes de fumée jaune. 

La vallée volcanique d’Owakudani

Le lac Ashi

Le lac Ashi (ou Ashino en japonais) est la scène finale de toute cette expédition. Celle de l’aboutissement.

Après avoir mangé au restaurant bordant la station de funiculaires, autant avec la bouche qu’avec les yeux en contemplant le lac si bleu, nous avons embarqué pour l’attraction ultime : le bateau ! Et pas n’importe quel bateau : un voilier tout droit sorti d’un film de pirate.

Les bateaux de pirates du lac Ashi
Vue sur le lac Ashi depuis le pont du bateau
Le duo parfait du lac Ashi : bateau et torii !

Ces bateaux immenses peuvent accueillir jusque 500 personnes. Nous nous sommes précipité·es sur le pont, pour profiter au maximum des paysages… Dont la vue que nous attendions, celle du torii vermillon du sanctuaire Hakone-jinja. 

Mais si je ne devais retenir qu’une seule image de ce voyage en bateau, ce serait celle-ci, Cette image comme tirée de la toile d’un·e peintre, d’un petit bateau près de la rive, naviguant au milieu d’une eau immobile, éclairée d’une lumière divine. Un moment hors du temps, tout en poésie. Une vraie scène d’anime à la Ghibli.

Paysage de carte postale sur le lac Ashi

L’allée des cèdres et Hakone-jinja

Arrivés à Hakone-machi, nous descendons du bateau et poursuivons ensuite joyeusement la journée. La suite du programme : une belle promenade d’une petite demi-heure jusqu’à Moto-Hakone. J’ai des étoiles plein les yeux en repensant à cette marche dans « l’allée des cèdres ». À l’ombre de ces arbres si beaux et si hauts, nous posions les pieds sur une petite partie de la route ancestrale du Tôkaidô, l’ancienne route féodale qui reliait Edo (l’ancienne Tokyo) à Kyoto.

La très belle allée des cèdres du Tôkaidô

Et j’étais tout autant émerveillée lorsque, quelques minutes plus tard, nous sommes arrivé·es au temple Hakone-jinja. Si simple et si beau à la fois. Je pense que cette promenade tout en verdure et en histoire a été mon moment préféré de la journée !

Au bas des escaliers du temple Hakone-jinja
Purification avant d’entrer au temple Hakone-jinja
Le temple Hakone-jinja
Prières au temple Hakone-jinja
Le torii du temple Hakone-jinja

Visiter Hakone en une journée : informations pratiques

Après vous avoir partagé notre expérience de voyage, voici toutes les informations pratiques pour préparer votre séjour à Hakone.

Comment se rendre à Hakone ?

Voyager au Japon peut se faire de différentes façons, mais la plus classique reste le train. Pour parcourir les 80 km qui séparent Hakone de Tokyo en train, plusieurs options existent. Accrochez-vous, il y a pas mal d’étapes !

Dans la gare d’Hakone Yumoto

Etape 1 : train de Tokyo à Hakone-Yumoto

La plus chère de toutes les options est sans doute le « Limited Express Romancecar Super Hakone ». Un train tout aussi incroyable que son nom : tout est dans le titre ! Ce train unique vous emmène de la gare de Shinjuku jusqu’à Hakone-Yumoto en 80 minutes. 

Mais vous pouvez également profiter de votre Japan Rail Pass pour prendre le train jusqu’à la gare d’Odawara, et enchainer ensuite avec des trains du réseau privé (non compris dans le JR Pass) : 

Et l’option la moins chère est de prendre un bus depuis la gare de Shinjuku (Tokyo) jusqu’à la région du lac Ashi avec la compagnie d’Odakyu Hakone (environ 2000 yens et 2h de trajet).

Etape 2 : train de Hakone-Yumoto à Gora

Le train Hakone Tozan Densha vous y emmène en 35 minutes en empruntant la plus ancienne voie de chemin de fer de montage du Japon. Cette partie du trajet est un voyage à elle toute seule !

Dans le train pour Hakone

Etape 3 : funiculaire de Gora au Mont Sounzan

Il est possible de descendre au Mont Sounzan pour faire des randonnées, mais la majorité des visiteur·euses poursuivent leur chemin et embarquent dans le transport suivant.

Etape 4 : téléphérique Sounzan – Owakudani et lac Ashi

Un téléphérique (Hakone Ropeway) vous emmène pour le dernier tronçon, jusqu’au lac Ashi. Par beau temps, vous pouvez profiter d’une vue magique, avec le lac d’un côté et le Mont Fuji de l’autre.  

Etape 5 : bateau pirate sur le lac Ashi

Traversée du lac Ashi depuis Togendai jusque Hakone-machi ou Moto-Hakone. Je recommande vraiment de descendre au premier arrêt pour ne pas louper la jolie promenade.

Arrivés à Hakone-machi

Etape 6 : bus de Moto-Hakone à Hakone-Yumoto

Après le bateau, pour prendre la route de retour, vous pouvez monter dans un bus Tozan à Moto-Hakone. Il permet de rejoindre Hakone-Yumoto, la gare où vous êtes sans doute arrivé·e au début de ce petit périple ! 

Que visiter à Hakone ?

Voici un petit récapitulatif des intérêts de la ville (et ses alentours) : 

Combien de jours pour visiter Hakone ?

Je vous conseille, pour être tôt et moins vous sentir dans une sorte de course folle, de passer la nuit de la veille à Hakone. Cela vous permettra également d’éviter les heures de grande affluence aux lieux touristiques. 

Rien ne vous empêche de choisir ensuite à dormir encore une nuit à Hakone, ou au bord du lac Ashi, ou à poursuivre votre route pour la prochaine étape de votre itinéraire au Japon.

Si vous ne comptez pas loger sur place, n’hésitez pas à vous renseigner sur les consignes de bagages qui existent à différentes stations, afin de ne pas vous encombrer durant la journée.

Où dormir à Hakone ? 

Je suis tellement heureuse d’avoir dormi à Hakone. Parce que, le Japon, ce n’est pas que les grandes villes comme Tokyo et Kyoto. Hakone a été notre première expérience de logement dans les hauteurs du Japon, et pour ça, elle gardera toujours un statut particulier dans nos coeurs.

Plusieurs options existent pour dormir à Hakone et sa région : 

Pour vous aider dans vos recherches d’hébergement, n’hésitez pas à comparer les offres à Hakone sur Booking et Agoda.

La vue depuis notre logement à Hakone Gora

Où manger à Hakone (et alentours) ?

A Hakone même, il y a plusieurs petits restaurants. Celui que nous avions débusqué lors de notre premier voyage reste un lieu mystérieux que seul·es cellux qui sont perdu·es peuvent trouver… (selon la légende, en tout cas)

Aux abords du lac, nous n’avons pas fait très original : nous sommes allé·es au restaurant qui se trouve à la sortie du funiculaire, juste avant d’arriver au lac. En plus d’un large menu avec des plats simples à un prix raisonnable (surtout pour un lieu si touristique), il y a une belle vue sur le lac et ses bateaux.

Quand visiter Hakone

Nous n’avons (pour l’instant !) pas testé toutes les saisons, mais Hakone semble pleine de charme tout au long de l’année : 

Des paysages qui doivent être magnifiques en automne

Quel pass pour visiter Hakone ?

Si vous prévoyez de visiter Hakone, le pass Hakone FreePass de la société Odakyu est intéressant. Il comprend : 

Vous pouvez vous le procurer depuis l’étranger (comme le Japan Rail Pass) ou directement sur place. Nous l’avons acheté à la gare d’Odawara. Il permet de ne pas faciliter le transport (ne pas chercher à acheter son billet à chaque changement de transport). Et dans notre cas, vu tous les transports et visites réalisées, il a été rentabilisé. On considère, pour un voyageur « classique » qui reste deux jours que l’économie est entre 8 et 12€ par personne. 

Hakone, un triptyque de carte postale

J’avais l’image d’Hakone comme étant une carte postale. Il serait plus juste de la comparer à un « triptyque de carte postale » : sa ville de montagne, ses téléphériques et funiculaires au-dessus des volutes de souffre, et bien sûr le lac Ashi avec le torii et la promesse d’un Mont Fuji. Promesse qui, pour nous, fut… presque tenue !

Dans le dernier funiculaire, le temps d’une micro-éclaircie, les nuages se sont écartés pour dégager un coin de ciel bleu et, en toile de fond, la montagne majestueuse. Je rêve de le voir un jour sous un ciel étincelant, me dominer de toute sa grandeur. Car jusqu’ici, c’est toujours par petit bout qu’il s’est dévoilé à nous… Un jour… Ce n’est qu’une bonne excuse de plus pour retourner encore (et encore) au Japon !

D’ailleurs, en écrivant cet article, je suis partagée entre nostalgie heureuse et envie de programmer un futur voyage pour partager cette aventure avec Manea. Je suis tellement certaine qu’il adorerait ça !

Le torii du temple Hakone-jinja au lac Ashi

2 réponses à “Hakone, le trio parfait : lac, torii, mont Fuji”

  1. Hakone semble être une ville passionnante et diversifiée.

    On a tendance à ne penser qu’aux grandes villes lorsqu’on évoque le Japon mais ce pays semble avoir de beaux endroits naturels.Beaucoup de choses à découvrir…

    Merci pour ce partage d’expérience :).

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