L’image de la femme à travers le monde est multiple et pleine de nuances… tout comme le respect de leurs droits fondamentaux. Le féminisme n’est plus un mouvement à la mode, et pourtant, ses revendications sont loin d’être atteintes, où que l’on soit sur notre petite planète.

J’ai eu envie, sans raison particulière, de vous parler des femmes du monde. De nous, d’elles, de moi… Pas besoin d’attendre « la journée de la Femme » pour lever le voile sur les injustices et inégalités qui persistent sur le globe.

Coup d’oeil sur le féminisme, son histoire et surtout, « mon histoire de féministe », qui débuta lors d’un voyage…

J’avais 10 ans…

Mon premier souvenir de discrimination sexiste me vient d’un voyage en famille en Italie. J’avais alors une dizaine d’années. Nous logions dans la maison d’une famille de fermier et partagions un peu de leur quotidien.

Un jour, le fermier, prenant mon petit frère en sympathie, lui fit un grand honneur : celui de pouvoir s’assoir aux commandes de son tracteur. Impensable ! J’étais son aînée de quatre ans, et pourtant je me retrouvais, à la place, invitée à l’activité « lessiver le linge dans les bassines en plastique ».

J’étais folle de rage devant cette injustice ! (Maigre consolation, l’on ne me convia pas une seconde fois pour la lessive, ayant malencontreusement confondu la bouteille de savon avec celle d’eau de javel… Acte manqué ?)

Ce souvenir d’enfance m’a profondément marquée, pour l’injustice vécue face à cette non-invitation du fermier, négation de mon droit en tant qu’aînée, négation de ma présence… Pour lui, je n’existais même pas !

Mais, plus encore, mon désarroi a été renforcé par l’attitude de mes parents, garants et défenseurs de la justice à mes yeux d’enfant : ils n’ont tout simplement rien fait. Ils ont regardé avec amusement et fierté mon petit frère conduire le tracteur orange et m’ont dit que je devais accepter. Ne rien dire… Et sourire. Parce qu’ici, ce n’est pas chez nous. Ici, cela fonctionne autrement.

Ici, les filles ne peuvent pas conduire les tracteurs ?

Révélation, du haut de mes 10 ans : ailleurs, dans le monde, les filles n’avaient pas les mêmes droits que les garçons.

Inacceptable ! Un parfum de révolution planait au-dessus de ma tête : il faut que cela change !

Avec les années, mes idées ont mûri (un peu), mais mon indignation de petite fille est toujours la même.

Voyage, enfant, Venise
J’avais 10 ans lors de mon premier voyage à Venise

De son enfance, il y a deux choses à ne jamais perdre : ses rêves et ses indignations.

Garder son âme d’enfance, c’est rester connecté avec « l’essentiel » et les valeurs que l’on chérit. Le respect. La justice. L’équité.

Le féminisme, une cause démodée ?

Ceux qui me connaissent auront sans doute un sourire aux coins des lèvres en lisant cet article. Ils savent que c’est un sujet sensible pour moi. Sensible parce qu’important.

Adolescente, je ne supportais pas de regarder avec ma famille, tous les dimanches soirs, les Westerns qui passaient à la télévision : ces héroïnes « cruches » (pour ne pas dire autre chose) avaient le don de m’exaspérer ! Jouant les femmes fortes, elles étaient pourtant incapables de gérer leur propre destin. Et dans tous les Westerns, il y a toujours cette fameuse scène d’amour (le point culminant de mon agacement lors du film !), où notre héroïne est prise de force dans les bras par le héros grand-beau-et-fort, qu’elle feint de résister quelques secondes (« Non, non, non, lâchez-moi sale brute ! ») pour finir par succomber à son baiser et à se transformer en pauvre petite chose dans les grands bras de notre gentil héros.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela ?

Parce que les images que l’on véhicule de la Femme au quotidien, à travers les films, publicités, magazines, l’imaginaire collectif… ne me laissent pas indifférente. Elles véhiculent nos représentations, influencent inconsciemment nos perceptions… et renforcent les inégalités et clichés des genres.

Donc non, le féminisme n’est pas une cause démodée !

Féminisme et féminisme…

Le féminisme est souvent décrié à cause de celles et ceux (enfin, surtout celles !) qui le défendent de manière trop extrême, à la limite du sectaire. Le YouTubeur Kriss (Minute Papillon) en parle très bien dans cette vidéo…

Mais le féminisme est un mouvement historique remontant loin dans le temps, certains allant même à lui trouver des racines dans l’Antiquité.

femme, féminisme
Le Féminisme est la notion radicale selon laquelle les femmes sont des personnes
  • Histoire et définition du féminisme

    Le but du féminisme est simple (enfin, en théorie -même si, en théorie, la théorie et la pratique, c’est la même chose !-) :

    Le féminisme vise à atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes.  Cette défense des droits des femmes se joue tant dans la société civile que dans la sphère privée, où se situent souvent les représentations les plus ancrées et insidieuses sur le rôle, la place et le droit des femmes.

    Le féminisme a connu trois grandes époques à travers le temps :

    1. Fin XIXe siècle

      C’est au Siècle des Lumières que les premières revendications trouvent une trace concrète. Oubliées de la Révolution française, certaines femmes ont fait la différence, afin de faire entendre leur voix et que les réformes proposées incluent un texte instaurant l’égalité des hommes et des femmes devant la loi.

    2. Années 60

      Le Féminisme revient en force avec le Mouvement de Libération des Femmes (MLF) et Women’s Lib. Leur principale revendication : avoir le contrôle de leur propre corps (avortement, contraception).

    3. Années 90

      Le féminisme passe un peu de mode, mais est maintenu vivant par des militantes issues de groupes minoritaires (dans le sillage du Black Feminism, luttant pour défendre les droits de la femme noire, souvent oubliée par les mouvements classiques féministes).

  • Ma définition du féminisme

    Personnellement, je serais nuancée dans ma conception du féminisme. Le féminisme, cela ne devrait pas être la lutte pour les droits de la femme. Mais bien celle contre toutes les formes de sexisme et d’inégalité basées sur le genre, aussi bien envers les hommes que les femmes. Une lutte POUR les deux sexes et leur égalité. Et non une lutte DES sexes.

    L’égalité, ce n’est pas gommer les différences.

    L’égalité, ce n’est pas de se préoccuper que d’un groupe, mais bien de tous.

    Il faudrait peut-être réinventer le féminisme, trouver un nouveau terme, comme « l’égalisme »… Lutter pour les femmes comme pour les hommes. Dénoncer tous les clichés et les inégalités des genres.

    Les hommes n’ont pas à être tous et toujours durs et forts, aimer les grosses voitures et la couleur bleue.

    Les femmes n’ont pas à être toutes et toujours douées pour les tâches ménagères, se maquiller et s’habiller en rose.

    Cela surprend souvent, mais les hommes sont également victimes de l’inégalité des sexes et des clichés qui régissent socialement ce qui est acceptable/désirable/attendu de chaque sexe.

    feminisme, femme, homme
    Le féminisme ? L’égalité pour tous ! © Ludivine Cornaglia

Le féminisme aujourd’hui : pourquoi, comment ?

L’évolution en cours pour atteindre l’égalité Homme-Femme est bien réelle… mais la route à parcourir reste encore longue !

Les avancées sont inabouties et paradoxales. (Isabelle Attané, Carole Brugeilles, Wilfried Rault – auteurs de l’Atlas mondial des femmes)

Il y a des avancées dans un très grand nombre de domaines comme la santé, l’instruction… mais on voit aussi des situations se dégrader. (Isabelle Attané)

Défendre les droits des femmes, promouvoir l’égalité, lutter contre les injustices et discriminations… Cela a donc encore tout son sens !

Malgré certains chiffres et rapports alarmants (j’en parlerai dans un autre article sur la situation des femmes dans le monde), j’aime me dire qu’il y a de l’espoir, que ce soit à travers les signes d’évolutions notables, les initiatives et les mobilisations de certaines personnes engagées… Et puis, il ne faut pas oublier que chez nous, il n’y a pas si longtemps (quelques décennies à peine), les droits des femmes étaient encore très différents de ceux que nous avons aujourd’hui.

Il n’y a pas si longtemps…

En Belgique, il a fallu attendre 1948 pour que les femmes aient le droit de vote aux élections législatives et provinciales ; et 1973 pour qu’une femme mariée puisse ouvrir un compte bancaire sans son mari !

Le Moyen-Âge n’est pas si loin…

Et vous, est-ce que la thématique de la justice et de l’équité vous touchent ? La place de la femme à travers le monde est un sujet qui vous parle ? Des réflexions, inspirations ou expériences à nous partager ?

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43 commentaires

  1. Quand tu étais petite tu as vécu le fermier italien et son tracteur… Jeune femme j’ai croisé la route d’une saoudienne en Jordanie, fantôme noir dont on ne voyait ni le visage ni les mains gantées, marchant 15 pas derrière dans le sillage de son mari qui nous foudroyait du regard d’oser montrer nos bras par 40° à l’ombre. En dehors de toute considération politico-religieuse, la tenue de cette femme sous cette chaleur des enfers m’a donné envie de hurler. Alors oui, la cause des femmes et de tous ceux qu’on opprime ou qu’on brime pour leurs opinions ou leurs orientations sexuelles, ça me parle, plus encore quand je sillonne le monde que quand je suis bien tranquille dans notre France plutôt égalitaire.

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    • Merci Tara pour ton commentaire et ton partage de vécu.

      Oui, lorsque l’on reste « chez nous », on oublie parfois qu’ailleurs c’est encore très différent… Cet article est le début d’une série « Voyage & Feminisme » que je développerai dans les semaines qui suivent, avec un coup d’oeil sur les droits de la femme dans le monde… mais aussi chez nous. Car, sous couvert de cet apparent statut égalitaire, beaucoup de choses se passent (encore) et méritent d’être pointées du doigt, car insidieuses et jugées négligeables.

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  2. Je suis impressionnée par ton article, je ne sais pas si tu as eu facile à le rédiger mais c’est fluide et instructif.

    Là où j’ai été le plus choqué c’est à Londres. Bizarre je sais pourtant, c’est l’endroit où j’ai côtoyé des femmes libre à outrance et d’autres sous leurs niqabs/burka surveillées par leurs hommes.
    J’étais avec mon conjoint dans un magasin de lingerie et le mari d’une d’entre elle a empêché mon homme d’entrer sous prétexte que Mme était à l’intérieur. Heu quoi?!?

    Sinon, c’est vrai que dans le bassin Méditerranéen, les femmes et les hommes ne sont pas sur un même pied d’égalité et c’est là que je te rejoins. J’ai un peu vécu la même situation que toi en Grèce.

    Pour moi, le féminisme ce n’est pas la lutte des femmes contre les hommes mais bien une égalité des deux sexes. Et ce pour tous les sujets.

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    • Merci beaucoup Valérie pour ce retour ! Ravie de voir que nous partageons des idées communes autour du féminisme et de l’égalité des genres.
      Lorsque j’ai commencé à écrire sur le sujet, cela faisait plusieurs mois que je tournais et retournais le thème dans ma tête, me demandant si je devais/pouvais en parler sur ce site orienté voyage (sans être hors sujet), si cela plairait aux lecteurs…

      Et puis, je me suis dit « si cela m’intéresse et si cela me plait, cela plaira forcément à d’autres personnes, même si cela ne touche pas un très large public ». Alors je me suis lancée, sans savoir exactement ce que je voulais partager.

      J’avais tellement d’idée. Finalement, j’aborderai ce sujet dans plusieurs articles ; comme je le disais à Tara, je me lance dans la réalisation d’un « dossier Voyage & Féminisme », qui s’inscrira plus largement dans une rubrique « engagée », où les thématiques d’équité, de justice, de respect, d’identité… seront à l’honneur 🙂

      Un projet que je voulais voire aboutir depuis longtemps, alors cela me touche d’autant plus de recevoir des commentaires et réactions pour cet article !

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  3. Il s’en est fallu de peu que la femme ne soit considérée comme « complémentaire » dans la nouvelle constitution tunisienne post-révolutionnaire.

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    • Merci Odette pour ton commentaire ; les révolutions oublient souvent d’impliquer les femmes dans ces revendications… Ce qui prouve que le féminisme n’est pas mort vu que son objectif n’est pas atteint !

      Au plaisir d’échanger encore dans les commentaires sous d’autres articles sur le sujet (une série de réflexions sur cette thématique est en préparation) 🙂

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  4. Aaaah j’adore ton article, il me parle ! Je suis féministe, je le revendique haut et fort. En plus je viens de tomber sur la nouvelle pub de Zahia pour Peta, pour promouvoir le végétarisme (ce n’est pas elle qui me déplait, mais plutôt la mise en scène sexiste : promouvoir le végétarisme oui, objectifier la femme pour cela, non)… Donc ton article me redonne le sourire !
    Comme je le disais, je suis féministe. Je n’ai jamais compris pourquoi les femmes et les hommes étaient traités différemment, ni les justifications qu’on me donnait parfois (« Marie la méchante a mangé la pomme au Paradis, tout ça » – on peut y croire si on veut, mais je trouve cette justification forte de café). C’est grâce au féminisme que j’ai commencé à voyager seule et que j’ai su m’accepter telle que je le suis. C’est un beau combat, qui a encore énormément de choses à faire pour l’égalité entre les genres, partout dans le monde, mais aussi dans nos pays. Après tout, les femmes sont encore payées en moyenne 25% de moins qu’un homme, à poste et qualifications égales… Et puis quand on m’a demandé lors d’un entretien d’embauche si je comptais avoir des enfants vu mon age, je me suis clairement dit que la bataille était loin d’être gagnée encore.

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    • Merci beaucoup Sarah ! Tu ne peut pas savoir comme ton commentaire m’a redonné le sourire !
      Ce n’est pas la première fois (à titre personnel) que je partage des informations et réflexions sur cette thématique, et que je ne vois que très (très) peu de retour et marques d’intérêt. Alors ton enthousiasme me fait chaud au coeur ! 🙂

      Comme tu dis, c’est une cause pour laquelle il y a encore énormément à faire, à l’autre bout de la terre… comme chez nous !

      Ce genre de questions aux entretiens d’embauche est malheureusement chose fréquente et, pire, qui ne révolte personne (ou trop peu de personne) !

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  5. Comme toujours, très bel article Amandine!

    L’égalité des genres est quelque chose qui me tient tellement à coeur. Étant mère de deux filles et d’un fils, je me rends à l’évidence: la société est genrée et hétéronormative par-dessus le marché (mais c’est une autre histoire). Les garçons, c’est bleu, camions, pow-pow. Les filles, c’est doux, rose bonbon, poupées…

    J’ai été professionnellement, pendant un moment, dans un milieu majoritairement masculin. Déjà, les clichés sexistes ne tardent pas à arriver. Et mon pauvre ami, quel homme, qui a choisi de faire sa vie dans un « milieu de femmes ». On s’imagine même pas les stupidités qu’il a pu entendre.

    Et au-delà du sexisme qui accorde telle ou telle caractéristiques automatiquement à chacun des sexes (et cette notion de « sexes » est tellement plus vaste qu’on ne veut bien le croire), il y a ces inégalités. La femme qui ne peut se déplacer hors de la maison sans son mari, la femme qui n’a pas le droit de conduire, les mutilations génitales, les mariages forcés… j’arrête, je m’emporte intérieurement.

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    • Merci beaucoup Bianca, comme toujours, ton commentaire me fait très plaisir 🙂
      La « stéréotypification » (si l’on peut dire !) des genres pour les enfants m’effraye : j’ai l’impression que, loin de s’améliorer, la situation empire chaque année !

      J’ai eu la chance de travailler dans des milieux très différents, certains presque exclusivement féminins et d’autres, à l’inverse, masculins… Et je dois dire que le passage de l’un à l’autre a été un vrai choc. Les deux milieux portent leurs lots de clichés démodés et sexistes… mais la confrontation au « machisme » dans le monde du travail a été une vraie épreuve pour moi, et un réveil de mes tendances féministes par la même occasion.

      Stéréotypes et inégalités, comme tu le rappelles si bien. Des idées insidieuses dans le quotidien aux droits fondamentaux bafoués, il y a tout un dégradé qui se dessine sur notre petite planète. Et rien que d’y penser, comme toi, je m’emporte. Je ne pouvais pas ne rien faire. Je sais bien qu’écrire c’est peu de chose. Mais c’est un début pour moi. L’occasion de structurer ma pensée et en même temps de la partager, voire de sensibiliser quelques esprits moins attentifs à cette thématique sensible…

      Je n’aime pas l’image qu’a actuellement chez nous le mot « féminisme » : démodé, vieillot, attaché à des vieilles femmes rigides ou des jeunes idiotes libertines. Je pense qu’il y a d’autres manières d’êtres féministes ou, tout simplement, « égalistes ». Et c’est aussi ce message que j’aimerais faire passer 🙂

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  6. Tu étais plutôt précoce dis moi (et pour le féminisme et pour le voyage !) J’aime bien ta vision des choses et les 2 phrases « Une lutte POUR les deux sexes et leur égalité. Et non une lutte DES sexes. » résument bien la problématique, un peu comme l’évoque Kriss dans sa vidéo d’ailleurs, parfois, dans leur lutte, certains tombent dans une extrême qui porte atteinte aux valeurs même qu’ils cherchent à défendre. Et c’est le même soucis dans biens des cas de luttes entre pouvoirs/religions etc… l’égalité c’est un terme qui fait rêver mais qui est dur à appliquer tant les moeurs sont ancrés dans beaucoup de domaines…

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    • Merci Romain pour ton message : cela fait plaisir de voir un homme s’intéresser à cet article ! 😉

      Précoce ? Peut-être… C’était un voyage en famille, une des premières fois où je quittais la Belgique ou la France pour partir en vacances. Et pour ce qui est du féminisme, je ne me suis pa dit à 10 ans « ça y est, je suis féministe ! » 😉 Je pense que les enfants portent très tôt en eux les valeurs de justice et d’équité. Personnellement, l’injustice est sans doute la chose que j’ai le plus de mal à accepter (enfin, non, je ne l’accepte pas du tout !) – à gérer, disons ! Ce trait de caractère a été renforcé par l’éducation que j’ai reçue de mes parents… Même si, dans l’histoire que je vous partage ici, leur réaction m’avait scandalisée à l’époque (d’autant plus qu’ils se montraient tellement vigilants à garder une équité entre nous tous).

      L’égalité est effectivement un petit mot qui soulève bien des questions : tellement difficile à appliquer ! Je pense, comme tu le dis, que les moeurs sont ancrées profondément et produisent une résistance au changement… Surtout que ces moeurs concernent le plus souvent le cadre de la vie privée (place/rôle de la femme, répartition des tâches, droits et liberté dans le cadre privé…) : c’est sans doute à ce niveau qu’il y a le plus de travail à faire et sûrement là également que c’est le plus difficile d’agir.

      Mais j’en reparlerai dans de prochains articles atour du dossier « Voyage & Féminisme » (car comme je l’ai laissé entendre à différents moments, ceci n’est que le début ! 😉 ).

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  7. J’avais été très marquée lors de notre premier TDM par la place (ou l’absence de place…) de la femme dans la société indienne. Un exemple tout bête mais marquant, quand je payais on rendait la monnaie à mon conjoint… Cela avait participé à l’impression mitigée que m’avait laissé ce périple indien. Mais comme tu le dis, il ne faut pas oublier non plus que « chez nous », l’égalité homme-femme est loin d’être acquise… Il n’y a qu’à voir les différences salariales dans le privé entre les hommes et les femmes, à compétences égales. Les entretiens d’embauche où on te demande si tu veux des enfants (et toutes les personnes qui trouvent cette question tout à fait normale « ben oui tu comprends c’est important pour un employeur de savoir qu’il peut compter sur la personne… ». Les cris d’extase des proches lorsque dans un couple c’est l’homme qui fait la vaisselle ou la lessive (c’est vrai que c’est cool, mais pourquoi pas de cris d’extase quand c’est une femme qui s’occupe de cela??). Et je pourrais t’en citer des listes et des listes, de tels exemples… Et tout cela, dans notre société « moderne » et « avancée » commence par de petites choses qui semblent anodines… la petite fille qui ne monte pas sur le tracteur… la petite fille à qui on dit qu’elle est jolie alors qu’on dit à son frère qu’il est fort… Bref, il y a du boulot encore !!

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    • Merci Aurélie pour ton partage d’expérience.

      L’exemple « anodin » de la monnaie rendue à ton conjoint en Inde, je le retrouve ailleurs… et même chez nous : j’aime faire le test, au restaurant, de demander moi-même l’addition, et d’observer ensuite où le serveur posera la note. Devant moi ? Mon conjoint ? Au centre (pour les indécis ^^ !) ? Idem pour le retour de monnaie… L’argent reste encore (consciemment ou pas) un domaine « d’Homme », même chez nous.

      La question de la grossesse à l’entretien d’embauche me révolte, et pourtant elle est si souvent présente ! Et évidement, posée uniquement à des femmes. Comme ces femmes à haute responsabilité (dans les entreprises ou en politique) auxquelles on demande toujours comme elles font pour concilier leur travail et leur vie de famille… Question que l’on ne pose que très rarement aux hommes dans des positions équivalentes !

      Comme tu le soulignes très bien, l’objectif d’égalité des sexes est encore très loin d’être atteint dans nos sociétés dites « modernes » et « évoluées ». Le problème, c’est que c’est insidieux, inconscient… et que le mot « féminisme » ne fait plus réagir personne (ou si, mais négativement, avec des rires sarcastiques ou des yeux levés au ciel, car « ça ne sert plus à rien chez nous de nos jours »).

      Quel plaisir de lire des commentaires comme le tien : cela montre à quel point nous sommes nombreux à réaliser les manquements et le chemin qu’il nous reste à faire. Et pour ceux pour qui ce n’est pas encore clair, j’espère que ce genre d’article pourra éveiller quelques consciences et lancer le débat…
      Au plaisir de te lire (d’autres articles sur cette thématique sont en préparation autour d’un dossier spécial « Voyage & Féminisme ») 🙂

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  8. Très bon article. Je salue notamment le paragraphe évoquant le besoin d’arrêter de parler de féminisme et d’aller vers l’égalitarisme. Oui les injustices envers les femmes sont plus nombreuses mais adopter une position monolatéral n’est à mon sens vraiment pas la bonne chose à faire pour être crédible.
    Il serait plus facile de rallier les hommes à cette cause s’ils comprennent que l’on défend également leurs libertés.

    Ah et pour le voyage, triste chose. Certaines situations me sont tellement insupportables que je préfère ne plus visiter certains pays (sentiment d’impuissance et d’intense colère vis à vis du retard de certaines société).

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    • Merci Noon pour ton retour sur cet article spécial qui me tient à coeur !
      Le terme féministe recouvre des réalités si multiples, des convictions et des manières de revendiquer si différentes… qu’il faudrait peut-être le faire évoluer. Et puis, je trouve qu’il provoque un biais de perception : le féminisme aux femmes et pour les femmes. Alors que ce mouvement devrait être l’affaire de tous et pour tous.

      Je comprends ton malaise devant certaines injustices trop poignantes/violentes/profondes… et ta difficulté à voyager dans ces pays. L’injustice me provoque également un grand sentiment d’impuissance et une colère qui gronde en moi. La première fois que j’ai vécu ces émotions, c’était en Bolivie, lors de mon premier grand voyage au long cours (et premier voyage hors Europe) : voir toute cette pauvreté, ces inégalités sociales, cette misère humaine… me révoltait. Tout autant que mon sentiment d’impuissance face à ces enfants qui me demandaient de l’argent de la rue. Un premier choc de voyageuse que je garderai toujours en moi.

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  9. J’ai beaucoup aimé l’article, il fait réagir… Il est vrai qu’il y a encore BEAUCOUP de progrès à faire en matière d’égalité des sexes en France (bien que la situation soit pire dans certains pays…).

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    • Merci Pierre pour ton message et de me partager ta réaction suite à cette petite réflexion.
      L’égalité des sexes n’est encore qu’une belle théorie pour le moment, et ce partout sur notre petite planète.
      En parler pour conscientiser et faire évoluer les mentalités, en commençant par « être le changement que l’on veut voir dans le monde » 🙂 

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  10. Merci pour cet article et j’ai hâte de suivre les développements que tu vas écrire. Je suis féministe également, j’avoue avoir du mal à comprendre comment on ne peut l’être, mais dans la même conception que toi, sans le radicalisme que l’on t’accuse d’avoir.
    Personnellement, pas eu besoin de partir en voyage. Il suffit souvent de regarder le foyer de ses parents ou de ses grands-parents pour voir les inégalités. Bien sûr, une fois en voyage, l’on voit plus de choses, mais je souhaiterai que les mentalités changent plus chez nous, il y a encore tellement de chemin à faire…

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    • Merci beaucoup Lucie pour ton message et le partage 🙂 Contente de savoir que ce projet d’écriture t’intéresse.

      Comme tu le dis, pas besoin de regarder loin pour se confronter à ce problème. Mais parfois (souvent ?), c’est plus facile de regarder chez le voisin que chez soi ! Et c’est aussi de cela que je souhaite parler dans mes futurs articles.
      Comme je le raconte dans un des commentaires, me confronter au monde du travail en entreprise dans un milieu hyper-masculin a été une vraie « claque » pour moi. La route est encore longue !
      Et si c’est assez évident d’observer des problèmes de sexisme dans la sphère professionnelle, les signes présents dans la sphère privée sont encore plus difficiles à remettre en question.

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  11. Salut Amandine,
    Je me retrouve dans ce que tu écris, d’un bout à l’autre !
    Si ce n’est que pour moi ce n’est pas le voyage qui m’a peu à peu sensibilisée, mais juste mon expérience. Pas besoin d’aller loin pour noter qu’on a encore besoin du féminisme, combien de fois j’ai désespéré devant les représentations stupides des femmes, de leur droits et de leur rôle dans des films, des pubs, des livres, des chansons… Je suis fatiguée de ces clichés. Tu mets le doigt sur le plus dérangeant à mes yeux : le baiser au quel l’héroïne dit « non », mais quand on force, elle voit bien qu’en fait elle en avait envie, n’est-ce pas ? C’est puant, et ça vient conforter trop d’agresseurs et de violeurs.
    On se croit avancé sur le sujet, on s’indigne avec raison sur le traitement des femmes dans certains pays, où une femme ne paraît guère plus qu’une possession, celle du mari ou du père. Mais en Europe aussi, une femme qui marche seule dans la rue n’est rien d’autre qu’un objet aux yeux de beaucoup trop d’hommes.
    Trop de gens pensent que le féminisme, c’est égal à la misandrie et que ça ne concerne que les femmes. Ce serait dire que défendre les droits des enfants, c’est haïr les adultes et que ça ne concerne que les enfants, ça n’a aucun sens.
    Enfin, tu dis quelque chose de très vrai : les hommes aussi sont victimes des rôles qu’on leur donne, et ça aussi c’est parfois très néfaste. Il n’y a qu’à regarder comme un homme victime de violences conjugales est facilement tourné à la dérision, comme trop souvent ces affaires ne sont pas prises au sérieux.
    On a beaucoup à faire encore, mais plus on est à en parler comme tu le fais ici, mieux c’est !

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    • Salut Anne, merci pour ton commentaire passionné !
      Comme tu le rappelles : pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour être confronté au sexisme et traitement « stéréotypé » des genres.

      ça me fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule à désespérer/m’énerver/fatiguer/déprimer (biffer la mention inutile en fonction de l’humeur !) devant des publicités, affiches, photographies, films, clips vidéos (je ne peux plus écouter une musique en regardant son clip, sinon je m’énerve et je trouve que toutes les musiques sont mauvaises !!!).

      L’image de la femme en Europe est multiple et encore très sensible… Et oui, une femme qui marche seule dans la rue n’est pas traitée de la même manière qu’un homme solitaire. Chez nous aussi ! Il n’y a qu’à voir cette campagne sur le harcèlement de rue qui est venue dénoncer une situation jugée trop souvent comme « normale ».

      J’adore ta vision des choses : respecter le droit des enfants, ce n’est pas haïr les adultes ! Une belle image qui me le doigt sur un « détournement » du débat de nos jours.

      Les hommes sont touchés par les clichés des genres tout autant que les femmes. Certain(e)s arguent qu’ils sont moins « victimes »… Oui, sans doute « physiquement »… Mais cela dépend du point de vue. Pourquoi est-ce que dès l’enfance, le petit garçon sera encouragé à se montrer fort, compétitif, ne pas pleurer, ne pas parler de ses émotions… Des clichés tout aussi enfermant je pense que ceux qui encouragent la fille à être jolie, délicate, gracieuse, souriante, expressive…

      La route est longue… Mais je suis heureuse de voir tant de réactions intéressées/indignées/constructives sur le sujet ! Contente de voir que oui, sur un blog voyage, on peut aussi parler de ce genre de sujet !

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  12. Bonjour, merci pour cette article sincère et motivé.
    je suis particulièrement sensible aux inégalités, quelles quelles soient (racisme, homophobie, violence, exclusion, domination, stéréotype…) surtout qu’au quotidien on y est souvent confronté. En voyage en Italie cette semaine, j’ai vu en apprenant à manœuvrer un voilier que les hommes italiens m’observaient étrangement ou avec surprise de voir une femme à la barre du bateau, des exemples comme ceux-là, il y en a plein. Je voulais surtout partager autre chose: j’ai été surprise en voyageant seule en Thaïlande pendant plusieurs mois de l’image de la femme et d’une société plus collectiviste. Bien sur, comme partout des inégalités fortes y existent (une femme ne peut pas devenir moine dans un temple ou même les accompagner par exemple, j’en ai été très déçue:p). J’ai été surprise de ressentir quelque chose de différent qu’en Europe vis-à-vis des femmes. Comme si les inégalités là-bas, ne semblait pas si révoltante, plus emprunte de respect, pas aussi lourdes à porter qu’en Europe. J’en ai parlé avec plusieurs personnes lors de ce voyage qui semblaient également percevoir cela Certaines m’ont dit qu’ici il n’y avait pas ce lourd passé de christianisme, qui a en partie sali l’image de la femme, (comme en parlait quelqu’un lors d’un autre commentaire: au début de la bible, la femme (ève) est la fautive de tout les malheurs qui suivent), la brûlant comme sorcière, étant un être impure, ayant des désires impensables… J’ai donc réalisé (je ne suis pas une experte en féminisme même si je me suis toujours senti féministe dans l’âme) que l’histoire en Europe (et certainement ailleurs) du christianisme a lourdement contribué à voir les choses avec plus de culpabilité, l’image d’une femme moins valable que l’homme, avec plus de solitude et d’individualisme face à un dieux qu’on prie seul pour « annuler » ses pêchers. En effet, En Thaïlande, les cultes et tâches (à part les moines bouddhiste au nord ou musulman au sud) me semble moins réparties selon les genres. Tout les hommes (jeune, ado, ou âgé) là-bas semblent adorer les enfants et s’en occuper, jouer avec, chacun, homme ou femme peut te prendre ton enfant des bras et partir avec un long moment sans même te connaître ou te le demander, car pour eux, vivant ensemble et s’entraidant, ils ont moins ses peurs de kidnapping et veulent montrer le positif à leurs familles et amis… Bien sur rien n’est parfait en Thaïlande, la liberté d’expression y est par exemple momentanément fortement en danger… Mais avec ces exemples de la Thaïlande, je me demande donc, si d’autres féministes (ou non d’ailleurs:p) ont pu remarquer des liens étroits entre l’histoire européenne (christianisme et la suite), l’individualisme et l’existence de féminisme et de révolte face aux injustices? Et si, ça semble plausible qu’en vivant plus en collectivités (comparé à une société individualiste), les différences de tâches, et injustices sont moins présente, moins différenciés, que cela pourrait être une piste de solution pour s’approcher de l’égalité?

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    • Bonjour Guen, cela me fait toujours plaisir d’échanger avec des personnes avec qui je partage des valeurs communes : comme toi, toutes les formes d’injustice m’insupportent !

      Ah, le machisme… en Italie ET dans le monde de la voile : une super combinaison (j’en ai fait aussi l’expérience !).

      Oui, la place de la femme est directement influencée par les archétypes de notre société et, quoi qu’on en dise, ceux-ci restent empreints du long passé d’influence chrétienne, où la femme n’est qu’une « créature secondaire », amenant au pêché… Je ne dis pas que tout le monde pense comme cela (encore moins consciemment), mais cela influence encore les stéréotypes que nous véhiculons au quotidien.
      Quand tu cites les sorcières brûlées au bûcher, cela me fait pensé à article que j’ai lu il y a quelques mois, qui dévoilait que ces sorcières seraient les « premières féministes », écartées, car dérangeantes pour l’ordre (masculin) établi.

      La confiance et la peur du kidnapping : j’ai vu cela aussi en Amérique du Sud. D’origine belge, je porte un lourd passé sur cette thématique. Je suis de la génération d’enfants traumatisés par les réseaux de pédophiles. Certaines interrogations/craintes que je peux me poser en voyant un enfant seul au bord de la route, faire du stop, être pris par des étrangers… étaient en complet décalage avec les mentalités locales, plus communautaires et moins « traumatisées » que chez nous.

      Ta réflexion sur la vie communautaire (ou non) et le développement (ou non) du féminisme est très intéressante… Tu m’as donné envie d’approfondir réflexion 🙂

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  13. Merci pour cet article qui change de ce que l’on peut lire sur les blogs de voyage (le mien y compris !).
    Il me parle car je suis féministe aussi et ça fait souvent bien rire. Ce n’est pas toujours simple de l’exprimer et assez has been en fait.
    En voyage ou dans la vie de tous les jours, je reste sensible à ce que j’observe et à la place où l’on souhaite me mettre. C’est dans le Colorado que ça a été le plus fort. On ne m’a pas mise à la lessive mais presque !

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    • Merci Lili pour les encouragements : parler de féminisme sur un blog voyage, c’est un pari que j’ai tenu à faire, et je suis ravie de voir que certains me suivent avec enthousiasme et ouverture sur cette voie.

      Oui, être féministe, c’est complètement « has been » ! … En tout cas chez nous, car j’ai eu plusieurs retours sur les réseaux sociaux d’autres voyageuses qui me disaient qu’on en parlait tout le temps par exemple au Canada (avec une idée de « trop » derrière).

      Savoir se positionner, dans le respect des cultures locales, des représentations culturelles… tout en se respectant soi et « l’image de la femme », cela peut devenir un vrai challenge en voyage. Je n’ai encore jamais été confrontée à des situations difficiles ou conflictuelles, l’adaptation demandée étant presque naturelle. Mais je pense que dans certaines zones de notre globe, il doit en être totalement autrement…

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  14. Bonjour,
    J’aime bien ton, et je suis curieuse de voir la suite de mon initiative. Quelques petits détails m’ont pourtant chiffonné… Si ça ne t’ennuie pas, je te l’écris (après tout, entre féministes, je crois que c’est positif de se faire évoluer, ou en tout cas de discuter !) :
    – Les féministes : « poilues, lesbiennes, anti-hommes, tueuses d’enfants, masculines »… Tous ces stéréotypes ont été créés depuis la fin du 19e s (voir la propagande contre les suffragettes) pour déqualifier les femmes réclamant des droits. Ce qui est intéressant c’est qu’une femme « poilue, lesbienne ou masculine » devient un défaut (ah ?). Tiens tiens, encore des injonctions à être féminine… Et personnellement, je préfère ne pas juger les femmes « anti-hommes ». Elles ont souvent vécu des agressions et violences graves de la part d’hommes, entendu, vu leurs amies-sœurs-mères vivre la même chose, les femmes, vivre cela.. Et il est bien normal de préférer rester éloigner les hommes et de dénoncer leur comportement de manière violente (les gens mordus par les chiens en ont peur, et tout le monde trouve ça normal…). Donc pour revenir à ton propos, je ne crois pas que les féministes se discréditent, mais bien le reste de la société qui craint leur propos et la subversion de ces idées.
    – Oui, les hommes sont éduqués selon les règles du masculin, et oui ils peuvent en souffrir. Mais je ne crois pas qu’il y ait équivalence : ils sont éduqués à être dominant (violent, maîtrise d’émotion, etc. ) quand les femmes sont éduquées à être dominées (ce qui ne veut pas dire que cette éducation soit intégrée de manière uniforme, bien sûr). Ils retirent, volontairement ou non, des privilèges de cette éducation. Et, c’est grâce aux féministes que l’on parle des souffrances des hommes, des violences commises par des femmes à leur encontre, etc. Il me semble que si les hommes n’intègrent pas le combat féministe, c’est pour des raisons simples : ils ne font pas l’expérience des discriminations, ne les « sentent » pas, ils perdraient des privilèges, etc. De la même façon, peu de blancs états-uniens ont contribué à lutter pour les droits civiques des noirs. Et ça ne choque personne, c’est assez normal. Le féminisme, de par son histoire et son projet égalitaire, me semble pertinent, l’égalitarisme, non. De fait, pour atteindre l’égalité il faut lutter pour les droits des femmes et modifier la société de telle sorte qu’elle devienne égalitaire… Ce serait dommage de nier l’histoire et le projet.

    J’espère ne pas t’avoir trop ennuyée… Je suis fatiguée, et du coup je n’écris pas forcément clairement et finement, mais l’idée n’est pas de te critiquer, juste de te faire deux-trois remarques et de te proposer des petits axes de réflexions (ça fait prof, ahah).
    Bon, en tout cas je suis curieuse de lire la suite de ce projet.
    A bientôt

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    • Merci Capucine pour ton message et la curiosité dont tu fais preuve face à ce nouveau projet de blogging 🙂 L’envie de sortir des thématiques habituelles et d’oser partager mes réflexions sur des valeurs qui me sont chères : la justice et l’équité. Le dossier « Voyage & Féminisme » s’inscrira à terme dans une rubrique « engagée » du site… Un peu de patience, c’est encore en construction.

      Merci également pour le partage de tes réactions et réflexions : je ne suis en aucun cas « docteur en féminisme » et tout ce que je partage ici (même si je me documente avant d’écrire) n’est qu’un avis et un angle d’approche personnel (le propre d’un blog en somme !).

      La propagande pour discréditer la femme se battant pour ses droits ne date pas d’hier, comme tu le rappelles… Et je trouve qu’elle est toujours un sujet d’actualité. Lorsque je dis que certain(e)s se discréditent ou discréditent leur lutte/cause… mes mots sont peut-être mal choisi, mais je comprends ton argumentation. Mon point de vue sur le sujet est plus nuancé, et je rejoins ainsi les propos (humoristiques) du youtubeur dans la vidéo partagée en milieu d’article.

      Chaque souffrance est unique et incomparable. Qui souffre le plus ? Un débat qui pour moi n’a pas de sens.
      Sûrement que les femmes sont plus atteintes par ces inégalités, que la violence et les injustices à leur égard sont plus criantes parce que plus violentes.
      Mais je pense malgré tout que l’homme est souvent « oublié » dans le débat des inégalités des genres et des stéréotypes sexistes qui régissent notre société. Pour être un « vrai bonhomme », à quoi les hommes de nos jours sont-ils tenus ? Être fort, le meilleur dans toutes les compétitions, ne pas montrer ses émotions… Des inégalités qui s’expriment différemment, mais qui existent et qui sont sans doute encore plus insidieuses que celles que l’on peut observer à l’égard des femmes.

      Je te rejoins lorsque tu dis que l’homme blanc (privilégier dans nos sociétés) ne se rend plus/pas compte de sa position avantagée dans la société. Et j’ai eu une discussion similaire avec des voyageuses françaises, l’une d’origine africaine et l’autre arabe : « oui, tu as raison, le monde du travail est sexiste et macho et faire sa place en tant que femme, ce n’est pas évident. Alors imagine pour nous, qui n’avons pas la même couleur de peau ». En toute honnêteté, centrée sur le débat homme/femme, je n’avais pas réfléchi au « cumul » des stéréotypes et des inégalités. Je ne m’étais pas rendu compte de ma position « favorisée » par rapport à ces deux femmes.

      Et ne t’inquiète pas Guen, tu ne m’ennuies pas du tout ! Je trouve cet échange très intéressant ! Au plaisir d’échanger encore sur ce sujet ou un autre 😉

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  15. Bonjour Amandine,

    J’aime toujours tes articles, mais celui-ci me rejoint particulièrement. J’ai vécu trois ans au Moyen-Orient, ce qui a contribué à alimenter ma réflexion sur la place des femmes dans le monde. Tu me donnes des idées pour de futurs articles. 🙂 Merci pour cette dose d’inspiration !

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    • Bonjour Eve, merci pour ton retour et ce gentil message qui me va droit au coeur.

      J’imagine qu’une expérience d’expatriation comme la tienne permet de remettre certaines choses en perspective et de réfléchir sur le monde, l’humain… et la femme.

      Ravie que cet article t’ait inspiré ! Il n’est que le premier volet d’un dossier « Voyage & Féminisme » qui se poursuivra les mois prochains, et qui s’inscrit plus largement dans la volonté de partager des articles autour de valeurs qui me sont chères, comme l’équité et la justice… À suivre donc ! 😉

      Au plaisir d’échanger dans le futur nos idées dans d’autres commentaires d’articles !

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  16. Joli article
    Une question; est ce que vous me permettez de le traduire en anglais? Je veux bien le partager mais une grande partie de mes amies ne le comprendra qu’à moitié… Bien évidement je vous enverrai la traduction par la suite…

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    • Merci Sarah !
      Je suis un peu mal à l’aise face à ta question. Si d’abord je l’ai reçu comme une belle marque de reconnaissance et qu’elle m’a fait très plaisir… Par la suite nous y avons réfléchi afin de peser le pour et le contre.
      Beaucoup de personnes nous demandent de traduire notre blog en anglais, afin qu’il soit accessible « à tous »; mais je ne maîtrise malheureusement pas assez l’Anglais que pour pouvoir garantir un travail de qualité. De la même manière, je préfère que mes textes (en tout cas pour le moment) ne soient pas traduits, car je ne pourrai d’une part pas m’assurer que les nuances originales soient conservées et, d’autre part, veiller à ce que mon contenu ne soit pas dupliqué partout sur le net sans respecter le principe du droit d’auteur. Donc un tout grand merci pour ta question, elle m’a touchée, mais malheureusement, nous préférons maintenir notre contenu exclusivement en Français pour le moment.

      En tout cas je suis ravie que cet article t’ait intéressé ! Sache que ce n’est qu’une introduction à un dossier « Voyage & Féminisme » que je vais développer peu à peu dans les mois à venir ; ce dossier s’incluant dans une démarche plus générale de vouloir écrire et partager sur des valeurs qui me sont chères : l’équité et la justice. Un nouveau projet d’écriture, toujours lié au monde du voyage, mais plus engagé ! 🙂

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  17. Bonjour Amandine,
    Tu as conservé ton âme d’enfance , c’est l’essentiel, tu es connectée de façon entière à La Vie……….cela ne peut-être que ravissement. Indignée, Oui ! on ne peut que l’être face à toutes les injustices………..Amandine tu vas encore davantage Voyager en écrivant, cela coule de Source chez Toi,
    Régales-Toi, de ce fait d’exister, dans La vie tout court et dans le rêve.

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    • Bonjour Gérard, merci pour ton message, toujours très plaisant à lire.
      J’espère que ton voyage se poursuit et se déroule à la hauteur de tes attentes…

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  18. Je voulais simplement te dire que j’aime bien les photos de toi petite hihi!

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    • Hihi Mélissa, ton message m’a fait bien rire 😉
      Et François aussi a bien ri en découvrant ces photos : il dit qu’on ne me reconnait absolument pas (pourtant je vous jure que c’est moi !).

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  19. Quel plaisante surprise de constater le voyage que réalise l’illustration « we can do it (too) » !

    Quel plaisir, aussi, de lire des propos similaires à ma vision du féminisme. Merci. 🙂

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    • Bonjour Ludivine, merci pour ton message, ça me fait plaisir de lire ce genre de retour et de savoir que cet article, même si il est sorti il y a quelques temps, est toujours lu et apprécié 🙂
      Je n’ai plus reparlé de féminisme sur le blog, mais j’ai écrit sur le sujet sur d’autres médias, comme le site du magazine « Au Féminin » et dans le journal « La Libre Belgique », je te mets les liens, cela t’intéressera peut-être ^^

      Au plaisir d’échanger encore dans de prochains commentaires !

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  20. C’est ma fille qui a fait l’illustration. Vous l’avez mentionnée ?

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  21. Ah oui ! Il faut appuyer sur le petit signe rond et gris à droite .
    Excusez- moi quand il s’agit de mes enfants … Je mord facilement.

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    • Bonjour Lilo, merci pour votre message. Nous sommes très sensibles aux questions de droit d’images et prenons soin de mentionner l’auteur dans les crédits photos. Merci pour votre attention et encore bravo à votre fille pour son travail ! 🙂

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  22. Je vous présente toutes mes excuses pour ma réaction épidermique.
    Je ne voulais en aucun cas vous nuire.
    Je crois que j’ai tout simplement un amour démesuré pour mes enfants.
    Surtout depuis que leur Papa s’est endormi.
    J’essaie d’expliquer mon attitude. Elle est peut-être difficile à comprendre.
    Bonsoir Madame. Ne me gardez pas rancune, je vous prie.
    Sylvie, Maman de Ludivine.

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    • Bonsoir Sylvie, je suis très touchée par vos messages (et celui reçu de votre fille cet après-midi) : ne vous inquiétez absolument pas, il n’y a aucun souci ! Votre démarche est plus que louable : on sent l’amour et le soutien que vous portez à votre fille, votre envie de la défendre, et c’est très louable ! Ludivine a beaucoup de chance 🙂
      Donc vraiment aucun souci de mon côté, soyez rassurée. Je vous souhaite une bonne soirée, ainsi qu’une très bonne continuation à Ludivine.

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