Bora Bora… sans doute un des noms qui fait le plus rêver rien qu’à son évocation. Est-ce sa douce sonorité, sa redondance rythmique aux airs dansants, les images de palmiers et d’eau turquoise qui surgissent instantanément dans nos têtes ? Sans doute un peu de tout cela !

C’est une des iles que nous étions le plus impatient·e·s de découvrir, et je peux déjà vous dire que nous n’avons pas été déçu·e·s…

Bienvenue à Bora Bora !

Comme tous les jours, nous montons pour le petit-déjeuner sur le pont supérieur offrant une vue imprenable sur le décor constamment changeant. À peine arrivé·e·s sur le pont, nous sommes tout de suite subjugué·e·s par la lumière du petit matin et le spectacle qu’elle offre alors qu’elle vient caresser les falaises du mont Pahia. Le petit déjeuner attendra : les photos d’abord (c’est un des rares cas où l’estomac de François ne vient pas tout en haut de ses listes de priorités !)… et cela en valait la peine !

Nous passons le début de la matinée à rêvasser devant les paysages depuis le pont ou la terrasse de notre cabine. Des fourmis montent de nos pieds jusqu’à nos jambes : il est tant d’explorer encore davantage ce décor de rêve !

Polynésie, iles, Bora Bora
Bora Bora sous une lumière divine au lever du soleil

Nous prenons un petit bateau pour rejoindre Vaitape, la ville principale de Bora Bora. Au moment de poser le pied sur le quai, un homme nous annonce joyeusement « Bienvenue à Bora Bora », sur fond de musique émanant des ukulélés.

François me regarde avec un sourire jusqu’aux oreilles et me dit :

J’ai toujours rêvé qu’on me dise ça !

Le sourire aux lèvres, nous partons main dans la main vers notre excursion. Et notre première façon de découvrir l’ile n’est pas banale : nous prenons une navette pour nous rendre sur le motu du Méridien de Bora Bora. À peine sommes-nous dans le petit bateau venu nous chercher au quai de Vaitape que l’aventure commence. Les paysages défilent sous nos yeux ravis, au point de ne plus savoir de quel côté donner de la tête. Vers l’ile principale et ses reliefs impressionnants ? Vers les ilots parsemés tout autour de l’ile, le long de la barrière de corail ? Palmiers aux cent nuances de vert, eau aux mille nuances de bleus : nos mangeons les paysages par les yeux.

Polynésie, iles, Bora Bora
Vue sur Bora Bora depuis la mer

Enfin, notre embarcation opère un dernier virage nous approchant de cabanes sur pilotis, le Méridien est en vue. Et quelle vue ! Dès les premières secondes, nous sentons déjà qu’une journée ici aura un gout de trop peu. Sur le ponton, un panneau accueille les visiteurs avec, bien mis en avant, le centre des tortues, la raison principale de notre venue.

De plus en plus, nous aimons découvrir de belles initiatives, des lieux qui apportent une attention spéciale aux questions d’environnement et de protection de la nature, et la visite que nous nous apprêtons à faire rentre tout à fait dans cette lignée.

Le centre de tortues du Méridien est connu sur tout Bora Bora et les alentours. Locaux et voyageurs n’hésitent pas à y apporter les tortues sauvages qui semblent mal en point. Accident avec une hélice de bateau, accident de pêche, plastique autour de l’animal ou dans son système digestif… les raisons qui amènent les tortues malades au centre ne manquent malheureusement pas. Ici, le centre s’est donné une double mission : soigner, bien sûr, en gardant toujours en tête le retour de l’animal dans son milieu naturel, et sensibiliser. Car l’un ne pourrait aller sans l’autre : ces deux approches sont indissociables pour mener un travail qui ait du sens sur le long terme. Ainsi, les résident·e·s de l’hôtel, les voyageur·euse·s curieux·ses et les écoles locales sont invité·e·s à venir visiter le petit musée du centre présentant les animaux du lagon et des récifs. Et un nombre restreint de personnes (quatre maximum par jour) peuvent accompagner les soignant·e·s dans leurs soins aux tortues, les assister et aller dans le bassin avec les tortues.

Polynésie, iles, Bora Bora
Au centre des tortues du Méridien de Bora Bora

En pénétrant dans la salle de soin, nous rencontrons la plus vieille des résidentes, celles qu’on surnomme affectueuse la grand-mère. C’est l’heure de la pesée avant de la mener au bassin. La balance affiche presque 30 kilos. Doucement, le soignant reprend la grand-mère à bout de bras et la mène jusqu’au bassin d’eau de mer. Celle-ci commence déjà à battre des pattes comme s’il s’agissait d’ailes qui lui permettraient de s’envoler et d’arriver plus vite à l’eau. Le soignant m’explique qu’il n’y a pas de phénomène d’apprivoisement avec ces tortues, et que c’est tant mieux. Il souhaite avant tout qu’elles restent sauvages et retrouvent au plus vite santé et autonomie pour être relâchées dans leur environnement naturel. Le bassin d’eau de mer a été spécialement conçu pour ne pas perturber leurs habitudes : tout un écosystème a été recréé, avec rochers, coraux et poissons à foison.

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Grand-mère tortue remise dans le bassin de réadaptation
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Deux tortues dans le bassin de réadaptation
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Tétrodon moucheté nageant avec les tortues

Je regarde grand-mère filer à toute vitesse dans le bassin et opérer un demi-tour impressionnant, digne d’un spécialiste de drift. Le soignant m’explique que grand-mère a pris un grand coup sur sa carapace alors qu’elle devait être déjà dénutrie à la base. Une bulle d’air est ainsi venue se placer sous sa carapace, modifiant tant sa flottaison que son équilibre, et l’empêchant davantage encore de se nourrir. Les soins apportés ici, dans un environnement sécurisé, visent à lui faire regagner du poids tout en lui permettant de s’habituer à cette bulle d’air, qui peu à peu devrait disparaitre. Le soignant regarde vers grand-mère d’un air confiant : maintenant, elle a déjà repris du poids et arrive à nager sans se cogner partout dans le bassin.

Nous laissons grand-mère à ses ballets sous-marins et poursuivons l’exploration du Méridien. Un peu plus loin, nous trouvons une clinique pour corail abimé. Le but de ces grilles métalliques recouvertes de corail est de conserver et restaurer les récifs tout en permettant une approche pédagogique de sensibilisation à l’écosystème matin. Des recherches scientifiques sont également menées, visant à étudier le fonctionnement et la résistance des coraux aux changements environnementaux dans un milieu semi-contrôlé.

Polynésie, iles, Bora Bora
Clinique pour corail

Nous pénétrons ensuite dans un des lieux qui m’avaient fait rêver lorsque nous préparions notre voyage en Polynésie : la chapelle. Ici, des mariages traditionnels sont réalisés pour les voyageur·euse·s (clients de l’hôtel ou non), histoire de rendre leur voyage encore plus romantique ! Des pirogues amènent jusqu’ici à travers le lagon les marié·e·s vêtu·e·s de tenues traditionnelles. Des danseur·euse·s et musicien·ne·s les attendent afin de célébrer l’union entre deux amoureux·ses selon la tradition polynésienne. Et si jamais ce n’était pas déjà assez romantique et exotique, une plaque de verre dans le plancher de la chapelle permet d’avoir vue sur la mer avec, sur le sable, un cœur formé par des rochers autour duquel viennent danser des poissons colorés.

C’est main dans la main et le sourire aux lèvres que nous quittons ce lieu magique. Nos bouches sont closes, mais nos cœurs battent à l’unisson. Un jour peut-être… Ce voyage en Polynésie, nous le vivons à un moment particulier : celui du onzième anniversaire de notre couple. Onze ans ensemble déjà ! Alors que nos pas nous emmènent sur les sentiers menant à la mer, je repense à notre premier séjour à l’étranger ensemble, quand François est venu me retrouver au Canada. À notre premier voyage au long cours, en Amérique du Sud. À notre lune de miel à Venise. À notre seconde lune de miel au Yucatan… La vie est pleine de belles surprises, et les vivre à deux ne fait que me les rendre encore plus merveilleuses. C’est le cœur plein d’amour et de reconnaissance que je regarde le ciel bleu et murmure dans ma tête un grand « merci » au firmament.

Polynésie, iles, Bora Bora
Dans la chapelle du Méridien
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Au ponton de la chapelle du Méridien

La journée se poursuit entre déjeuners les pieds dans le sable doux, kayak de mer à fond transparent pour admirer le monde bleu sous tous les angles, promenade sur la plage sous les pins et les palmiers puis sur les sentiers sur pilotis entre les cabanes… Et toujours cette vue grandiose sur la montagne de Bora Bora.

Le Méridien est le premier hôtel à s’être créé sur les motus (ilots) de Bora Bora, ce qui leur a permis de choisir non seulement l’un des plus beaux endroits, tant pour son côté nature, avec des plages magnifiques et des mangroves superbes, que pour sa vue sur le mont Otemanu. La plus belle des vues de Bora Bora d’après ce qu’on dit ici… et on a bien envie de le croire !

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Kayak de mer à fond transparent
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Dans les eaux claires de Bora Bora
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Marcher entre les cabanes sur pilotis
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Se promener à l’ombre des palmiers, vue sur le lagon
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Plage du Méridien
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Profiter de l’ombre des palmiers sur la plage

La journée file. Nous n’aurons pas l’occasion d’admirer le soleil se coucher depuis le Méridien, malgré la réputation d’avoir le plus beau coucher de soleil sur l’ile. À la place, nous le regarderons depuis le Paul Gauguin. Et le spectacle fut magique et tout aussi romantique que le reste de la journée.

En une journée à peine, Bora Bora a déjà su conquérir nos cœurs… Impatient·e·s de voir ce qu’elle nous réserve demain !

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Coucher de soleil depuis notre cabine
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Coucher de soleil sur Bora Bora
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Voir le soleil se coucher depuis le bateau

Sous l’océan : safari aquatique entre raie et requins

Ce matin, nous emportons masque, tuba et palmes pour aller rencontrer d’autres habitant·e·s aquatiques de l’ile. Notre petit bateau nous emmène d’abord de l’autre côté de la barrière de corail, là où l’eau retrouve toute la profondeur de son bleu. Premier arrêt : les requins à pointe noire !

Alors que le bateau s’immobilise et que notre guide nous transmet quelques mesures de sécurité, les premiers ailerons apparaissent déjà. Les voilà qui tournent tout autour du bateau, laissant négligemment dépasser la pointe noire du bout de leur aileron. Qu’ils ont l’air beaux ! Qu’ils ont l’air nombreux !

L’excitation monte d’un cran : la tension est palpable parmi les six autres passager·ère·s de notre petite embarcation. Les rires nerveux fusent çà et là. Pour la plupart, c’est leur première baignade avec des requins et les images des « Dents de la mer » rendent l’appréhension d’autant plus forte. Quels dégâts ce film a pu causer à ces sublimes animaux ! Personnellement, nous avons déjà eu la chance de nager avec des requins, la toute première fois étant aux Galapagos : un des souvenirs les plus forts et les plus beaux de tous nos voyages ! Les requins ne sont pas ces machines tueuses comme on se l’imagine souvent : il est temps de mettre à jour notre imaginaire collectif (avant qu’ils ne disparaissent tous). Le nombre de morts du aux requins au niveau mondial chaque année est en dessous de 10. Si vous n’avez pas encore vu cette image : « Voici l’animal le plus dangereux au monde. Il est responsable de millions de morts chaque année. À ses côtés, un grand requin blanc nage paisiblement. »

Polynésie, requin
Grand requin blanc versus l’Homme : qui est le plus dangereux ?

Première à être prête, je suis également la première à l’eau. Le contact de l’eau fraiche sur ma peau me réveille encore davantage, au cas où l’adrénaline n’aurait pas suffi. Près de moi, une bonne dizaine de requins tournent paisiblement. Doucement, je m’éloigne du bateau, battant des pieds à un rythme lent et régulier, croisant les mains devant mon ventre.

Les requins semblent accepter notre présence sans souci. Doucement, ils resserrent leurs cercles, certains venant à moins d’un mètre de moi. Je pourrais les toucher si je tendais le bras. Mais je m’abstiens, préférant ne pas perturber la magie du moment.

Car c’est réellement magique !

Des rayons de soleil filtrent à travers l’eau d’un bleu électrique, créant des raies de lumière divine qui caressent la peau de ces grands poissons. Au rythme de leurs douces ondulations, la lumière révèle les nuances de gris de leur robe et la texture de leur peau. Ils ont l’air aussi doux que curieux. Certains passent sous moi, d’autres accompagnent ma nage le temps de quelques coups de palmes. Je vois alors un œil, un œil qui semble me fixer si profondément. Un œil comme celui d’un serpent, avec ce trait vertical noir au centre du rond blanc. Que penses-tu de moi, petit requin ? Quel drôle de poisson suis-je pour toi ?

Polynésie, iles, Bora Bora
Jeux de lumière sur un requin
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Requins à pointe noire de Bora Bora

À côté des requins, nagent en toute harmonie deux autres poissons. L’un, tout petit, tourne autour et semble se nourrir de particules minuscules à la surface de sa peau. L’autre, mesurant la moitié de la taille du requin, nage en dessous de lui, comme protégé par l’allure impressionnante de ces animaux mythiques. Le guide nous expliquera ensuite que ce sont des poissons très malins et très paresseux : ils attendent bien à l’abri sous le requin que de la nourriture soit à leur portée, puis essayent de participer au festin. Toute une stratégie ! François les a surnommés les poissons-semelles, car ils sont tout plat sur le haut, avec une marque comme si une chaussure leur avait marché dessus. Mais leur vrai petit nom, c’est le rémora. Autour de nous, un banc de poissons bleus à la queue en lune, le baliste bleu, tournoie lentement puis bouge soudainement, sous l’impulsion d’un mouvement d’un nageur ou d’un requin.

Nous quittons ce premier lieu de nage pour entrer à nouveau dans le lagon. Les stars de ce second lieu sont les raies pastenagues, l’une des plus grandes raies au monde. Bien que nous ayons entendu beaucoup de Polynésiens nous parler de ces raies si promptes à venir vers les humains et si agréables à toucher… nous avons des réticences à nous prêter à l’expérience. Pas que nous ayons peur. Nous savons que ces raies peuvent être dangereuses à cause de leur dard venimeux, mais nous savons aussi que les pratiques populaires locales et touristiques ne font échos d’aucun accident. Non, ce qui nous dérange principalement, c’est fait qu’elles soient nourries. Peut-on encore parler d’animaux sauvages devant ces gracieux animaux semblant voler dans l’eau, alors qu’elles s’agglutinent toutes dès l’arrivée du bateau et attendent impatiemment notre guide et son seau rouge plein de poissons ? Et quel impact sur l’écosystème local ? Nous pénétrons dans l’eau tout aussi précautionneusement que lorsque nous nous apprêtions à nager avec des requins, afin de n’atterrir sur aucune raie. Bien qu’elles soient très grandes, la plupart mesurant plus d’un mètre d’un bout à l’autre de leurs ailes, elles peuvent facilement se fondre dans le fond marin, avec leur robe de camouflage.

Dès les premières secondes, nous sommes submergé·e·s, envahi·e·s de raies. Plusieurs se mettent même à grimper sur moi, leur bouche avide tentant de sucer mon t-shirt. Les voir la tête hors de l’eau à quelques centimètres de son visage est une expérience assez impressionnante ! J’avoue, j’ai peut-être poussé quelques cris de surprise tout en agitant les bras au-dessus de ma tête en leur répétant que je n’avais rien à manger. Un peu à la manière d’un otage devant un bandit de grand chemin ! Mes deux assaillants me libèrent enfin de leur étreinte et je m’éloigne rapidement de la zone d’agitation, c’est-à-dire du seau à poissons. Le guide, hilare, poursuit la distribution.

Durant cet assaut, j’aurai tout de même touché une raie, et le souvenir d’une discussion avec une Polynésienne me revient. Elle me disait que les raies étaient tellement douces que ça donnait envie de les pincer. Comment ces deux notions pouvaient-elles être compatibles ? Je restais perplexe. Mais maintenant, je peux comprendre cette sensation (mais bien sûr je ne le ferais jamais). Dire qu’elles sont douces n’est pas suffisant. Elles ont une peau avec une texture qui pourrait faire penser aux petites balles pour décompresser, celles qu’on serre très fort dans le creux de sa main en cas de stress. Une texture douce un peu caoutchouteuse. Le dos des raies donne un peu la même sensation. Une sensation qui m’a fait retirer ma main d’un coup après en avoir frôlé une par hasard tellement le premier contact est étrange.

Certaines raies, moins gourmandes, déjà rassasiées, nagent un peu plus loin du groupe. Je les rejoins tout doucement… jusqu’à ce que mon regard soit attiré par une grande ombre grise qui passe tout à côté de moi. Un requin à pointe noire ! La surprise me coupe la respiration. Il est là, tout près de moi, a à peine un mètre de profondeur. Je ne m’attendais tellement pas à en voir ici, dans cette eau cristalline et peu profonde. Les autres nageur·euse·s lui tournent le dos : ce n’est pas pour lui qu’iels sont venu·e·s. Tout doucement, je poursuis ma nage et rencontre sur ma route de beaux petits poissons, quelques raies et d’autres requins. La lumière filtre à travers la mer turquoise, offrant un spectacle féérique.

Notre petit groupe remonte à bord pour se rendre au troisième et dernier lieu de baignade, avec comme objectif de nager au milieu des coraux. En chemin, le guide m’expliquera encore qu’il n’y a vraiment aucun danger à nager avec les raies ici, car on leur a toutes enlevé le dard. Je suis tellement étonnée que je ne sais par où commencer mes questions. Qui « on » ? Comment ? À quelle fréquence ces opérations sont-elles effectuées, vu la naissance de nouvelles raies ? Quel impact sur sa vie ? Peut-elle encore se défendre ? Etc. Une pratique qui me laisse un gout amer en bouche.

C’est une eau plus profonde qui nous attend à notre arrivée du dernier site, d’un bleu doux, plus profond que le bleu turquoise de l’arrêt précédent, mais moins que celui du tout premier. Là, des villes de corail nous attendent. Chaque rocher est comme un quartier, avec ses maisons et ses buildings sur plusieurs étages. Les couleurs orangées et rouges dominent, avec quelques touches de bleu et de mauve. Et ici, la vie grouille. Les habitant·e·s de cette cité engloutie sont nombreux et variés. On voit de nombreux poissons différents, de toutes les couleurs et tailles possibles, certains timides et d’autres pas peureux du tout. Nous avons également été honoré·e·s par la visite éclair d’une murène et d’un grand barracuda. Ne manquaient plus que la Petite Sirène et Sébastien pour se mettre à chanter ! Alors que je nage entre ces maisons de corail, je sens sur ma peau l’eau changer drastiquement de température. Un jeu de courant marin, mais surtout celui du fond : nager au-dessus des rues de sables, entre les rochers, ou au-dessus du corail, c’est passer d’une température fraiche à chaude en quelques secondes.

Remarque

Aux deux derniers arrêts de ce tour, notre guide a sorti un seau de poissons morts pour attirer les animaux marins autour de nous et les toucher. Ce sont des pratiques très courantes à Bora Bora, apparemment pratiquées par toutes les agences. C’est pour des raisons donc éthiques que nous ne souhaitons pas mettre en avant ces deux baignades à travers des photos. Nous aurons heureusement une tout autre expérience avec les raies à Moorea… je vous en reparlerai dans le prochain carnet !

Mon conseil, si nager avec des requins, vous intéresse : le faire plutôt en plongée bouteille (car il n’y a pas de « feeding ») ou privilégier l’agence que nous avons eue à Moorea, ou encore demander d’emblée s’ils nourrissent les animaux pour les attirer. 

Le tour se termine et notre vie de poisson avec lui, il est temps d’ôter nos palmes et de reprendre apparence humaine. Nager avec les requins reste notre grand coup de cœur… et si nous avons déjà le cœur rempli de nostalgie heureuse en se remémorant les images et les sensations que nous venons de vivre, nous sommes aussi très excité·e·s. Car cela ne devrait pas être notre seule rencontre avec eux lors de ce voyage en Polynésie…

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Requin de Bora Bora (dessin par Monte Dolack)

Merci pour ce magnifique dessin à Monte Dolack, artiste états-unien de talent et au grand cœur que nous avons eu le plaisir de rencontrer à bord du Paul Gauguin.

Sur la route… en voiture électrique !

Nous avons encore un après-midi à passer à Bora Bora et, plutôt que d’aller sur la plage privée du motu du Paul Gauguin, nous décidons d’aller explorer l’ile côté terre. Car notre coup de cœur pour Bora Bora ne pourrait être complet si nous ne l’explorions pas également sur la terre ferme ! Pour ce faire, nous décidons de louer une petite voiture électrique sans permis. Et quand je dis petite, c’est vraiment petit : deux places, l’une derrière l’autre, pas de coffre. Juste assez de place pour s’assoir. Si le côté électrique nous a tout de suite attiré·e·s, son look n’a pas été étranger à notre choix. Avec ses portes qui s’ouvrent à la verticale, façon « Retour vers le Futur », elle a vraiment un désign amusant… Et rapidement, nous avons pu découvrir qu’elle est toute aussi amusante à regarder qu’à conduire !

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Notre petite voiture électrique

Nous voici parti·e·s pour faire le tour de l’ile. Une balade qui durera deux heures, avec quelques arrêts pour profiter d’un point de vue ou de l’ombre bienvenue d’un palmier en bord de plage. Nous avons ainsi eu l’occasion de voir la plage de Matira, qu’un couple rencontré la veille nous avait décrite comme étant la plus belle de toutes les plages de Bora Bora et même de Polynésie Française. C’est aussi et surtout une des seules plages publiques de l’ile. Nous avons pris plaisir à voir, tout le long de la route, des familles rassemblées sur les plages ou directement dans l’eau, partageant un repas dans une ambiance festive. Et c’est comme ça toutes les fins de semaine ! La chaleur humaine, les valeurs de famille et plaisir partagé nous ont réchauffé·e·s tout autant que les rayons du soleil, pourtant en grande forme ce jour-là.

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Plage de Matira à Bora Bora
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Plage de Bora Bora
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Bora Bora et ses beaux reliefs

Une journée farniente à Taha’a

Nous quittons Bora Bora, mais pas pour aller très loin : nous apercevons déjà l’ile suivante depuis le pont. C’est Taha’a, surnommée l’ile vanille, pour ses nombreuses plantations. Mais l’ile, nous n’allons faire que passer devant elle. Notre véritable objectif est le motu Mahana, pour une journée de farniente à la plage.

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Sur le motu Mahana

Des transats nous attendent sous les cocotiers ; cocotiers portant un petit écriteau « attention aux chutes de noix de coco ». Avec les coups de soleil, ce sont certainement les plus grands dangers de cet ilot… Même si, derrière ce panneau se cache une idée reçue : celle que les noix de coco tuent plus que les requins ! En réalité, il n’existe aucune analyse statistique officielle concernant le nombre de morts par noix de coco dans le monde. Quelques recensements, notamment en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux iles Salomon, rapportent des résultats très anecdotiques. En bref, non, il n’y a pas des milliers de morts par chute de noix de coco chaque année.

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Attention aux noix de coco !
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Noix de coco échouée

La journée a glissé comme les rayons du soleil sur les feuilles des palmiers. Baignade, tour de l’ile à repérer les gros crabes creuser leurs trous dans le sable, sieste à l’ombre d’un arbre, lecture, barbecue, discussion en sirotant une noix de coco, kayak… La vie simple que l’on savoure en vacances.

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Palmier, ô grand palmier !
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Crabe creusant son trou
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Crabe sortant de son trou
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Vue sur le bateau depuis le motu

Bora Bora, joyaux de Polynésie

Si, pour certains, Bora Bora n’est qu’une carte postale ou un paradis à la saveur artificielle, pour nous, cette ile a vraiment été un pur coup de cœur. Bien sûr, les personnes rencontrées, la beauté découverte via nos activités et la présence du soleil tout le long a beaucoup joué… Mais même sans tous ces cadeaux du voyage, Bora Bora est une très belle ile, avec ses paysages tout en relief, sa montagne aux airs de raie manta, ses lagons turquoise, ses motus aux palmiers verdoyants légèrement jaunis par le soleil et ses plages.

Bora Bora, un jour, on reviendra !

Polynésie, iles, Bora Bora
Coucher de soleil romantique sur Bora Bora et sa montagne en forme de raie manta

En partenariat avec l’agence Voyage de Légende et les croisières Paul Gauguin, dans le cadre de l’opération « Tahiti et ses iles : l’éveil des sens ».



11 commentaires

  1. Oui, les îles de Polynésie sont belles. Moins connue et soeur de Bora Bora, il ya l’île de Maupiti, à vivre et visiter.
    Nous avons eu le plaisir de découvrir les Marquises avec l’Aranui 3 en 2013. Un véritable joyaux naturelle, culturel et humain.
    Aujourd’hui, nous vivons à Tahiti et je travaille sur île dont le nom ne fait pas rêver : Moruroa. En 25 ans, la nature et la flore, terre et aquatique ont repris le dessus. Une belle réserve riche de biodiversité qui en plus ne sera pas pillé car indirectement protégé.
    Merci pour votre reportage (notre site web est en cours de construction pour partager nos pérégrinations).

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    • Merci Pierre pour votre message ! Oh oui, la Polynésie est belle ! Nous n’avons fait qu’effleurer ses iles et paysages… tant de choses encore à découvrir ! Merci pour votre partage d’expérience, on prend note pour une prochaine fois, un jour peut-être… 😉

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  2. Un superbe voyage en amoureux. Les paysages sont à couper le souffle! J’aimerais beaucoup admirer de grosses tortues dans leur milieu naturel.

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    • Merci Samsha pour ton gentil message 🙂 Oui, une belle destination pour les amoureux (d’ailleurs, la plupart des voyageurs croisés sur place étaient en lune de miel !).
      Les tortues sont si belles et les voir nager est magique ! Je garde des souvenirs grandioses de ma première fois, aux iles Galapagos ❤️🐢

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  3. Vos photos sont splendides ! Et merci merci merci de ne pas faire de pub pour des agences qui procèdent à du feeding pour attirer des animaux et divertir les touristes ! C’est une pratique malheureusement très courante que je condamne fortement :/ ! Belle semaine à vous deux !

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    • Merci beaucoup Amélie pour ce gentil message ! Oui, je trouve ça important d’éveiller les consciences, tant au niveau du tourisme local que des informations que nous partageons avec les autres voyageurs.

      Cela me fait penser à notre voyage dans les iles du Bélize, il y a quelques années, où seulement une seule agence sur toute l’ile où nous étions inscrivait en grand « ici, on ne nourrit pas les animaux et on ne les touche pas ». Toutes les autres affichaient des photos de voyageurs tenant des requins de récifs dans les bras. Toutes ces agences se moquaient de celle qui se voulait éco-friendly, disant qu’il allait faire couler son business, qu’aucun touriste ne voudrait aller avec lui… Finalement, le choisir lui par rapport aux autres, c’est comme un vote pour montrer que si, les voyageurs se soucient du bienêtre animal, et pas que de leurs photos ! 🙂

      En tout cas, ça nous a fait du bien, quelques jours après cette expérience à Bora Bora, de tomber sur une chouette agence à Moorea, cela nous a permis un beau moment aquatique sans gout amer en bouche cette fois (je raconterai ça dans le prochain article).

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  4. Bonjour,
    En effet, il n’est pas normal de mutiler des animaux pour le plaisir et la sécurité des touristes (retirer le dard des raies).
    Cette mutilation est néfaste pour les animaux qui sont ensuite sans défense dans leur milieu naturel.

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    • Merci Morgane pour ton commentaire, on est bien d’accord ! Et plus nous serons nombreux à réagir face à ces pratiques (par la sensibilisation – locale et des voyageurs – et le boycott par exemple), plus elles changeront – comme je répondais à Amélie et notre expérience au Bélize : je serai curieuse d’y retourner et de voir comment les choses ont évolué pour cette petite agence qui luttait pour le respect des animaux.

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  5. Bonjour Amandine,

    Là, j’ai de nouveau eu envie de vous suivre dans l’aventure 😉 : on sent tout de suite que vous avez aimé !
    J’ai beaucoup apprécié votre prise de position claire en ce qui concerne les pratiques destinées à satisfaire le touriste à tout prix. Pour ma part, je considère qu’il n’y a rien de plus magique que d’attendre, longtemps parfois, un animal avant de pouvoir l’admirer : c’est un cadeau de la nature, pas un dû. Et je suis, tout comme vous, totalement hostile à toute intervention humaine qui vise à modifier le comportement d’animaux sauvages juste pour le plaisir de quelques uns !

    Merci à François, à vous, pour les sublimes photos !!

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    • Merci beaucoup Marie-Paule pour ce gentil message. Oui, les animaux ne sont pas des objets de divertissements ! De plus en plus, les consciences s’éveillent dans le monde du tourisme, mais il reste encore du chemin à parcourir…
      Et comme je suis d’accord, une rencontre avec un animal sauvage, libre de ses mouvements, est beaucoup plus enivrante que celle avec un animal apprivoisé ou enfermé dans une cage ou un bassin. Les requins, otaries et tortues avec lesquelles nous avons nagé aux Galapagos resteront pour toujours dans mes souvenirs les plus magiques !

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  6. Juste magique fantastique un rêve des photos de malade mais que ça me donne envie, article génial comme toujours 🙂

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