Article non approprié pour les véganes

Depuis juillet 2017, Un sac sur le dos est 100% végane. Cet article a été publié avant cette date, et contient du contenu non-végane. Nous avons décidé qu'il représentait nos choix lors de sa publication, et n'en avons par conséquent pas modifié son contenu.


Siem Réap est un passage incontournable pour le touriste au Cambodge : c’est la porte d’entrée vers les fameux temples d’Angkor.

D’où que vous veniez au Cambodge, Siem Réap ne pourra que vous dépayser. Avec un côté surréaliste, cette ville pullule d’hôtels en tous genres et de rues créées de toutes pièces pour les touristes, comme la célèbre « Pub Street ».

Les deux visages de Siem Réap

Siem Réap, tel un bipolaire qui ne s’assume pas, possède deux visages complètement opposés :

  • d’un côté une sorte de parc d’attractions, karaoké, bars et échoppes de souvenirs à gogo
  • et de l’autre, un Siem Réap hors du temps, campagne en bordure de ville.

Car oui, Siem Réap, ce n’est pas que ça :

C’est aussi ça :

Lors d’une balade à vélo avec nos amis voyageurs, David et Isabelle du blog Viavelo (tour du monde à vélo), nous nous sommes faits accostés par un cambodgien et invité chez lui à partager son alcool de palmier (chaud) … une horreur, mais un moment insolite et d’une générosité au-delà des mots.

Rouler à vélo au Cambodge

Pour découvrir ce visage du Cambodge, le vélo est sans doute le meilleur moyen : fort utilisé par les Cambodgiens, il permet de se déplacer « couleur locale », à un rythme permettant les échanges et les rencontres, et par des petits chemins oubliés des touristes.

En plus, pas d’excuse : le Cambodge, c’est tout plat ! J’appréhendais de faire des efforts par des températures aussi élevées et sous un soleil de plomb, mais finalement, c’est moins fatigant de pédaler que de marcher … et en plus cela procure un petit vent frais divin !

Les routes, bien que relativement neuves, ne sont pas toujours en bon état (euphémisme !) et sont souvent des routes de terre, fréquentées par tout ce qui roule sur terre, soulevant des nuages de poussière qui recouvrent tout : gare aux yeux.

C’est à vélo que nous avons accompagné nos amis David et Isabelle, qui vivent au Cambodge depuis 2 ans : cela nous a permis de découvrir la région aux alentours et de faire une pause gastronomique dans un boui-boui local, de manger, à même le sol, du poulet cuit au BBQ et de faire la sieste dans les hamacs (respecter les coutumes locales, c’est important !).

Un tour hors des tours

Tout le monde n’a pas la chance de bénéficier de guides locaux pour explorer la région, ni le temps pour se perdre dans les dédales des sentiers des jours durant : dans ce cas, je vous conseille un tour d’une journée avec une agence locale. Avec « Triple Adventure Cambodia », nous avons passé une excellente journée à sillonner des routes perdues, sans l’ombre d’un touriste.

Partis en direction des temples de Roluos, nous avons visité le village du même nom à vélo, en passant par le marché local, une maison typique pour la fabrication d’alcool de palmier (cela nous poursuit !), une ferme à cochon, des ruines d’un petit temple perdu dans la forêt et une école de village. Visiter avec un guide est l’occasion de poser toutes ses questions sur une culture qui nous est inconnue et de tester des nouveautés, comme le sucre de palmier ou les bambous, Krârlann (riz, fèves et coco).

Direction ensuite les villages flottants du Tonlé Sap (le grand lac du pays) pour un arrêt à Kompong Khleang. Il existe plusieurs villages flottants :

  • Chong Kneas, le plus touristique
  • Kompong Pluk, plus difficile à atteindre, mais plus intéressant
  • Kompong Khleang, l’une des plus grandes localités du lac (nous étions pratiquement les seuls touristes sur les lieux)
  • Me Chrey, l’un des plus petits de la région et très peu touristique.

Renseignez-vous avant de vous y rendre : certains ont un « droit d’entrée » payant ! Cela en dit long sur l’exploitation touristique …
Évidemment, tous sont plus beaux à voir à la saison des pluies, mais j’avais la curiosité de découvrir à quoi ressemblent un village sur pilotis et des maisons flottantes à la saison sèche.

Un village flottant à sec, ça donne quoi ?

C’est impressionnant à plus d’un titre.
Impressionnant de voir ces maisons sur pilotis s’élever 6-7 mètres au-dessus de nos têtes, véritables gratte-ciel en bambou.
Impressionnant de voir ces ponts (re)construits chaque année à la saison sèche.
Impressionnant de se dire qu’au plus haut de la mousson, le niveau du lac passe de son 1 mètre actuel à 9 mètres.
Impressionnant de voir une île au milieu du village, avec un temple en béton au milieu de toutes ces maisons en bois.
Impressionnant de voir le tapis de déchets sur lequel vivent ces villageois, déchets sans doute moins visibles lorsque l’eau est haute.

Après une marche dans ce village sur échassiers, nous avons pris un petit bateau pour remonter ce bras de rivière jusqu’au fameux Tonlé Sap.

Village flottant, Cambodge, Asie
Ingéniosité humaine pour reproduire le meilleur et le pire

J’ai été frappée par ces maisons construites à même le sol sur les berges : chaque année certains quittent le village pour s’installer sur les terres découvertes des eaux et devenir agriculteur le temps d’une saison : tout est à construire à chaque fois (maison …). Curieux également d’y voir des copies de nos machines à épandre les pesticides, construites toutes en bois : ou comment l’ingéniosité et la débrouillardise de l’homme lui permettent de s’adapter … et de recopier les bêtises des « cultures civilisées ».

Le village flottant se trouve en bordure du Tonlé Sap : grappes de maisons ancrées, elles me paraissent si petites pour accueillir toute une famille. La plus belle de toutes ces demeures est l’école du village, peinte dans un bleu resplendissant.

Le guide nous réveille de notre somnolence pour nous parler du Tonlé Sap, plus grand lac d’eau douce d’Asie, et nous expliquer que ce village est composé à 85% de Vietnamiens et à 15% de Cambodgiens. Lorsque je pose la question de ce déséquilibre, il me répond

« 15% de Cambodgiens, c’est pour les surveiller ! »

… La relation entre Cambodgiens et Vietnamiens reste particulière et ambivalente : d’un côté la gratitude pour l’aide à se libérer des Khmers Rouges, de l’autre la volonté de « s’en débarrasser ».

À tester à Siem Reap

En dehors de ces tours et détours dans les environs de Siem Reap, que faire dans la ville ?

S’envoyer en l’air

Notre « coup de folie » et grand luxe que nous nous sommes accordés : un vol en hélicoptère au-dessus des temples d’Angkor ! Un panorama inégalable.

Par contre, petit conseil, veillez à avoir un reçu avant le vol, stipulant clairement quel tour vous avez réservé et à quel prix (petit tour : 90$, grand tour : 150$), cela vous évitera la mauvaise surprise à l’arrivée et les discussions sans fin … Du coup, j’ai bien envie de vous déconseiller la compagnie Hélistar.
Malheureusement, il y’a souvent de la brume, réduisant la visibilité pour le temple d’Angkor Vat (sans doute est-ce dû à l’eau qui l’entoure).

Il est aussi possible de faire des vols en ballon, mais aucune compagnie ne vole au-dessus des temples, et notre hôtel nous l’a déconseillé et ne voulait pas prendre la responsabilité de réserver pour nous, car la dernière fois qu’ils l’ont fait, la montgolfière est tombée et les touristes sont morts… Ça refroidit !

Docteur fish

Besoin de reposer vos petits petons ? Les poissons vous attendent ! J’avais déjà entendu parler de ce « docteur fish » et de ces poissons mangeurs de pieds, mais n’avais encore jamais testé. C’est maintenant chose faite !

Pub Street, Siem Reap, Cambodge
Se faire manger les pieds : check !

Pour la chatouilleuse que je suis, ça a été une véritable épreuve dans les premières minutes (piège de payer à la 1/2h !) : comme si des centaines de petites aiguilles se plantaient rapidement dans le pied, à grande vitesse. Une sensation très étrange… Mais après, cela passe, on se détend (un peu), les poissons devenant moins voraces avec le temps.

C’est une attraction très touristique, vous en trouverez plein aux alentours de la Pub Street (3$), mais cela reste une expérience à tenter. Préférez le faire en dehors des heures d’affluence pour être plus tranquille.

Araignées grillées

J’avais promis d’essayer, c’est fait également ! Dans un documentaire vu avant de partir, j’avais souri à la description d’un Cambodgien suite à la question que beaucoup se posent : « ça goûte quoi, une araignée ? »

Une araignée, cela vit dans la forêt, ça mange du bois. Alors cela goûte le bois.

Personnellement, je n’ai pas trouvé que ça avait un goût de bois (il faudrait pour cela que j’en aie déjà mangé …), mais bien un goût de trop cuit ! C’est sec, croustillant et laisse un arrière-goût poussiéreux dans la gorge : bon appétit !

Petit conseil : ne faites pas comme moi, prévoyez une bouteille d’eau pour vous rincer le gosier !

Manger comme un Khmer

Dans vos pérégrinations dans la région, arrêtez-vous manger dans une maison-restaurant de bois, assis sur le sol. Au menu : poulet et cuisses de grenouilles (très) grillés, accompagnés de riz. Et pour la digestion : une petite sieste dans un hamac du restaurant !

Vous trouverez ce genre de restaurant en bord de fleuve et en bord de route assez facilement. Peu à peu, certaines sont envahies pour les touristes, provoquant une inflation des prix, forçant les locaux à déserter les lieux et à s’en recréer d’autres… Cercle vicieux (sans fin ?).

Visiter une ferme de vers à soie

Curieux d’en savoir plus sur le procédé de tissage, depuis le ver jusqu’à l’étole de soie, nous sommes allés visiter une magnanerie, mais du côté de Kompong Thom (Santuk) : ce genre de visite est également possible dans les environs de Siem Reap. Expérience intéressante, où tant le côté technique qu’humain nous ont été présentés par un passionné.

Le musée national

Je le cite ici, sans y avoir été moi-même… Malgré presque une semaine restée dans cette ville, le temps à filé entre les 3 jours passés aux temples et les expéditions en vélo dans la région.

Des statues des temples d’Angkor et d’autres temples environnants y sont exposées, accompagnées de films éducatifs sur l’histoire du site et la civilisation khmère.

Bien sûr, cette liste est non-exhaustive : tellement de choses sont possibles dans cette ville et sa région, comme de visiter des lieux commémorant les atrocités liées au Khmers Rouges, participer à des cours de cuisine khmère, voir le sanctuaire d’oiseaux Prek Toal, assister à un spectacle d’apsara ou de cirque acrobatique, expérimenter l’art du massage khmer (c’est du costaud !), se promener dans les marchés, découvrir l’artisanat local et visiter le Khmer Ceramic Center…

Nos bonnes adresses

Agence – tour

  • Triple Adventure Cambodia : rue 9, n°239, en bas du « Father’s restaurant » près du vieux marché.

Logements

  • Guesthouse Victory : situé de l’autre côté de la rivière, certaines chambres avec airco, accueil très sympa et délicieux jus de mangue. L’hôtel sur Booking et sur Agoda.
  • Golden Temple Villa Hotel : pour se faire plaisir ! Prix modérément élevé pour le Cambodge, cet hôtel a un service irréprochable, un accueil chaleureux, des chambres propres et joliment décorées, un bon restaurant et propose une location gratuite de vélo. L’hôtel sur Booking et sur Agoda.
  • Viva hôtel : au-dessus d’un restaurant mexicain (c’est ça, l’ambiance Pub Street !), prix plus élevés. Les chambres sont correctes. L’hôtel sur Booking et sur Agoda.

Restaurants

  • chez Lili, restaurant typique khmer, fréquenté uniquement par des Cambodgiens, qui pratique des prix démocratiques. Situé juste à côté du Lucky Mall, sur Sivatha Street (un peu décentré).
  • Golden Temple Villa Hotel : son restaurent propose de la très bonne cuisine (khmère et  occidentale), les prix ne sont pas exagérés et leur carte « happy hour » permet de manger des plats typiques en soirée pour pas cher.


44 commentaires

  1. Merci pour cet article, les souvenirs reviennent avec les photos 🙂

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    • Avec plaisir Cécile 😉
      Si tu veux voir plus de photos, il y a aussi un album sur mon autre site de voyage, Sur la route du monde

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      • Salut ! Dis-moi, pouvons-nous échanger par emails ? Je compte allez au Cambodge en décembre, pour offrir ce voyage a mon homme pour Noël, et ton blog ma laissée sans voix. Pour une fois, tout est complet et super atypique.

      • Bonjour Epiphann, merci pour ton message et tes compliments ! Ravie que mon travail soit apprécié et puisse servir à d’autres voyageurs.

        Avec plaisir pour échanger concernant le Cambodge et le voyage en général… Mais je préfère que nous le fassions via les commentaires sur le site, afin que les autres lecteurs puissent bénéficier des informations en réponse à tes questions -ou qu’ils complètent certaines de mes réponses quand je manque d’information.

        Au plaisir de te lire, bons préparatifs pour ce beau voyage à venir !

  2. Sympa vos têtes ! Cela devait être super appétissant 🙂

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  3. Article très joliment écrit (au passage merci pour la citation du doctor fish 🙂 ).
    Tu as testé 😉

    J’espère voir des araignées la prochaine fois que je vais à Siem Reap, c’est ma hantise !

    Pour le tour en hélicoptère, je verrai en fonction du budget 😀

    Je n’ai pas eu l’occasion de tester le vélo au Cambodge mais ton article me donne envie de m’y essayer pour mon prochain voyage.

    Merci pour ce bel article qui donne envie et vous faîtes de très jolies photos !

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  4. merci pour toutes ces infos très précises et fort utiles !

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  5. Merci pour cet article qui me replonge dans mon voyage au Cambodge. J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce pays dont j’ai commencé la visite par Siemp Reap.
    Par contre, je n’ai pas pu goûter les araignées apparemment, ce n’était pas la bonne saison. Du coup, je me suis rabattue sur les grillons 🙂

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